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Le Conseil de sécurité débat du terrorisme en Afrique : La lutte contre les rançons parmi les priorités

Le Conseil de sécurité a débattu lundi des moyens à mettre en œuvre pour réduire la vulnérabilité de l’Afrique face au terrorisme, et s'est déclaré ''résolu'' à lutter contre le versement de rançons dans les prises d’otages en prenant acte du Mémorandum d’Alger.

PUBLIE LE : 14-05-2013 | 23:00
D.R

Intitulé ''Les enjeux de la lutte contre le terrorisme en Afrique dans  le contexte du maintien de la paix et de la sécurité internationales'', ce débat  de haut niveau a été l’occasion d'examiner les spécificités des facteurs et  conséquences du terrorisme en Afrique ainsi que des efforts régionaux.
Le Conseil a, ainsi, affirmé que la lutte contre le terrorisme à long  terme passait par l’adoption d’une stratégie globale pour relever les défis  qui consistent à promouvoir la croissance économique, à favoriser la bonne gouvernance,  à faire reculer la pauvreté, à renforcer les capacités des Etats, et à combattre  la corruption, en particulier en Afrique, mais aussi dans d’autres régions. Durant le débat, les délégations ont, toutes, convenu que le terrorisme  en Afrique présentait la particularité d’être de plus en plus complexe, transnational  et évolutif, avec le risque que le continent devienne son épicentre.     

Rôle pionnier de l'Algérie dans la lutte antiterroriste en Afrique
Dans son intervention, le représentant de l'Algérie a affirmé que le  cadre juridique et institutionnel de la lutte contre le terrorisme en Afrique  avait été mis en place depuis des années, sous l’égide surtout de l’Union africaine,  en rappelant que l’Algérie y avait joué un rôle pionnier. Il a, d'ailleurs, rappelé qu’un plan d’action avait été adopté lors  de la réunion intergouvernementale de haut niveau de l’Union africaine sur la  prévention et la lutte contre le terrorisme tenue en 2002 à Alger. A partir de ce plan, a-t-il ajouté, il a été créé en 2004 le Centre  africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT), dont le siège est  à Alger.   Pour lutter efficacement contre le terrorisme, le délégué de l’Algérie  a notamment mis l’accent sur la nécessité de tarir les sources de financement  et de démanteler toutes les activités criminelles qui y sont liées. Il a précisé que l’Algérie ne ménageait aucun effort, au sein de l’Union  africaine et des Nations Unies, pour sensibiliser sur la menace des prises d’otage  et du paiement de rançons aux terroristes. Le représentant algérien a également souligné que l'Algérie était pleinement  engagée dans le cadre de la coopération régionale pour lutter contre les activités  terroristes et de déstabilisation menées dans la région du Sahel.  Il a estimé, à cet égard, que le cadre de coopération mis en place par  les pays concernés constituait une étape importante. Pour sa part, le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, a observé  que le terrorisme en Afrique est façonné aujourd’hui par les activités d’Al-Qaida  au Maghreb islamique (AQMI) dans le nord du continent, d'Al-Chabab dans l’est  et de Boko Haram dans l’ouest.  

Préoccupations face aux prises d'otages contre rançons
Par ailleurs, de nombreuses délégations, à l’instar des Etats-Unis,  ont exprimé leur préoccupation face aux enlèvements et aux prises d’otages contre  rançons ayant pour but de lever des fonds ou d’obtenir des concessions politiques,  constatant que ces actes se multiplient en particulier dans la région du Sahel.      Dans son intervention, le représentant britannique a souligné que le  paiement de rançons avait contribué à l’augmentation du terrorisme en Afrique  et que la communauté internationale devrait prendre des mesures collectives  pour tenter de régler ce problème.   A l'issue de ce débat, le Conseil de sécurité a fait une déclaration dans  laquelle il s'est dit ''préoccupé par le lien de plus en plus étroit, dans de  nombreux cas, entre terrorisme, criminalité transnationale organisée et activités  illicites telles que le trafic de la drogue et des armes et la traite des êtres  humains''.
 Pour l'organe de décision de l'ONU, ''seule une réponse plurielle, qui  n’est plus étroitement militaire, permettrait de contenir les groupes de criminels  et de narcoterroristes'', affirmant que la Stratégie antiterroriste mondiale  de l’ONU, adoptée en 2006, va dans ce sens et qu'il est ''indispensable de combiner  les questions de sécurité avec celle du développement et de la promotion des  droits de l’homme''.
Le Conseil de sécurité a aussi condamné fermement les enlèvements et  prises d’otages ayant pour but de lever des fonds, par les rançons, ou d’obtenir  des concessions politiques, et a souligné ''l'urgence'' de s’attaquer à ces  problèmes.   A ce propos, il s'est déclaré ''résolu à lutter contre les enlèvements  et les prises d’otages dans la région du Sahel'' et a affirmé qu'il prenait  acte ''de la publication du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière  de prévention des enlèvements contre rançon par des terroristes et d’élimination  des avantages qui en découlent, à l’issue du Forum mondial de lutte contre le  terrorisme.''  
Aps

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