vendredi 25 septembre 2020 03:58:57

Algérie-Etats-Unis : M. Kerry entame une visite de travail de deux jours en Algérie

Abdelaziz Benali-cherif, porte-parole du ministère des Affaires étrangères : « La visite de John Kerry en Algérie ne s’articule pas uniquement autour des questions sécuritaires »

PUBLIE LE : 02-04-2014 | 23:00
D.R

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, est  arrivé, hier soir à Alger, pour une visite de travail de deux jours. M. Kerry a été accueilli à son arrivée à l'aéroport international d'Alger, Houari-Boumediene, par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.          
La visite de M. Kerry s'inscrit dans le cadre du "dialogue stratégique" entretenu entre l'Algérie et les États-Unis et la consolidation de leur coopération.         
Concernant l'ordre du jour de la visite de M. Kerry, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali-Cherif, avait affirmé, dimanche dernier, dans une déclaration à la presse, qu'il porte sur l'ensemble des domaines de la coopération bilatérale, notamment ceux liés aux aspects politique et économique, ainsi qu'à la promotion de l'investissement.          
Les questions régionales et internationales d'intérêt commun, et les relations algéro-américaines "étroites" en matière de lutte antiterroriste seront au programme de la visite, a ajouté Benali-Cherif.          
Selon le même responsable, il a été convenu de promouvoir le dialogue algéro-américain au niveau des ministres des Affaires étrangères des deux pays, ce qui explique, a-t-il dit, que la session de la conférence du dialogue stratégique, prévue jeudi à Alger, sera coprésidée par M. Lamamra, et son homologue américain.

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Abdelaziz Benali-cherif, porte-parole du ministère des Affaires étrangères :
« La visite de John Kerry en Algérie ne s’articule pas uniquement autour des questions sécuritaires »

S’exprimant sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, Abdelaziz Benali-Cherif, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré : «Il n’y a aucune raison de confiner la relation bilatérale entre l’Algérie  et les États-Unis d’Amérique à un seul aspect, à savoir la question sécuritaire.»
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, tout en relevant que la question sécuritaire de lutte contre le terrorisme et contre le crime sous toutes ses formes dans la région «figurera en bonne place dans les entretiens qu’aura John Kerry avec son homologue Ramtane Lamamra», et qu’auront les membres de la délégation qui l’accompagne avec les hauts responsables algériens, précise qu’il s’agit d’une question «axiale, mais ce n’est pas du tout la seule et l’unique question inscrite à l’ordre du jour de ces entretiens. Il ne faut surtout pas réduire la visite de John Kerry à Alger à cette seule dimension sécuritaire».

2e session du dialogue stratégique Algérie-État-unis
D’autre part, M. Benali Chérif met en exergue que cette visite intervient, en fait, «dans le cadre du dialogue stratégique institué par les deux pays, il y a plus d’une année».
Ce dialogue stratégique qui tiendra aujourd’hui sa deuxième session à Alger, à la faveur de cette visite, sous la co-présidence des deux ministres des AE, a atteint aujourd’hui, affirme le porte-parole du ministère des AE, «un niveau élevé, avec des thématiques de coopération plus importantes».
Évoquant, ensuite, les questions de coopération qui seront étudiées par les deux parties, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères relèvera que des groupes de travail  seront mis en place et discuteront des différentes thématiques de coopération.
Il s’agira d’un groupe de travail sur les questions politiques,  d’un autre groupe sur la coopération en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, et d’un groupe sur la coopération économique et commerciale.
«Tous ces groupes présenteront leurs conclusions aux deux ministres, et les entretiens seront sanctionnés par un communiqué ou par une déclaration commune», indique «L’invité de la rédaction».
S’exprimant au sujet de l’investissement américain en Algérie qui est axé, notamment, sur le domaine des hydrocarbures, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que «la finalité recherchée à travers le dialogue stratégique algéro-américain, c’est d’explorer les opportunités pour élargir les investissements et la coopération à d’autres domaines tels que les travaux publics, la biotechnologie et les technologies de l’information et de la communication».    

« L’Algérie est reconnue par nos partenaires américains comme un pays pivot dans la région »
Peut-on considérer qu’aujourd’hui, les Américains ont une meilleure visibilité sur le potentiel Algérie ? À cette question, «L’invité de la rédaction» répondra que «c’est une évidence que de le dire». «L’Algérie est reconnue par nos partenaires américains comme un pays pivot, un pays axial dans la région et pas seulement sur le plan sécuritaire, mais aussi sur les plans économique et politique», a-t-il mis en avant. Interrogé si la question du Sahara occidental sera aussi au menu des  discussions, M. Benali-Cherif a souligné que «les États-Unis représentent un acteur majeur dans cette problématique». Aussi, il rappelle «tout l’intérêt qu’accorde l’administration du président américain Barack Obama à cette question et l’engagement personnel» de M. Kerry en faveur de la solution préconisée par l’ONU.
«Nous allons, bien entendu, examiner les voies et moyens à même de nous permettre d’aller un peu plus vite sur la voie de la recherche d’une solution définitive  et juste à ce conflit, à ce problème qui a trop duré», a-t-il affirmé.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a, par ailleurs, relevé que la visite de M. Kerry permettra aussi, à la partie algérienne, de «mettre en évidence tous les efforts déployés pour organiser une élection présidentielle honnête, transparente et juste».
Abordant la situation géopolitique au Sahel qui est marquée par une instabilité sécuritaire, M. Benali-Cherif a rappelé tous les efforts menés par l’Algérie pour aboutir à une solution définitive aux conflits que connaissent certains pays de la région et même voisins, sans s’immiscer dans leurs affaires internes,  en optant pour le dialogue et la concertation.
«L’Algérie est le premier pays à avoir tiré la sonnette d’alarme. Nous essayons d’arranger les choses, peser de tout notre poids dans le cadre des  formats de coopération, de dialogue et de concertation avec les Américains, comme avec d’autres partenaires européens. La situation dans cette région intéresse le reste du monde, nous essayons, donc, de coordonner nos efforts pour aider les pays fragilisés pour qu’ils puissent retrouver la sérénité et la stabilité»,  a-t-il indiqué.
Aussi, et tout en mettant en relief le «travail colossal» de l’Algérie en direction des pays du Sahel, il a fait remarquer que «l’Algérie fait un travail en profondeur assez conséquent. C’est un pays axial dans la région. Nous œuvrons pour être des exportateurs de stabilité, car notre stabilité est le meilleur garant de toute la région maghrébine, sahélo- saharienne et même méditerranéenne». M. Benali-Cherif, qui signale que l’Algérie n’est pas à l’abri des menaces terroristes, car le pays est «entouré de points de tension qui peuvent dégénérer à tout moment», met en exergue «l’investissement humain et militaire de l’Armée nationale populaire (ANP) et sa vigilance pour assurer la protection et la sécurité».
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a rappelé, à la fin, que la visite du secrétaire d’État américain à Alger entre dans «le cadre normal» des relations algéro-américaines. Elle intervient aujourd’hui, «pour s’inscrire dans le cadre de la continuité des relations que nous avons toujours eues avec les États-Unis d’Amérique».
Soraya Guemmouri

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Dialogue pour un partenariat stratégique
Arrivé hier soir à Alger, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, débutera aujourd’hui ses entretiens avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra. Trois volets seront à l’ordre du jour de cette visite : politique, économique et sécuritaire ; chacun d’eux sera examiné et discuté au sein d’un groupe de travail mixte. Les trois rapports finaux seront soumis aux deux chefs de la diplomatie, algérien et américain, qui leur donneront, vraisemblablement, un cachet officiel et public, avec la publication d’un communiqué final. Ceci pour l’aspect formel. Concernant le fil conducteur de cette visite, il s’agit, d’abord, de rappeler que sur le plan des ressources énergétiques, l’Algérie compte parmi les plus grands pays fournisseurs de gaz au monde. Les USA sont devenus, au fil du temps, le premier partenaire commercial de l’Algérie, avec une facture de 12 milliards de dollars par an. Par ailleurs, la proximité de cette ressource fossile algérienne avec les  marchés européens fournis également par le gaz russe et norvégien, la poussée commerciale  du géant chinois en Afrique, la concurrence avec d’autres partenaires commerciaux traditionnels, notamment la France, pour le marché algérien, confèrent bien évidemment une place de choix dans la stratégie américaine, non seulement en ce qui concerne son approvisionnement en ressources énergétiques, mais également sur de nombreux domaines qui concernent aussi bien la construction que le transport, la PME, les travaux publics, la biotechnologie, et les technologies de l’information et de la communication, etc. En fait, les domaines de coopération et de partenariat ne se cantonnent pas uniquement aux pipelines, mais embrassent de larges éventails de la sphère économique et commerciale. C’est, d’ailleurs, pour toutes ces raisons que parmi les trois groupes de travail qui seront formés aujourd’hui, l’un d’eux va se pencher exclusivement sur le volet économique. Conjoncture régionale et internationale oblige, John Kerry abordera également, avec les responsables algériens, la question sécuritaire dans la région. Il est tout à fait logique que les Américains abordent ce sujet à Alger, pour au moins deux raisons : la force et la stabilité de l’Algérie, son expérience avérée dans la lutte anti-terroriste, la solidité de ses institutions, notamment militaire, dans une sous-région  où la plupart des États sont fragilisés, d’une part, et les analyses et avertissements répétés de l’Algérie sur la tentation  expansionniste du risque terroriste (plus au sud en Afrique et au nord vers l’Europe),  que le temps a fini par prouver de leur justesse, d’autre part, ont, de fait, imposé le pays comme le pivot régional sans qui rien ne peut se faire de durable, d’efficace dans la région en matière de sécurité et de lutte anti-terroriste. L’administration Obama a d’ailleurs, à plusieurs reprises, reconnu le rôle leader de l’Algérie dans la région pour l’ensemble de ces questions. Aussi, du point de vue américain, l’Algérie est perçue comme un  partenaire stratégique dans cette partie nord-africaine. En une année, Alger a reçu une bonne douzaine de hauts responsables américains... La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, le secrétaire d'État adjoint du département américain, chargé du Moyen-Orient, William Burns, Todd Robinson, sous-secrétaire adjoint au bureau des Affaires internationales des narcotiques, Franck Lobiondo, membre de la Chambre des représentants du Congrès des États-Unis, Le général Carter F. Ham, commandant en chef de l'AFRICOM (commandement des forces armées américaines en Afrique), etc.
Bien évidemment, comme dans tout partenariat, a fortiori,  ente deux parties qui disposent d’arguments et d’atouts à la fois différents mais souvent complémentaires, le partenariat algéro-américain n’est pas un alignement inconditionnel sur les positions américaines, mais une relation stratégique souvent résultat d’un long processus de dialogue, de concertation, où les deux parties commencent avec des divergences pour aboutir à des convergences dans l’intérêt compris des deux parties. C’est ce qu’on appelle, en langage diplomatique, un partenariat entre deux parties crédibles, et, en langage économique, un partenariat dynamique.     
M. Koursi

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