lundi 21 septembre 2020 08:20:32

Entretien avec l’entraineur du NAHD, Zoheir Djelloul : « Le Nasria est sur la voie du vrai professionnalisme »

Il est réputé pour son sérieux, sa rigueur dans le travail, son sens aigu du professionnalisme, son sens de la communication avec les joueurs et l’ambiance enrobée de respect qu’il sait mettre au sein d’un groupe.

PUBLIE LE : 20-07-2013 | 23:00
D.R

Il est réputé pour son sérieux, sa rigueur dans le travail, son sens aigu du professionnalisme, son sens de la communication avec les joueurs et l’ambiance enrobée de respect qu’il sait mettre au sein d’un groupe.
En se rapprochant davantage de Zoheir Djelloul, en comprend bien pourquoi l’ex-sélectionneur national, Rabah Saâdane, l’avait choisi à ses côtés en Equipe nationale. Les dirigeants du NAHD ont frappé à la bonne porte en lui faisant appel.

Comment va Zoheir Djelloul en ce mois de ramadhan ?
Tout va bien pour moi, Dieu merci. On profite du mois sacré  non pour faire un plein d’estomac (rire), mais plutôt un plein en termes de foi. J’aime bien ce mois de piété, qui nous permet de purifier notre âme. Je profite de l’occasion pour souhaiter un bon ramadhan à tout le peuple algérien et au monde musulman.

C’est néanmoins assez dur pour les joueurs en cette phase de préparation d’intersaison, n’est-ce-pas ?
Déjà que la préparation est assez difficile à elle seule en cette période de l’année, il est vrai que le ramadhan en plus, ça fait vraiment souffrir les joueurs. Cela dit, il y a une méthodologie et une hygiène de vie à respecter pour atténuer quelque peu la souffrance des sportifs pendant le carême.

Justement, comment cela se passe au Nasria et quelle évaluation pouvez-vous faire de la préparation effectuée jusque-là ?
De tous les clubs, nous avons été les premiers au NAHD à reprendre le chemin des entraînements, le 15 juin dernier. On s’est ensuite rendue en Tunisie à Gammarth, le 22 juin, pour effectuer un stage de préparation qui a duré jusqu’au 6 juillet. En toute franchise, je suis entièrement satisfait des conditions de déroulement de ce stage et du sérieux dont ont fait preuve mes joueurs.

Soyez plus explicite ?
Le stage s’est déroulé dans un cadre propice à Gammarth où le NAHD a séjourné à l’hôtel El Mouradi « 5 étoiles ». Ce dernier offre tout le confort nécessaire à une équipe qui souhaite bien se préparer. Sur place nous avons profité de l’excellent cadre de travail et des installations de haut niveau qui ont été mis à notre disposition. Sur place, nous avons trouvé de grands clubs, comme le PSG et L’O. Lyon qui s’y préparaient aussi. Pour vous dire…  

Les dirigeants du NAHD semblent avoir mis les moyens pour permettre à l’équipe de bien se préparer…
Vous me donnez-là l’occasion de leur rendre un vibrant hommage, pour tout ce qu’ils font en ce moment, pour que tout se passe bien au Nasria. Je dirai que je me sens vraiment à l’aise au NAHD.
J’ai trouvé des gens sincères, qui aiment leur club. Des gens dévoués, qui ne rechignent pas à l’effort et qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour défendre les intérêts du Nasria. Cette année, de vrais gestionnaires ont rejoint le conseil d’administration nahdiste, en tant qu’actionnaires.
Je peux vous dire sans risque de me tromper, qu’il s’agit-là, de personnes de très haut niveau rompues à la gestion, qui de jour en jour prouvent leur compétence.

Tout se passe comme vous le souhaitez alors ?
Tout-à-fait ! Il n’y a franchement rien à redire là-dessus. Ils m’ont ouvert toutes les portes et tout ce qu’on demande, ils le mettent à notre disposition. Le NAHD retrouve sa verve comme on dit. Avec des dirigeants sérieux et dévoués, un staff élargi qui s’occupe de l’équipe et des joueurs attentifs qui répondent positivement à nos exigences de travail sérieux, de discipline, de rigueur, de sens du professionnalisme et surtout de détermination, le NAHD est sur la bonne voie.

Vous avez accepté le difficile challenge, qui consiste à faire revenir le Nasria en Ligue 1…
Exact ! Lorsque les responsables nahdistes ont fait appel à moi pour terminer la saison passée, les cinq matches qui restaient, je leur ai expliqué que pour répondre à leur sollicitation, il fallait que je puisse continuer mon travail la saison d’après. C’était mon unique exigence. Ils ont accepté de prolonger mon contrat. On s’est rapidement mis d’accord sur tous les plans et l’aspect financier n’était pas un problème pour moi. Cela nous a permis de gagner un temps fou, surtout que la fin de saison que j’ai vécue au NAHD, m’a permis d’avoir une idée précise sur chaque joueur. J’ai procédé moi-même au choix des joueurs à recruter et ceux à libérer. J’ai gardé 14 éléments de l’effectif de la saison dernière. Mes critères sont basés sur les qualités techniques des joueurs mais aussi sur leur moralité.   

Tout le monde a constaté le sérieux et la sérénité qui animent la maison nahdiste en ce moment…
Nous avons un challenge formidable à relever ensemble. Chacun est à sa place. Le président Ould Zmirli et le vice-président Saoudi ont retenu les leçons des saisons précédentes. Ils se sont entourés de gens intègres et compétents qui aiment le NAHD et qui mettent les moyens à sa disposition dans le seul souci de redorer son blason. Chaque fois qu’on exprime le besoin d’avoir quelque chose, ils sont-là ! Tout ce beau monde effectue un excellent travail, je suis là pour en témoigner. On a compris que chaque composante du club, doit se contenter d’effectuer son travail et d’assumer ses prérogatives.

Ce qui est une très bonne chose…
Et comment ! Le Nasria est en train de se structurer. Chaque employé du club dispose d’un contrat et d’une mission précise à accomplir. Tout le monde est payé. Il n’y a pas de faux problèmes au NAHD. Pourvu que ça dure !

Allez-vous garder le même staff ?
Oui. Nous bossons dans un climat de confiance fait de sérénité. Boumaâchouk s’occupe de l’entraînement des gardiens de but et Lafri est mon adjoint. Nous avons aussi un staff médical digne de ce nom avec un médecin en chef, un second médecin, deux kinésithérapeutes et un soigneur. Il y a ceux qui s’occupent de la logistique et un groupe de vigiles engagés par le NAHD pour assurer la sécurité des joueurs. Je peux vous dire par ailleurs, que la force du NAHD est le bon état d’esprit fait de confiance qui s’est tissé entre les dirigeants, le staff technique et les joueurs.

Peut-on dire que le NAHD est sur la bonne voie ?
Si les choses se poursuivent comme s’est le cas actuellement, je dirai même que le Nasria est sur la vraie voie du professionnalisme. Au NAHD tout le monde a senti le changement positif qui est en train de s’opérer. Les supporters sont joyeux et très proches de leur équipe. On jouera l’accession et on sait que rien n’est gagné d’avance sans sacrifices. Je suis ravi par le comportement des joueurs qui adhèrent totalement à notre façon de travailler. Je voudrais aussi vanter les mérites des dirigeants qui ont fait ce qu’il fallait pour moderniser le complexe du club Bensiam. Cela ne s’est pas fait depuis 45 ans ! La rénovation du complexe Bensiam permettra au Nasria de disposer de toutes les commodités d’entraînement, de restauration et de soins. Les vestiaires ont été retapés à neuf, le terrain d’entraînement a été doté d’une pelouse synthétique haut de gamme. Une clinique a été installée pour qu’y soient assurées les soins des joueurs. L’éclairage est disponible, etc. Que demander de plus ? D’ailleurs dès la semaine prochaine, l’équipe s’entraînera à Bensiam.

Parlons un peu de vous à présent. Beaucoup n’ont pas hésité à vous qualifier de parachuté de dernière minute, lorsque Saâdane vous a mis à ses côtés en EN. Votre sentiment ?  
Vous savez, dans la vie, les gens parlent de vous en bien ou en mal. Personnellement, je sais parfaitement d’où je viens et ce que je suis. Pour ceux qui ne me connaissent pas bien, je dis que Zoheir Djelloul étudie beaucoup le football, se recycle et effectue de nombreux stages à l’étranger sans vouloir le crier sur tous les toits. Je suis aussi un ancien footballeur. J’étais défenseur polyvalent. J’ai porté les couleurs du RCK (minimes, cadets, juniors). Ensuite, j’ai évolué à l’OMR en seniors et deux années avec le RDP Condores au Canada en semi-professionnels part la suite. J’étais international cadet aussi. Lorsque j’ai eu mon bac avec mention, j’ai fait une année de médecine, parce que s’était difficile d’accéder à l’ISTS. Je n’ai pas baissé les bras et j’ai par la suite passé le concours pour pouvoir étudier ce que je voulais faire de ma vie. C’est-à-dire me former au métier d’entraîneur. J’étais aussi aux côtés de Zouba en 1994 à la tête de la sélection d’Alger, puis avec Soltani à la barre technique de l’OMR (95-96). On a raté d’un cheveu l’accession en D1, en se classant 2e derrière le NAHD. J’ai beaucoup travaillé chez les jeunes catégories au Québec où je suis resté pendant 8 ans avec ma petite famille avant de décider de rentrer à nouveau au pays. Je suis le premier algérien à avoir lancer le football en salle au niveau des collèges et le seul algérien à avoir remporter le championnat canadien en tant qu’entraîneur des U17 avec RDP Condores et en tant que joueur-entraîneur la même année avec l’équipe senior du même club. C’était la première fois où une équipe du Québec avait réussi une telle distinction. Cela m’a valu les félicitations et les honneurs des autorités locales et du ministre du Sport et des Loisirs. C’était pour moi très enrichissant.

Après ce fut votre retour en Algérie…
Oui ! Une fois de retour au pays en 2006, j’ai intégré le staff technique de l’Entente de Sétif où j’ai rencontré Rabah Saâdane, qui a vite remarqué mon amour des choses bien faites et ma passion pour le football dans ce dur métier d’entraîneur. Nous avons réussi une très belle saison ponctuée par le titre de champion d’Algérie et  la Coupe arabe. Ayant apprécié mon travail et ma collaboration avec lui à l’ESS, il n’a pas hésité à m’emmener avec lui en Equipe nationale. Là, j’y ai vécu des moments formidables et inoubliables qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire, avec la belle épopée de la CAN et de la Coupe du monde 2010. J’ai ensuite entraîné l’AS Khroub où on a assuré le maintien de l’équipe en 2011. En 2012, j’ai exercé à Oman au Nasr Omani, qui est un club populaire et le doyen des clubs de ce beau pays. Me voilà à présent au NAHD. Voilà pour bien répondre à la question de qui est Zoheir Djelloul, pour éclairer la lanterne de ce qui me dénigrent ou qui ne me connaissent pas.

Qu’avez-vous retenu de cheikh Saâdane ?
C’est un formidable personnage et un technicien de haut niveau qui maîtrise parfaitement son sujet. Un homme intègre qui aime son métier et qui donne le meilleur de lui-même dans son travail. Il favorise une relation saine entre l’entraîneur et les joueurs, où les valeurs morales doivent avoir toute leur importance. Il fait en sorte de tirer le meilleur de chacun de ses joueurs. Il n’est pas le genre d’entraîneur qui veut leur faire peur, mais il veut surtout leur inculquer la notion de respect mutuel, pour avancer et travailler dans la confiance et la sérénité. C’est un vrai patriote qui aime son pays plus que tout. Il inspire le respect. J’ai énormément évolué à ses côtés. Son message aux joueurs de l’EN fait de patriotisme, leur a permis de faire plier la meilleure équipe d’Afrique, l’Egypte triple champion d’Afrique trois fois de suite avant de se faire éliminer par notre Equipe nationale à Oum Dourman  pour le Mondial-2010.  Il sait motiver ses joueurs lors des rendez-vous importants. Il a prouvé qu’on peut faire confiance aux cadres algériens qui sont capables de tous les exploits, pourvu qu’on les mette dans de bonnes conditions et qu’on leur fasse confiance. On aime notre pays et nous sommes-là pour le servir. On est capable de beaucoup de bonnes choses. Voilà avec quoi je voudrais terminer cet échange sympathique avec vous.
Entretien réalisé par
Mohamed-Amine Azzouz

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