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Le pélerinage : un acte d’adoration (I)

Le pèlerinage est un acte d’adoration très connu qui exige de l’homme la mise à contribution de son cœur, de son corps et de ses biens, et ce, à l’exception de tout autre acte cultuel.

PUBLIE LE : 16-07-2013 | 23:00
D.R

Le pèlerinage est un acte d’adoration très connu qui exige de l’homme la mise à contribution de son cœur, de son corps et de ses biens, et ce, à l’exception de tout autre acte cultuel. C’est aussi un acte facultatif que doit accomplir tout musulman en mesure de le faire en une période précise et en des lieux précis pour répondre à l’appel du Seigneur et rechercher Sa Satisfaction. A la base de cet acte d’adoration, il y a l’intention sincère d’accomplir le pèlerinage pour répondre à l’appel de Dieu, la mise en état d’lhrâm (sacralisation) en se débarrassant de tous les vêtements cousus et en s’abstenant de tout geste d’embellissement ou de gaspillage pour finir par les circuits autour de la Maison sacrée de Dieu.

Le pèlerinage  avant l’islam
Le pèlerinage, en tant que visite pieuse à des endroits précis, dans le but de se rapprocher de la divinité adorée est un acte d’adoration très ancien que des peuples et des communautés ont adopté comme moyen symbolique pour rendre un culte à leurs divinités et célébrer leurs louanges.
C’est ainsi que le pèlerinage fut pratiqué par les Anciens Egyptiens, les Grecs, les Japonais et de nombreux autres peuples de l’antiquité sur leurs lieux saints. Chaque communauté donnait à ce pèlerinage une importance et une ferveur à la mesure de la représentation qu’elle se faisait de la divinité. Cette situation resta ainsi jusqu’à ce que Dieu ordonna à Abraham (sur lui salut) de bâtir le temple sacré à La Mecque afin que les croyants puissent y tourner autour en invoquant Dieu «Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison : «Ô notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c’est Toi l’Audient, l’Omniscient.» (Cor., s.2, v.127). Et encore : «Et quand nous indiquâmes pour Abraham le lieu de la Maison (la Ka’ba) en lui disant : «Ne m’associe rien ; et purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour, pour ceux qui s’y tiennent debout et pour ceux qui s’y inclinent et se prosternent. Et fais aux gens et annonce pour le pèlerinage. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout coin éloigné.» (Cor., s.22, v.26 et 27).
Abraham répondit à l’appel de Son Seigneur et bâtit Sa Maison sacrée qu’il purifia et à laquelle il appela les gens au pèlerinage. Abraham y habita dans le voisinage avec sa famille, inaugurant, par là-même, rite du pèlerinage qui dure jusqu’à nos jours. Il est qu’au cours des siècles, les Arabes qui venaient chaque année en pèlerinage à la Ka’ba, firent par déforme sens des rites de cet acte cultuel tel qu’il existait du temps d’Abraham. Ils y introduisirent un culte idolâtre et polythéiste en remplissant l’intérieur de la Maison sacrée d’idoles qu’ils associèrent à Dieu dans leur adoration et leurs invocations. Ils en firent, aussi, des intercesseurs, leur firent des sacrifices et y invoquèrent leur nom. Dans cette même optique, ils firent introduire des innovations dans la pratique du pèlerinage, lesquelles prirent, au fil des ans, le statut de rites sacrés, alors que ce n’était que le produit de leurs fantasmes et de leur imagination.
C’est ainsi qu’ils tournaient autour de la Ka’ba, tout nus, qu’ils s’abstenaient de consommer des aliments gras et refusaient de se regrouper avec les autres pèlerins à la station d’Arafat ; ils croyaient que leur statut de gardiens du temple leur donnait une supériorité sur les autres et les exemptait, de ce fait, de partager avec eux les rites du pèlerinage. Telles furent, entre autres, les innovations que les Arabes introduisirent dans le pèlerinage en le déviant de sa véritable vocation.

Mohammed renouvelle l’appel d’Abraham
L’islam est venu pour réformer la religion d’Abraham et revivifier son appel à la Vérité et à la vraie adoration. Dis : «Moi, Mon Seigneur m’a guidé vers un chemin droit, une religion droite, la religion d’Abraham, le soumis exclusivement à Dieu et qui n’était point parmi les associateurs.» (Cor., s.6, v.161). Et aussi : «Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés «musulmans» avant ce (Livre) et dans ce (Livre).» (Cor., s.22, v.78). Et encore : «Qui donc aura en aversion la religion d’Abraham, sinon celui qui sème son âme dans la sottise ? Car très certainement Nous l’avons choisi en ce monde ; et dans l’au-delà, il est certes du nombre des gens de bien.» (Cor., s.2, v.130).
Lorsque le Messager de Dieu (sbsl) commença à prêcher la religion d’Abraham qui est la vraie religion auprès de Dieu, il trouva les Arabes toujours attachés aux coutumes et innovations qu’ils ont eux-mêmes initiées dans les rites du pèlerinage. Il les laissa à leurs coutumes et consacra ses efforts à semer dans les cœurs le principe de l’Unicité de Dieu, jusqu’à ce qu’il fut chassé, lui et son compagnon, Abu Bakr, de La Mecque, là où se trouve la Maison sacrée de Dieu. Depuis ce jour, ils ne purent plus voir la Ka’ba ni assister au pèlerinage, en dépit de leur désir ardent en ce sens. Mais leurs efforts au service de leur foi ne furent pas vains et c’est ainsi qu’ils reçurent la bonne nouvelle de leur prochaine entrée dans la Maison sacrée avec la grâce de Dieu, sereins, la tête rasée ou les cheveux coupés. Dans la chaleur du désir ardent des musulmans de retourner à La Mecque et de revoir la Maison sacrée de Dieu, et à la lumière de leurs sacrifices en vue de concrétiser ce désir, Dieu fit révéler de nombreux versets qui établirent, une fois pour toutes, les bases du pèlerinage, clarifièrent ses rites et sa période et lui rendirent son originalité primordiale du temps d’Abraham et d’Ismaël.
Et c’est ainsi que le pèlerinage retrouva sa véritable vocation telle que l’avait voulu Dieu depuis l’époque d’Abraham. Les musulmans appliquèrent les directives divines en ce sens et purent purifier la Maison sacrée des idoles mises par les polythéistes. Le pèlerinage retrouva aussi son caractère égalitaire et fraternel et personne n’en fut plus exempt en vertu d’une prétendue supériorité.

La période du pèlerinage et le dessein d’un tel choix
L’islam a fixé pour le déroulement du pèlerinage une série de mois connus dans le calendrier arabe. Il s’agit des mois de Choual, Dhou EI-Qi’da et Dhou El-Hijja. Le mois de Choual — qui succède à celui de Ramadhan — a, dans l’islam, un double mérite, tant son nom se confond avec l’élévation spirituelle et la rectitude morale que le musulman a pu acquérir durant son jeûne et ses veillées pieuses des nuits du Ramadhan. Le premier de ces mérites est que Choual est le premier des mois du pèlerinage. Le second est qu’il précède les mois sacrés que sont Dhou El-Qi’ da, Dhou EI-Hijja et Moharrem.
Le Saint Coran a accordé aux mois du pèlerinage la même importance qu’au pèlerinage lui-même. Il a également accordé la même importance aux mois sacrés en ce qu’ils représentent comme symboles de paix et de cessation des hostilités en attirant l’attention des croyants sur les opportunités qu’offrent ces mois pour multiplier les œuvres de piété et de bienfaisance et donner à son âme les moyens de transcender les intentions belliqueuses et les tendances à l’oppression et aux injustices. Au sujet des mois du pèlerinage, le Coran dit : «Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. Si l’on se décide de l’accomplir, alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage. Et le bien que vous faites, Dieu le sait. Et prenez vos provisions ; mais vraiment la meilleure provision est la piété. Et redoutez-Moi, ô doués d’intelligence.» (Cor., s.2, v.197).

La succession des voyages spirituels
Après la fin du Ramadhan, les croyants reviennent de leur voyage spirituel au cours duquel leurs cœurs étaient absorbés dans l’amour et l’adoration de leur Seigneur. Leur conscience de Sa présence était telle qu’ils s’abstinrent — pour Dieu et au service de Dieu — de faire, au cours des journées, ce qu’Il leur avait pourtant permis de faire. Avec l’avènement du mois de Choual, une nouvelle aspiration profonde submerge les cœurs des croyants qui s’apprêtent à faire un autre voyage spirituel, auquel participe et l’esprit et le corps. Ce voyage vers lequel se hâtent ceux qui en ont les moyens, laissant famille, biens et patrie, endurant fatigue et peines, n’a pas pour but la satisfaction de désirs sensuels, loin s’en faut. Son but principal est de répondre à l’appel du Seigneur et de visiter Sa Maison sacrée, humbles, recueillis, repentants, espérant Son assistance et Sa satisfaction. A la fin de ce voyage spirituel, les croyants reviennent chez eux, l’âme sereine et apaisée et retrouvent leurs pays et leurs familles, après avoir accumulé suffisamment de foi et d’énergie spirituelle pour pouvoir vivre dans le droit chemin et guider leurs concitoyens dans la voie de la rectitude. Le Coran a montré, à cet effet, ce qui peut mener au noble but atteint à travers ce voyage spirituel : «Si l’on se décide de l’accomplir (le pèlerinage), alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage.»
Ceci en ce qui concerne le détachement de l’âme des scories et autres vices qui entachent sa pureté et des contingences sociales. Quant aux exhortations à s’imprégner des belles vertus qui embellissent l’âme et la rapprochent de Dieu, on les trouve dans cette parole du Coran : «Et le bien que vous faites, Dieu le sait. Et prenez vos provisions ; mais vraiment, la meilleure provision c’est la piété. Et redoutez-Moi, ô doués d’intelligence.»
(A suivre)

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Hadith
Abou Abdallah En-Noumân ben Bachîr a dit : J’ai entendu le Messager de Dieu (QSSSL) dire :
«Certes, ce qui est permis - halal - est évident, et ce qui est défendu - harâm - est évident aussi. Mais, entre l’un et l’autre, il y a bien des choses équivoques, que la plupart des gens ne savent pas (distinguer).
Qui se garde de l’équivoque purifie sa foi et son honneur, mais celui qui y tombe, tombe dans ce qui est défendu : il est semblable au pâtre qui mène ses troupeaux aux alentours d’un territoire gardé, et alors, bien vite, il y fera paître. Chaque roi ne possède-t-il pas un territoire gardé ? Le champ gardé de Dieu, ce sont les choses défendues.
En vérité, il y a dans le corps humain un morceau de chair qui, en bon état, permet au corps tout entier de prospérer et qui, en mauvais état, le corrompt en entier, c’est le cœur».
   [ Rapporté par Boukhari et Mouslim ]

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