vendredi 25 septembre 2020 03:59:51

Ukraine : Moscou prête à intervenir pour « protéger ses intérêts et ses citoyens »

John Kerry : La Russie "risque sa place au sein du G8"

PUBLIE LE : 02-03-2014 | 23:00
D.R

Moscou se donne le droit de « protéger ses intérêts et les populations russophones » en cas de « violences » dans l’Est de l’Ukraine et en Crimée, a indiqué un communiqué du Kremlin suite à une conversation téléphonique entre le président Poutine et son homologue américain, Barack Obama.
M. Poutine a estimé que la vie des Russes résidant en Ukraine était menacée par les « actions criminelles des ultranationalistes soutenus par les actuelles autorités » ukrainiennes.
Selon le Kremlin, le président russe a demandé d’autoriser « le recours sur le territoire de l’Ukraine aux forces armées russes jusqu’à la normalisation de la situation politique dans ce pays ». Cette formule laisse entendre que la Russie peut aussi bien utiliser les forces de la flotte russe de la mer Noire, qui se trouvent déjà en Crimée aux termes d’un accord bilatéral signé entre Moscou et Kiev et comptent environ 20.000 hommes basés à Sébastopol, qu’envoyer d’autres troupes venant, elles, de Russie. Pour sa part, le Président des Etats-Unis, Barack Obama, a appelé son homologue russe, Vladimir Poutine, à replier les forces russes dans leurs bases de Crimée et l’a mis en garde contre un isolement international croissant s’il persistait à intervenir en Ukraine, a indiqué un communiqué publié dans la soirée par la MaisonBlanche. Selon ce communiqué, la conversation entre les deux hommes a duré 90 minutes.
Le Président a réitéré sa préoccupation face à « la violation claire par la Russie de la souveraineté et l’intégrité de l’Ukraine », du droit international, y compris les obligations de la Russie envers la Charte de l’Onu, de son accord militaire de 1997 avec l’Ukraine, et du Mémorandum de Budapest de 1994 ainsi que de l’Acte final d’Helsinki.

Kiev va mobiliser ses réservistes
Pour sa part, le nouveau Premier ministre ukrainien a déclaré, hier, que son pays se « trouve au bord du désastre », à la suite de la « déclaration de guerre » de la Russie. M. Arseni Iatseniouk a affirmé que « c’est l’alerte rouge. Ce n’est pas une menace, c’est en fait une déclaration de guerre à mon pays ». « Nous appelons le président Poutine à retirer ses forces armées » d’Ukraine, a-t-il ajouté. Par ailleurs, Kiev va mobiliser ses réservistes afin d’assurer la sécurité et l’intégrité de son territoire, a annoncé, hier, le responsable du Conseil de sécurité nationale après l’approbation, la veille, en Russie d’un « recours à la force contre l’Ukraine. »
« Le ministère de la Défense doit convoquer, à travers l’Ukraine, tous ceux dont les forces armées ont besoin en ce moment », a souligné le responsable du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï, dans une déclaration télévisée. Cette mesure doit permettre selon lui « d’assurer la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine », après la « violation’ par la Russie des accords bilatéraux, notamment concernant la flotte de la mer Noire ».
 « Le ministère de la Défense doit organiser des exercices d’entraînement avec les réservistes dans les délais établis par l’état-major de l’armée », a-t-il dit sans plus de précisions. « Nous avons besoin d’une armée unie », a-t-il conclu.

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John Kerry
La Russie "risque sa place au sein du G8"
Le secrétaire d'État américain John Kerry a mis fermement en garde la Russie, hier, sur le risque de perdre sa place au sein du G8 si Moscou poursuit son incursion militaire en Crimée, dans le sud de l'Ukraine.  
Le président russe Vladimir Poutine "pourrait ne pas avoir de (sommet du) G8 à Sotchi, il pourrait même ne pas rester au sein du G8 si cela continue",  a prévenu M. Kerry sur la télévision américaine NBC.
 "Si la Russie veut être un pays membre du G8", le club des grandes puissances, "elle doit se comporter comme un pays du G8", a encore averti le chef de la  diplomatie américaine sur la chaîne CBS, dans le cadre d'une tournée médiatique dans les grandes émissions politiques du dimanche matin sur les télévisions américaines.
 "Le G8 et quelques autres sont prêts à aller jusqu'au bout pour isoler le Russie en raison de cette invasion" en Crimée, a martelé John Kerry, menaçant Moscou de la "mise en place de sanctions" et d'"isolement économique".
L'Ukraine a annoncé, hier, le rappel de ses réservistes après la menace-choc de la Russie d'intervenir militairement sur son territoire, alors que les Occidentaux étudiaient leurs options pour obtenir le repli des forces russes déployées en  Crimée.  La France et le Royaume-Uni ont annoncé qu'ils suspendaient leur participation  aux réunions préparatoires du sommet du G8 de Sotchi prévu en juin. "Il y a un prix énorme à payer.
Les États-Unis sont unis, la Russie est isolée. Elle n'est pas en position de force", a ajouté M. Kerry sur NBC. Le patron de la diplomatie américaine a assuré que "la dernière chose que l'on veuille, c'est l'option militaire dans ce genre de situation. Nous voulons une résolution pacifique".

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