lundi 28 septembre 2020 16:32:56

Pêche et ressources halieutiques : Relance imminente de l’exploitation du corail

La reprise de la pêche du corail, communément appelé «l'or rouge», est annoncée pour bientôt, très certainement au cours de cette année

PUBLIE LE : 07-02-2014 | 23:00
D.R

La reprise de la pêche du corail, communément appelé «l'or rouge», est annoncée pour bientôt, très certainement au cours de cette année.
Cette reprise  se fera avec des alternances d'ouverture et de fermeture de zones. En outre, il est prévu un plan de gestion de l'exploitation de cette ressource marine fort prisée, avec un souci impérieux de veiller  notamment sur sa durabilité. C’est ce qui a  été annoncé par le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, jeudi lors de son passage sur les ondes de la radio algérienne, en précisant que «malgré son interdiction en 2001, la pêche du corail a continué à faire l'objet d'un braconnage, puisque des saisies fréquentes sont effectuées par les services des gardes-côtes, c’est pour cela que le ministère de tutelle y songe concrètement».
Aussi, «nous sommes en train d'étudier, pour l'instant, toutes les questions relatives à la reprise de la pêche au corail qui repose sur des principes importants qu'il faudrait opérationnellement implémenter sur le terrain et dans un cadre réglementaire», explique-t-il, en ajoutant que «grâce à une étude réalisée entre 2006 et 2009, dix sections ou zones de pêche ont été définies, et que deux sections seront ouvertes dans un premier temps», précisant que «les sections seront, en alternance,  ouvertes à la pêche pour une période de cinq ans et fermées sur une période de vingt ans, pour permettre la régénération du corail. L'exploitation durable de cette ressource requiert un seuil qui ne doit pas dépasser les six tonnes de corail par an», explique-t-il.
Le ministre a indiqué, dans le même cadre,  que le plan de gestion de cette exploitation prévoit «le recours à des moyens nationaux» pour la valorisation de  ce corail.  
Sid Ahmed Ferroukhi explique que ce plan, qui prévoit, entre autres, le suivi de l'exploitation et la mise en place de bases de données détaillées sur l'ensemble des zones concernées par cette pêche, sera «géré et contrôlé par une agence dont le premier noyau est déjà mis en place dans la wilaya d'El-Tarf».
 Le ministre parle de l'exploitation de seulement 30 % des capacités nationales du corail «afin de permettre sa régénération».

« Les ressources pélagiques sont suffisantes »
 Dans le même contexte, le ministre parle de «6 tonnes/an par zone qui seront exploitées par des moyens nationaux».
Par ailleurs et afin d'éviter la surpêche, l'invité de la Radio nationale a préconisé «une stratégie portant sur trois actions en même temps. Il s'agit, en premier lieu, de la reprise de la pêche au corail d'une manière raisonnée, organisée et structurée, de rendre les sanctions plus rigoureuses à l’égard  des braconniers en tentant, en outre, d'intégrer ces derniers dans d'autres dispositifs comme la pêche artisanale».
Pour Sid-Ahmed Ferroukhi, il faut faire un effort dans les trois directions pour pouvoir permettre un retour à la normale. 
«Cela implique une série d'actions allant de l'amélioration de la formation des plongeurs jusqu'à la transformation du corail. Il faut que la valeur ajoutée concernant cette ressource profite d'abord à l'économie nationale», affirme le ministre.
Concernant le plan de développement de l'aquaculture à l'horizon 2020, M. Ferroukhi a affirmé que «près de 17 projets seront fonctionnels dans le courant du premier semestre 2014».
Il a annoncé la relance, aussi, du Fonds national de la pêche et de l’aquaculture. «Nous avons les ressources pour pouvoir accompagner les projets, pour relancer un certain nombre de créneaux que sont la réhabilitation de la flottille, l’amélioration d’infrastructures portuaires et des circuits de distributions», a-t-il affirmé. 
 Il a indiqué, également, qu'il n’y avait «pas d'effondrement des stocks» de pêche, s'appuyant sur les dernières évaluations faites sur les petits bassins pélagiques. «La ressource est là. Il n’y a pas d'effondrement des stocks », a rassuré  le ministre. Ce constat s'appuie sur les dernières évaluations de la ressource effectuée par le bateau de recherche algérien Grine Belkacem, qui réalise deux recensements par an, a expliqué M. Ferroukhi sans donner de chiffres sur le stock évalué.
Sur une biomasse estimée à 600.000 tonnes, le stock «pêchable» ne dépasse pas les 220.000 tonnes par an. Mais l'Algérie ne produit, en moyenne, que 110.000  tonnes annuellement. Pour préserver cette ressource et répondre à la demande croissante en poisson, les pouvoirs publics misent sur l'aquaculture qui devrait assurer une production de 70.000 à 80.000 tonnes par an dans les cinq prochaines années.
«Au niveau mondial, un poisson sur deux provient de l'aquaculture. Chez nous, il y a des possibilités de développer l'aquaculture marine», a affirmé  le ministre, soulignant la nécessité «d’accompagner les opérateurs qui veulent  investir dans ce domaine».
        
Améliorer les circuits de commercialisation         
À propos des prix de la sardine qui fait souvent l'objet de spéculation, M. Ferroukhi a expliqué que la disponibilité de cette espèce de poisson sur le marché répondait au principe de l'offre et de la demande, lequel tient compte des périodes d'abondance et de baisse. La production du poisson bleu augmente durant la période allant de juin à novembre. Les prix de la sardine s'affichent, alors, entre 200 et 250 DA.  
Le ministre a souligné que le programme de réhabilitation des ports et d'abris de pêche, pour lequel le gouvernement a dégagé une enveloppe de 7 milliards DA, allait contribuer à améliorer la production qualitativement et quantitativement. «Un travail est mené actuellement en collaboration avec le ministère du Commerce pour améliorer les circuits de commercialisation de ces produits» a-t-il indiqué.

« L’Algérie est arrivée,  pour la première fois, à pêcher la totalité de son quota de thon »
Concernant le thon rouge, M. Ferroukhi a souligné que «l'Algérie est parvenue cette année, pour la première fois, à pêcher la totalité de son quota par le pavillon national».
Par ailleurs et pour ce qui est du sujet de l’actualité relative au «poisson-lièvre», hautement toxique, le ministre a relevé que les scientifiques au sein du secteur ont confirmé le décès de citoyens suite à la consommation de ce poisson annoncé aux wilayas de l’Est.  
«Nous avons pris avec les différentes autorités, en l’occurrence les services du commerce,  les vétérinaires et les autorités de contrôle, des mesures pour agir sur le plan de la prévention  afin  d’éviter tout risque préjudiciable au consommateur et même aux pêcheurs de ce type de poisson», souligne-t-il, en ajoutant que des cellules de veille ont été installées au sein des wilayas, notamment une compagne de sensibilisation a été entamée pour éviter tout risque relatif à cette question.  
«La prudence est nécessaire», a enfin conclu le ministre.
Kafia Ait Allouache
 

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