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40 ans après le 24 février 1971, l'Algérie s'impose comme acteur énergétique majeur sur la scène internationale

L'Algérie continue de s'imposer comme un acteur majeur sur la scène énergétique mondiale, 40 ans après le recouvrement de la souveraineté nationale sur ce secteur.

PUBLIE LE : 23-02-2011 | 11:02
D.R

Avec une production d'hydrocarbures de plus de 214  millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) et des recettes avoisinant 56 milliards  de dollars en 2010, l'Algérie continue de s'imposer comme un acteur majeur sur  la scène énergétique mondiale, 40 ans après le recouvrement de la souveraineté  nationale sur ce secteur. Annoncée le 24 février 1971 à Hassi Messaoud, plus important gisement  algérien de pétrole, la décision de nationaliser les hydrocarbures portait notamment  sur l'acquisition par l'Algérie d'au moins 51% des intérêts des sociétés concessionnaires  françaises qui opéraient dans le sud du pays. Tous les intérêts miniers liés aux gisements de gaz naturel ainsi que  tous les intérêts détenus dans les sociétés de transport d'hydrocarbures ont  été aussi repris dans le cadre de cette décision stratégique. La décision historique, saluée alors par les pays amis de l'Algérie,  de nationaliser les hydrocarbures avait, en outre, déclenché l'avènement puis  la montée en puissance de la Société nationale de transport et de commercialisation  des hydrocarbures (Sonatrach) sur la scène régionale et internationale. Créée une année après le recouvrement de la souveraineté nationale  (1963), Sonatrach avait en fait fort à faire pour s'imposer face aux multinationales,  qui opéraient dans le sud algérien, à l'image de l'anglo-néerlandaise Shell,  British Petroleum ou Mobil Oil et Total. Elle a pu quand même relever le défi en prenant le relais de ces compagnies  avant d'atteindre en l'espace de quelques années un niveau appréciable d'intégration  dans les différents segments liés à l'industrie pétrolière et gazière, allant  de l'exploration et production à la commercialisation. Plusieurs réalisations avaient été concrétisées durant la décennie qui  avait suivi la nationalisation des hydrocarbures. La raffinerie d'Arzew, mise en service en 1972 était le plus important  exemple de ces réalisations. Cette structure devait commencer avec une capacité de production de  2,4 millions de tonnes par an de carburants, 70.000 tonnes par an de bitumes,  55.000 tonnes par an de lubrifiants et 110.000 tonnes par an de GPL. D'autres projets de raffineries ont été inscrits par la suite, notamment  celles de Skikda, de Hassi Messaoud et de In Amenas, mises en service au début  des années 80, et qui assurent actuellement une production annuelle de plus  de 22 millions de tonnes appelée à atteindre 50 millions en 2014. La production pétrolière est, elle aussi, passée de 48,2 millions de  TEP en 1970 à 54,33 millions en 1978 pour s'établir à 220 millions en 2010.
Une génération après le recouvrement de la souveraineté nationale sur  ce secteur stratégique, la première loi sur les hydrocarbures était promulguée  en 1986. Amendée en 1991, cette loi allait ouvrir le marché algérien des hydrocarbures  aux compagnies étrangères, qui nouent des accords de partenariats avec Sonatrach  pour l'exploration, et l'exploitation de gisements miniers, ainsi que le transport  et la commercialisation. L'ouverture du secteur consacrée par ces textes n'a pas, cependant,  entraîné une perte de souveraineté sur les richesses nationales puisque l'Algérie  continue encore de contrôler la quasi totalité de ses ressources. Ainsi, la part des partenaires étrangers représente 10 à 12% des recettes  de Sonatrach tirées des exportations de gaz et de pétrole. Par ailleurs, les mesures contenues dans la loi de 2005, amendée une  année plus tard, visaient particulièrement à adapter la législation en vigueur  aux évolutions enregistrées au niveau du marché international de l'énergie et  à renforcer la gestion des ressources nationales afin de les préserver au bénéfice  des générations futures. Dans cette optique, le groupe Sonatrach prenait désormais une plus large  part (pas moins de 51%) dans l'accès aux contrats d'exploration, d'exploitation  et de transports des hydrocarbures.
Il en est ainsi de l'imposition d'une "taxe sur profits exceptionnels"  sur les contrats signés dans le cadre de la loi de 1986 au moment où les prix  de pétrole était en dessous des 30 dollars le baril. Cette taxe était rendue  nécessaire car les prix dépassaient en 2006 les 70 dollars et poussent à appliquer  une taxe sur ces superprofits. Cette actualisation du cadre réglementaire a permis à l'Algérie de consolider  son contrôle sur ses ressources d'hydrocarbures et de maintenir la position  dominante de Sonatrach sur le domaine minier national.  Parallèlement à la mise à niveau institutionnelle du secteur, l'Algérie  s'est engagée dans un ambitieux programme d'investissements destinés à développer  son potentiel et de renforcer son rôle sur la scène énergétique régionale et  internationale. Les gazoducs Medgaz, le Galsi, le GME ou encore le TSGP (Trans-saharian  gazoduc pipeline) sont les plus importants projets structurants grâce auxquels  l'Algérie a consolidé son statut de partenaire énergétique fiable dans  la région euroméditerranéenne.          D'un coût total de plus d'un milliard de dollars, le gazoduc Medgaz  devant relier l'Algérie directement à l'Espagne via la Méditerranée, et dont  la mise en service est prévue pour les tout prochains jours, est un autre maillon,  et non des moindres, de cette stratégie de l'Algérie de diversifier, autant  ses partenaires, ses clients que ses marchés énergétiques. Un autre méga projet de la même envergure autant politique qu'économique,  celui du gazoduc Galsi, doit, de son côté, acheminer directement en Italie du  gaz algérien à partir de ses champs au sud du pays, avec un volume annuel prévu  8 milliards m3 de gaz. Et, pour rester dans cette extraordinaire montée en puissance de l'Algérie  comme un pays leader dans la fourniture de gaz à l'Europe,  il y a également  le TSGP, qui devrait acheminer le gaz vers les marchés européens à partir du  sud du Nigeria via le Niger et l'Algérie, puis la Méditerranée.  D'une longueur d'environ 4.300 km, il devrait alimenter le marché européen  à hauteur de 20 à 30 milliards de m3 par an vers 2015.

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