mercredi 30 septembre 2020 09:56:43

Accidents de la route : Les deux-roues, un danger

Les véritables causes et leurs effets : Des véhicules défectueux sur nos routes

PUBLIE LE : 05-04-2014 | 23:00
D.R

Les deux-roues sont à l’origine de 14% des accidents de la route. Ce chiffre de la DGSN interpelle sur les dangers causés par l’irresponsabilité de certains «motards», qui, ignorant les mesures de sécurité élémentaires qu’impose ce genre de moyen de transport, mettent constamment en péril d’abord leur propre  vie mais aussi celle des autres usagers de la route.

Selon des statistiques de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), 90% des victimes des accidents dans lesquels étaient mises en cause directement des motocyclettes, enregistrés à travers le territoire national,  ne portaient ni casque ni équipement de protection des genoux et des coudes. La pratique de ce moyen de locomotion fait de plus en plus d’adeptes, notamment dans les grandes agglomérations, chose  qui inquiète au plus haut point les citoyens comme les pouvoirs publics.
Même si l’on a tendance à évoquer de plus en plus l’hécatombe sur nos routes en pointant du doigt les automobilistes, camionneurs, chauffeurs de bus et les piétons, on oublie souvent de parler des motocyclistes, lesquels sont pourtant derrière 14% des accidents de la route. Chez nous, les motos ont la mauvaise réputation du non-respect de la vitesse réglementaire, de celui du sens opposé à la circulation, les dépassements et les manœuvres dangereuses, le non-respect du stop et de la priorité, le défaut de maîtrise et le changement de direction sans signalisation. Le manque de culture du deux-roues dans notre pays fera de ce moyen de locomotion un autre cauchemar : la mort subite. Ce qui fait dire à certains parents et autres victimes que les motos sont “des actes de décès” sans retenue.
Le chiffre avancé par la DGSN constitue, du coup, un appel à la vigilance, un geste de sensibilisation, mais  il devrait aussi  susciter une prise de conscience chez les parents qui offrent des “cadeaux empoisonnés” à leur progéniture, ignorant qu’ils les jettent en pâture. Rencontré lors du Salon international de l’automobile le mois dernier, Adel, 19 ans, est émerveillé par les dernières marques de motos exposées. Ainsi, la seule chose qu’il souhaite est de s’acheter une nouvelle moto afin de remplacer la vieille. « J’ai bien aimé cette moto », montrant du doigt une 125 cm3 dotée d’un design et de couleurs très attirantes, et
d’ajouter : « Je l’aurais prise immédiatement avec moi si j’avais suffisamment d’argent, car la moto que j’ai chez moi a perdu de sa performance. J’aime me faire plaisir et la moto me procure beaucoup de sensations fortes. Le fait de mettre le moteur à plein régime me met déjà dans le bain et je sens beaucoup de bonheur quand je suis sur la route à la vitesse maximum », déclare le jeune Adel, qui n’avait d’yeux que pour la moto de ses rêves. Un comportement inconscient qui nécessite plus que jamais un grand travail de sensibilisation envers ces jeunes mais aussi envers les parents. « Je refuse d’acheter une moto à mon fils, car ça l’enverrait directement à la tombe ; tant que j’ai encore de l’autorité sur lui jamais il n’aura cet engin de la mort », nous dira un père accompagnant son fils à ce salon de l’automobile et faisant un tour « furtif» au pavillon exposant des motocycles. Malheureusement, l’endroit était bondé de parents venus avec leur fils encore adolescents choisir une bécane : « Mon fils me harcèle depuis un an pour lui acheter une moto, j’ai résisté jusqu'à aujourd’hui, là je vais lui faire plaisir malgré moi », nous dira cet autre père incapable de contrecarrer le désir de son fils. Ils sont nombreux ces parents  prêts  a débourser  plus de 900 000 DA pour l’acquisition d’une moto pour permettre souvent à leurs enfants de frimer et bluffer leurs amis. « Non, ce n’est pas pour cela que j’accepte d’acheter une bécane pour mon fils étudiant, c’est surtout pour lui permettre d’arriver à l’heure à ses cours et ne pas perdre son temps dans la circulation »,  rétorque un père, convaincu que c’est la meilleure solution pour son fils. Un grand travail de sensibilisation et de prise de conscience reste à entreprendre.
Farida Larbi

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Les véritables causes et leurs effets     :
Des véhicules défectueux sur nos routes
Vous avez presque une chance sur trois de conduire une voiture qui consomme trop ou qui présente un défaut dangereux pour votre propre sécurité et celle des autres. Le niveau de la cuve du carburateur est incorrect, la pompe de reprise est déréglée dans 55% des cas et surtout l’allumage est souvent défectueux. Résultat : une voiture sur cinq consomme plus que la normale par défaut de réglage. Le gaspillage étant évalué à 250 litres par an pour un usage moyen. En ce qui concerne la sécurité et la pollution, les projecteurs sont mal réglés, 30% des pneumatiques en mauvais état ou sous-gonflés et on enregistre même l’émission d’oxyde de carbone supérieure à la normale.
Quelle est l’incidence sur la sécurité de ces défectuosités ? Difficile à dire. Il apparaît que les accidents de la route sont dus à un mauvais état mécanique du véhicule trop dérisoire pour être crédible. Les véritables causes, celles qui sont à l’origine de l’accident sont masquées par leurs effets. L’argument de perte de contrôle du véhicule ou vitesse excessive dissimule souvent un sous-gonflage, une insuffisance des freins, une fatigue persistante des amortisseurs ou un jeu anormal de la direction qui n’auront pas permis au conducteur de se défendre après avoir été surpris.
Les ménages consacrent une partie de leur budget à leur voiture. C’est énorme, prouvant que l’automobile est toujours un secteur de dépense privilégié. La tenue du marché neuf et surtout de nouveaux modèles en témoignent. L’usager tend à sacrifier les opérations d’entretien une fois la période de garantie passée. Or, ce n’est pas durant ces douze mois de garantie que sa voiture se dégrade. La dégradation mécanique, résultant de l’usure normale est progressive. Le conducteur s’habitue, sans même s’en rendre compte, aux défauts qui résultent et adapte son comportement en conséquence, jusqu’à la mésaventure grave, qu’elle se traduise sous forme d’accident ou de facture onéreuse.
La méfiance à l’égard des garagistes rend les choses difficiles : crainte d’une facture salée pour une qualité de travail et de service souvent douteuse. Les pièces concurrencées par des pièces appelées « Taiwan » sont fabriquées par des sous-traitants. Le client ne doit pas se laisser abuser par l’appellation « pièce d’origine », les fabricants ont tendance à jouer sur les mots en conditionnant dans des emballages leur marque.
Afin de minimiser son budget d’entretien, l’usager aura ainsi tout avantage à s’adonner au
« do it yourself ». Mais cette tendance, même si elle est pratiquée avec l’aide d’un ami qui s’y connaît, ne  devrait pas  nous inquiéter. Va pour un changement de bougie ou celui d’une raclette d’essuie-glace, mais quelle garantie peut-on accorder à une intervention mettant directement en cause des organes de sécurité? Qu’adviendra-t-il quand notre amateur, pris à son propre jeu, s’enhardira à changer ses plaquettes de freins ou amortisseurs? Autant de besoins convergent vers l’instauration d’un contrôle technique obligatoire, au moins quand une voiture change de propriétaire ou à sa mise en circulation après un accident.
El-Hachimi Safi

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