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Centrales électriques de Terga et de Koudiet Eddraouch : Le bon choix ?

Conséquemment aux informations rapportées par les médias et qui mettent en cause les responsables de la société quant à une gestion «douteuse» des appels d’offres relatifs aux centrales électriques de Terga et de Koudiet Eddraouch, dont les coûts ont été jugés «exorbitants» et «scandaleux », Sonelgaz a jugé utile d’apporter les précisions nécessaires pour rétablir les faits dans leur contexte réel, en rappelant la genèse du lancement et du traitement des appels d’offres des centrales concernées depuis 2002.

PUBLIE LE : 06-07-2013 | 23:00
D.R
Conséquemment aux  informations rapportées par les médias et qui mettent en cause les responsables de la société quant à une gestion «douteuse» des appels d’offres relatifs aux centrales électriques de Terga et de Koudiet Eddraouch, dont les coûts ont été jugés «exorbitants» et «scandaleux », Sonelgaz a jugé utile d’apporter les précisions nécessaires pour rétablir les faits dans leur contexte réel, en rappelant la genèse du lancement et du traitement des appels d’offres des centrales concernées depuis 2002. 
 
En effet, la loi n° 02/01 du 5 février 2002, qui a consacré l’ouverture à la concurrence des activités de production de l’électricité, a également prévu que la Commission de régulation de l’électricité et du daz (CREG) se charge des dispositions qui s’imposent pour satisfaire les besoins du marché national. Cette loi qui a transformé Sonelgaz en une société holding avec des sociétés filiales dotées de la personnalité morale et de l’autonomie juridique, a édicté que ces nouvelles entités ne sont plus attributaires du monopole de droit ou de fait, mais aussi, qu’il ne leur appartient plus d’assurer, seules l’offre de production d’électricité pour les besoins nationaux. C’est ainsi, qu’en 2006, le ministère de l’Energie et des Mines, autorité commanditaire, a instruit Sonelgaz, à travers son ex-direction générale de l’engineering (filialisée en 2009), de lancer deux appels d’offres pour le compte des futures sociétés de Terga et de Koudiet Eddraouch. » «Dans l’attente de l’ouverture du capital de ces sociétés au partenariat international, il a été également demandé à Sonelgaz et Sonatrach de souscrire pour la totalité des actions de ces futures sociétés. C’est pourquoi, le capital social des sociétés Sharikat Kahraba Koudiet Eddraouch (SKD) et Sharikat Kahraba Terga (SKT), était détenu lors de leur constitution, à hauteur de 51 % par Sonelgaz et 49 % par Sonatrach. Le capital, ainsi réparti, devait être ouvert au partenariat international à l’issue du traitement des appels d’offres. Dans les faits, Sonelgaz qui avait les compétences et l’expérience nécessaires pour établir les cahiers des charges pour ce type de projets et évaluer les soumissions des candidats, a été chargée, de mener ce travail technique. En d’autres termes, la décision de lancer, de conclure ou d’annuler les appels d’offres des centrales de production d’électricité de SKS, SKB, SKH, SKT et SKD, réalisées  dans le cadre des dispositions de la loi de 2002, ne relevait nullement des prérogatives de Sonelgaz». Selon les explications fournies, les contrats de construction de chacune des centrales ont été approuvés et signés par les organes sociaux des sociétés concernées en tant que maître d’ouvrage. «Ce ne sont donc pas des contrats de Sonelgaz», comme il a été rapporté. Par ailleurs, depuis 2010, le ministère de l’Energie et des Mines avait autorisé la filiale de Sonelgaz SPE de réaliser, pour elle même, les centrales électriques prévues dans le plan indicatif des moyens de production. «Seuls deux candidats ont soumissionné le 11 décembre 2006, à l’offre technique, en l’occurrence les groupements Alstom/Orascom et General Electric/Cobra». Deux groupements jugés éligibles à soumettre une offre commerciale pour chaque appel d’offres.  Seul le groupement Alstom/Orascom a soumis, le 8 août 2007, une offre commerciale pour les deux  appels d’offres des centrales de Terga et de Koudiet Eddraouch. «Le groupement General Electric/Cobra  avait constaté que les prix offerts par le groupement Alstom/Orascom de 1,37 milliard d’euros pour la centrale de Terga et 1,47 milliard d’euros pour la centrale de Koudiet Eddraouch étaient supérieurs aux prix attendus.  Constat relevé également par la CREG». En définitive, l’appel d’offres sera relancé sur ordre de l’autorité compétente. «L’ex-direction générale de l’Engineering a donc procédé par publication au BAOSEM, le 24 septembre 2007, au lancement des Consultations internationales restreintes relatives aux centrales de Terga et Koudiet Eddraouch, pour le compte des futures sociétés SKT et SKD». Ces consultations ont été ouvertes à d’autres intervenants. Néanmoins, seuls deux candidats ont soumissionné le 6 octobre 2007 à l’offre technique, à savoir,  Alstom/Orascom et General Electric/Iberdrola. Pour les phases commerciales, l’autorité commanditaire des appels d’offres a plafonné les prix à 2,34 milliards d’euros pour les deux projets. L’autorité avait décidé que dans le cas où les soumissionnaires présenteraient une offre inférieure, un délai de trois heures leur serait donné pour faire une nouvelle proposition. Le 20 novembre 2007, les groupements Alstom/Orascom et General Electric /Iberdrola ont soumis des offres commerciales pour les deux appels d’offres des centrales de Terga et de Koudiet Eddraouch. Les prix proposés par chacun des candidats étaient supérieurs au prix plafond de 1,17 milliard d’euros fixé pour chacune des centrales. Conformément aux préalables imposés, un délai de trois heures a été accordé aux candidats pour revoir leurs prix. A l’issue duquel délai, les deux candidats ont confirmé leurs prix, soit respectivement 1, 35 milliard d’euros pour Alstom/Orascom (centrale de Terga) et 1,47 milliard d’Euros pour General Electric/Iberdrola (centrale de Koudiet Eddraouch). «Le processus d’appels d’offres, tel qu’arrêté a été respecté dans sa mise en œuvre», considère Sonelgaz, qui précise que l’attribution des marchés «s’est faite à la suite d’une relance d’appel d’offres et n’est pas le résultat d’un gré-à-gré». «L’autorité commanditaire des appels d’offres avait estimé que le pays ne pouvait pas prendre le risque d’une grave crise énergétique à partir de 2011, en l’absence de ces moyens de production, d’autant plus que le fait d’avoir relancé les appels d’offres risquait déjà d’hypothéquer la demande à moyen terme». «Il faut également rappeler la conjoncture défavorable (2007-2009), en matière de prix d’équipements qui avaient atteint des prix et des délais jamais constatés auparavant. Tant Alstom que General Electric ont déclaré, d’une part, qu’ils avaient priorisé l’Algérie au détriment d’autres pays et, d’autre part, qu’ils regrettaient, —compte tenu de la forte croissance mondiale de la demande — de ne pas être en mesure d’offrir de meilleurs prix et délais (délais offerts de 42 à 49 mois au lieu de 25 à 28 mois habituellement pratiqués auparavant)». Aussi, «la décision de donner suite ou non aux appels d’offres des centrales électriques, commandités par l’Autorité de tutelle, ne relevait ni de la responsabilité de Sonelgaz ni de son ex direction générale de l’engineering, du fait même que la loi n° 02/01du 5 février 2002, ne leur a pas attribué ce pouvoir». En fait, «l’Autorité commanditaire des appels d’offres devait, soit accepter les offres proposées par les groupements Alstom/Orascom et General Electric/Iberdrola ou alors relancer les appels d’offres après deux relances précédentes au risque de se retrouver avec les mêmes soumissionnaires et sans garantie de réduction des prix, se retrouver sans aucun soumissionnaire, être contraint de recourir au gré-à-gré dans une position de faiblesse du fait que les constructeurs connaissaient parfaitement la situation énergétique de l’Algérie à court et moyen terme». En cas de nouvelles annulations des appels d’offres, de se retrouver contraints «d’engager des négociations en gré-à-gré sans avoir la certitude d’obtenir de meilleures conditions de prix sachant que les deux soumissionnaires connaissaient le prix souhaité et qu’ils n’étaient pas prêt à l’accepter au risque d’hypothéquer la sécurité énergétique de la nation aux horizons 2011-2013. L’attribution des appels d’offres aux groupements Alstom/Orascom et General Electric/Iberdrola constituait, selon l’appréciation de Sonelgaz, «le bon choix». L’argument : entre 2008 et 2010, plus d’une dizaine de centrales électriques en cycle combiné de diverses technologies, notamment en Europe, avaient des prix compatibles avec ceux proposés pour Terga et de Koudiet Eddraouch.
Akila D.
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