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Iindemnisation des victimes des essais nucléaires : Des juristes appellent le parlement français à revoir la loi

Des juristes ont appelé, hier à Alger, le parlement français à revoir la loi sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français en Algérie, pour rendre justice à toutes les victimes sans exception et prendre en charge "la décontamination" de l'environnement qui a abrité ces essais.

PUBLIE LE : 16-02-2014 | 23:00
D.R

Des juristes ont appelé, hier à Alger, le parlement français à revoir la loi sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français en Algérie, pour rendre justice à toutes les victimes sans exception et prendre en charge "la décontamination" de l'environnement qui a abrité ces essais. Dans une déclaration à l'APS, le président de la Commission nationale  consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini, a indiqué que la publication par la presse française d'une partie des archives des essais nucléaires coloniaux français "interpelle le parlement français à l'effet de la révision de l'ancienne loi pour indemniser les victimes des essais nucléaires français", car "ces documents prouvent que les dangers de radioactivité sont toujours là".          
"La loi promulguée par le parlement français sur l'indemnisation des  victimes ne tient pas compte des victimes algériennes de ces crimes, notamment celles qui, dans le sud du pays, ont présenté plusieurs affections et maladies, ces dernières années", a-t-il expliqué.         
"La carte révélée par la presse française a dévoilé les procédés barbares  du colonialisme français en Algérie", a estimé l'intervenant, pour qui "la France n'a plus d'argument pour justifier le retard pris dans l'indemnisation des victimes de ces crimes en tenant compte de l'impératif de décontaminer l'environnement  qui a été le théâtre de ces essais".         
L'Algérie, a encore soutenu Me Ksentini, "est en droit d'exiger une  indemnisation officielle pour ces essais nucléaires, au regard du coût de la décontamination de l'environnement".          
Pour sa part, l'ancien président de la Ligue algérienne des droits de  l'homme (LADH), Boudjemaâ Ghachir, a mis en avant l'impératif d'une demande officielle pour l'indemnisation des victimes des essais nucléaires coloniaux dans le sud de l'Algérie.          
"Les indemnisations doivent inclure l'environnement qui a abrité ces  essais", a-t-il insisté.          
"Le dossier des essais nucléaires doit constituer une priorité pour l'Algérie. Il ne doit pas rester seulement entre les mains des juristes et des organisations de la société civile", a considéré M. Ghachir, rappelant la persistance des risques liés aux émanations radioactives. La loi adoptée par le Parlement français relative à l'indemnisation des victimes de ces essais "est injuste" à l'égard de la partie algérienne, tant pour les personnes que pour l'environnement, a-t-il lancé, soulignant que la France détenait des archives "qui prouvent que bon nombre d'Algériens ont été utilisés comme sujets des essais nucléaires".          
Il a demandé au législateur français "l'amendement de la loi pour rendre  justice aux Algériens, tant les personnes qui ont été exposées aux dangers de ces radiations lors de ces essais que ceux qui en subissent encore les effets". Pour sa part, le juriste Hocine Zahouane a souligné que "l'ouverture  d'un débat sur le dossier des essais nucléaires coloniaux en Algérie et de nouvelles données constituaient un indicateur positif pour le traitement de ce crime colonial".          
Le Pr Zahouane a proposé "la formation de commissions spécialisées pour  mener une étude sur ces crimes coloniaux". Le quotidien français le Parisien a publié, dans son édition de vendredi,  un document classé, pendant des décennies, "secret-défense", et qui vient d'être déclassifié dans le cadre de l'enquête pénale déclenchée par des vétérans des campagnes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien.  Il s'agit d'une carte qui révèle que de vastes zones de contamination sont restées secrètes durant des décennies.           
"Le débat sur le dossier des victimes des essais nucléaires français  en Algérie n'est pas encore clos", a déclaré, samedi à Mila, le ministre des  Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas.

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