mercredi 23 septembre 2020 03:40:35

Banque d’Algérie : Maintenir le cap du financement de l’économie

Mohamed Laksaci, Gouverneur de la Banque d’Algérie, a présenté hier, à l’Ecole supérieure des banques, les tendances monétaires et financières au troisième trimestre 2013 La note de conjoncture présentée, hier, à l’Ecole supérieure de banques (ESB) devant les responsables des banques et les établissements financiers, par M. Mohammed Laksaci, a rassemblé des informations chiffrées, commentées et analysées sur les tendances monétaires et financières au troisième trimestre de l’année 2013, période marquée surtout par la volatilité financière qui affecte particulièrement les économies émergentes, signale d’entrée, le gouverneur de la Banque d’Algérie.

PUBLIE LE : 29-12-2013 | 23:00
D.R

Mohamed Laksaci, Gouverneur de la Banque d’Algérie, a présenté hier, à l’Ecole supérieure des banques, les tendances monétaires et financières au troisième trimestre 2013

La note de conjoncture présentée, hier, à l’Ecole supérieure de banques (ESB) devant les responsables des banques et les établissements financiers, par M. Mohammed Laksaci, a rassemblé des informations chiffrées, commentées et analysées sur les tendances monétaires et financières au troisième trimestre de l’année 2013, période marquée surtout par la volatilité financière qui affecte particulièrement les économies émergentes, signale d’entrée, le gouverneur de la Banque d’Algérie.
Toutefois, il retient que si l’économie nationale est à l’abri de cette volatilité, elle subit en revanche les autres risques pesant sur les perspectives à court terme de l’économie mondiale, à travers notamment le prix du pétrole.
M. Laksaci note aussi que les perspectives s’améliorent, à partir du troisième trimestre 2013, après qu’un déficit conjoncturel a été enregistré au second trimestre dont les indicateurs ressortent une similitude qui rappelle les prémices d’un choc externe en référence à 2009, a affirmé M. Laksaci qui, néanmoins, a insisté sur le fait que «la notion de choc externe doit être relativisée», reste donc à espérer que cette amélioration soit durable. Il est à retenir qu’au cours des neuf premiers mois de 2013, l’excédent commercial est estimé à 6,73 milliards de dollars contre 17,55 milliards de dollars au titre de la même période de l’année 2012 et ce, sur la base des données provisoires de la balance des paiements relatives à la période sous revue. Cela reflète, selon Laksaci, la vulnérabilité de la balance commerciale au profil des exportations des hydrocarbures, qui connaissent une contraction en volume, en situation de persistance de la forte hausse des importations de biens.
Cette période est également marquée par la poursuite d’une politique économique et financière rigoureuse, favorable à l’investissement de l’économie. Cela dit, les données provisoires de la balance des paiements extérieurs, les exportations d’hydrocarbures en valeur se sont contractées de 12,25%, établies à 47,08 milliards de dollars pour les neuf premiers mois de l’année 2013, par rapport à leur niveau au titre de la même période de l’année dernière (53,67 milliards de dollars). Et bien que l’économie demeure insuffisamment diversifiée, la situation des finances publiques, reste tout de même assez confortables.

Les réserves de changes ont atteint 192 milliards de dollars
Les principaux agrégats da l’analyse de la Banque centrale, pour le 3e semestre de l’année en cours, traduisent également des performances appréciables et une situation financière externe consolidée. Un encours global des réserves officielles de changes (or non compris) de l’ordre de 191,866 milliards de dollars à septembre 2013, pour 190,661 Mds de dollars à fin décembre 2012.
 M. Laksaci explique que si la croissance des réserves s’est ralentie au cours des trois premiers trimestres de l’année en cours, la position extérieure nette de l’Algérie demeure solide, en situation de niveau historiquement bas de la dette extérieure (3,478 milliards de dollars à fin septembre 2013, contre 3,676 milliards de dollars à fin décembre 2012). En effet, analyse M. Laksaci, le niveau des réserves accumulées dépasse les seuils d’adéquation habituels pour les pays émergents, ce qui permet à l’Algérie de faire face à d’éventuels chocs externes et de préserver la stabilité extérieure. M. Laksaci a affirmé que les prêts à l’économie ont atteint 5268,06 milliards de dinars à fin septembre 2013 (22,56%) contre 4184,88 milliards de dinars à fin septembre 2012, ajoutant que le dynamisme des crédits bancaires a été plus soutenu au second et troisième trimestre de l’année en cours, avec une augmentation de la part relative des crédits à moyen et long termes à 71,36%.
Il est à retenir que la période sous revue est marquée par une progression aussi bien des crédits au secteur privé (18%) que ceux au secteur public, quoiqu’à un rythme plus élevé en ce qui concerne ce dernier (28,6%) qui a absorbé plus de financements à moyen et long terme. M. Laksaci fait remarquer que cela signifie que les affectations en question sont le facteur déterminant de l’expansion monétaire. Une dynamique qui traduit l’amélioration de la structure et des conditions de financement soutenues par les mesures prises par les pouvoirs publics, surtout à partir de janvier 2013, au profit des entreprises. Il souligne également que malgré une relative stabilisation des IDE nets et l’amélioration du compte capital dont le déficit s’est amenuisé à 0,75 milliard de dollars au cours des neuf premiers mois de l’année en cours contre 1,46 milliard de dollars au titre de la même période de 2012, le solde global de la balance des paiements extérieurs enregistre un déficit de 1,70 milliard de dollar au cours de la période sous revue, tel que cela ressort de la compilation des données provisoires y relatives.
Concernant l’inflation, sous l’effet de l’amenuisement du différentiel d’inflation entre l’Algérie et ses 15 principaux pays partenaires commerciaux, soit à 3,35% en septembre  2013 contre 6,23% en décembre 2012, soulignant que la tendance à la désinflation s’est confirmée tant en moyenne annuelle qu’en glissements. Il convient de noter qu’après 19 mois de tendance haussière ininterrompue (juillet 2011 à janvier 2013), l’inflation, en moyenne annuelle, a entamé un mouvement de baisse à partir de février 2013.

Les déposants de Khalifa Banque indemnisés par le Fonds de garantie des dépôts
Les prévisions effectuées en septembre indiquent que l’inflation de 2013, en moyenne annuelle, serait dans les limites de l’objectif à moyen terme arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit et devrait se situer à moins de 4%. La politique monétaire y a joué un rôle actif, en contexte de décélération monétaire, pendant que la modération des décaissements au titre du budget de l’Etat et la poursuite des actions de régulation et d’organisation des marchés ont contribué à cette désinflation, a-t-il expliqué. Il rappelle que «l’effet inflationniste manifeste» qui a caractérise le 1er semestre est dû à la cherté des prix à la consommation de certains produits frais qui ont contribué dans le volume de l’inflation.  Quant à la masse monétaire au sens M2, elle a atteint 11.760,39 milliards de dinars à fin septembre 2013 contre 10.944,62 milliards de dinars à fin septembre 2012, sous l’effet de la croissance significative des crédits à l’économie en contexte de progression modérée des avoirs extérieurs nets dans la situation monétaire agrégée. D’ailleurs M. Laksaci estime que si la base ressources des banques reste moins vulnérable aux chocs externes, la stabilité macroéconomique demeure un objectif prioritaire pour endiguer l’effet inflationniste, précisant que le plus dur sera de maintenir le cap qui consiste «à soutenir le rythme» de financement de l’économie nationale avec la rigueur de gestion des finances publiques et du cadre macroéconomique, conditions premières de toute croissance.
A la question de savoir si la Banque d’Algérie va prendre en charge les indemnisations des déposants de la banque Khalifa ? le gouverneur de la Banque d’Algérie, confirme encore une fois que selon le règlement c’est le fonds de garantie de dépôts qui assure l’indemnisation des déposants de la banque Khalifa en faillite et après que l’agrément ait lui été retiré. «La loi est très claire en la matière, il y a un règlement spécifique qui traite de l’indemnisation des déposants», a-t-il précisé. 
Farid Bouyahia.



 

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