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Consommation abusive des antibiotiques : Le ministère met en garde les médecins et les citoyens

Devant le recours abusif à ce genre de médicaments pour «guérir plus vite», le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière avertit les médecins contre la préinscription abusive des antibiotiques aux malades avant de recourir aux analyses qui déterminent la nécessité de les consommer.

PUBLIE LE : 04-06-2014 | 23:00
D.R

Devant le recours abusif à ce genre de médicaments pour «guérir plus vite», le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière avertit les médecins contre la préinscription abusive des antibiotiques aux malades avant de recourir aux analyses qui déterminent la nécessité de les consommer. 

Le ministère a en outre, appelé les citoyens à ne pas prendre les antibiotiques, voire les éviter au maximum. Et dans cette optique, il a adressé les mêmes recommandations aux hôpitaux afin de respecter les protocoles médicaux afin d’éviter l’utilisation inefficace des antibiotiques.     
Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le premier portant sur la résistance aux antimicrobiens, dont la résistance aux antibiotiques, à l’échelle mondiale, révèle que cette grave menace n’est plus une prévision, mais bien une réalité dans chaque région du monde, et que tout un chacun, quels que soit son âge et son pays, peut être touché.
Ce nouveau rapport dresse un tableau très complet de la résistance actuelle aux antibiotiques d’après les données provenant de 114 pays. Il fait état de la présence d’une résistance aux antibiotiques dans toutes les régions du monde.
Lorsque l’évolution des bactéries rend les antibiotiques inefficaces chez les personnes qui en ont besoin pour traiter une infection, cela constitue désormais une grave menace pour la santé publique. «A moins que les nombreux acteurs concernés agissent d’urgence, de manière coordonnée, le monde s’achemine vers une ère post-antibiotiques, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer», a déclaré le Dr Keiji Fukuda, Sous directeur général de l’OMS pour la sécurité sanitaire.
Selon lui, l’efficacité des antibiotiques est l’un des piliers de notre santé, nous permettant de vivre plus longtemps, en meilleure santé, et de bénéficier de la médecine moderne. «Si nous ne prenons pas des mesures significatives pour mieux prévenir les infections mais aussi pour modifier la façon dont nous produisons, prescrivons et utilisons les antibiotiques, nous allons perdre petit à petit ces biens pour la santé publique mondiale et les conséquences seront dévastatrices», a-t-il expliqué.
Le rapport, intitulé résistance aux antimicrobiens : rapport mondial sur la surveillance, note que la résistance se rencontre pour de nombreux agents infectieux très divers, mais choisit de mettre l’accent sur la résistance aux antibiotiques de sept bactéries différentes, responsables de maladies graves courantes telles que les infections hématologiques (septicémie), les diarrhées, les pneumonies, les infections des voies urinaires et la gonorrhée.  
Dans ce contexte l’Organisation mondiale de la santé a indiqué dans son rapport, que les résultats sont très préoccupants, témoignant de la résistance aux antibiotiques, en particulier aux antibiotiques «de dernier recours», dans toutes les régions du monde.
Le rapport fait état de lacunes majeures dans le suivi de la résistance aux antibiotiques dans la Région africaine de l’OMS, des données n’étant rassemblées que dans un nombre limité de pays. « Bien qu’il ne soit pas possible d’évaluer la véritable ampleur du problème, compte tenu du manque de données, celles dont on dispose sont inquiétantes » est-il stipulé.
Une résistance importante est constatée pour plusieurs bactéries qui se sont propagées dans les hôpitaux et les communautés, est-il encore indiqué.
Il s’agit, notamment, de la forte résistance d’E.coli aux céphalosporines et fluoro-quinolones de troisième génération – deux types de médicaments antibactériens essentiels et largement utilisés.
Dans certaines parties de la région, jusqu’à 80% des infections à staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) se sont avérées résistantes à la méthicilline (SARM), ce qui signifie que le traitement par les antibiotiques classiques est inefficace.
Wassila Benhamed
 

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