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Assemblées anuelles du FMI et de la BM à Washington : M. Laksaci soulève les principaux écueils à la consolidation de la croissance mondiale

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohammed Laksaci, a soulevé hier, à Washington les principaux obstacles qui entravent encore la reprise solide et durable de la croissance mondiale, citant le poids de la dette publique et les dysfonctionnements du secteur financier des pays industrialisés

PUBLIE LE : 09-10-2010 | 19:47
D.R

Le gouverneur de la Banque d’Algérie,   M. Mohammed Laksaci, a soulevé hier, à Washington les principaux obstacles  qui entravent encore la reprise solide et durable de la croissance mondiale,  citant le poids de la dette publique et les dysfonctionnements du secteur financier  des pays industrialisés.  M. Laksaci a fait cette intervention au nom du groupe des pays qu'il représente  (Algérie, Afghanistan, Ghana, Iran, Maroc, Pakistan et Tunisie) à la réunion  du Comité Monétaire et Financier International (CMFI) auprès du Fonds monétaire  international, dans le cadre des assemblées annuelles du FMI et de la Banque  mondiale qui se tiennent du 8 au 10 octobre dans la capitale fédérale.           

"Si l’économie mondiale a poursuivi sa reprise, celle-ci demeure, toutefois,  inégale, affichant une force continue ou gagnant en rythme dans beaucoup de  pays émergents et en développement, mais restant faible dans les pays avancés  où des vulnérabilités persistent aux niveaux de la dette souveraine, du secteur  financier et du marché immobilier, qui contraignent la croissance et l’emploi  dans beaucoup de ces pays", a-t-il souligné.        
La crise de la dette souveraine en Europe a "freiné le retour à la stabilité  financière et secoué la confiance des marchés dans beaucoup de pays avancés",  accroissant les incertitudes et les risques liés à la croissance globale, a expliqué M. Laksaci.        
Face à ces développements, il a considéré qu'une "coopération continue  et une coordination des politique" demeuraient cruciales pour soutenir une  reprise durable, solide et plus équilibrée.  Bien que les processus de consolidation budgétaire en cours dans plusieurs  pays avancés soient essentiels pour mettre les finances publiques sur une voie  viable et remédier à moyen terme au problème de la dette publique élevée, "l’impact  négatif potentiel sur la croissance et l’emploi ne doit pas être occulté", a-t-il  observé.      En conséquence, des progrès décisifs doivent être également réalisés en  matière de renforcement des systèmes financiers dans les pays avancés, a-t-il  suggéré.  A ce propos, il a estimé que le récent accord relatif au capital et à la  liquidité des banques (Bâle III) constituait un pas important, mais beaucoup  reste encore à faire en matière de renforcement du cadre de régulation et de  supervision et de résolution de la question des institutions financières dites  ''trop importantes pour faillir''. Par ailleurs, M. Laksaci a appelé à un engagement clair pour "éviter les  mesures protectionnistes afin de pouvoir soutenir une croissance forte et plus  équilibrée", ajoutant qu'une "plus grande attention doit être accordée aux risques  associés à l’accroissement des flux de capitaux vers certains pays émergents  et en développement, particulièrement au vu des rythmes divergents des politiques  monétaires, ainsi qu’aux risques qui pourraient potentiellement émerger de mouvements  désordonnés des taux de change." S’exprimant sur les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le gouverneur  de la Banque d'Algérie s'est félicité des performances prévues en matière de  croissance dans cette région (4,1 pc en 2010 et 5,1 pc en 2011) où "des années  de gestion macroéconomique prudente, des fondamentaux solides et des réponses  robustes ont contribué à contenir les effets de la crise économique et financière  internationale sur leurs économies et soutenu l’activité économique".       
Il a observé, néanmoins, que certains pays de cette région pourraient être  "négativement affectés par un ralentissement prolongé de la croissance mondiale  ou de l’instabilité financière en Europe au vu des liens importants avec cette  région".  Dans son intervention, il a également salué les perspectives  de forte croissance économique en Afrique subsaharienne (5 pc en 2010 et 5,5 % en 2011), soutenue par la mise en £uvre de politiques contra-cycliques, une  reprise des prix des produits de base et une demande intérieure robuste, ajoutant  que "le renforcement de l’assistance de la part de la communauté internationale  est essentiel pour aider les pays à faibles revenus à atteindre les Objectifs  du Millénaire pour le Développement (OMD)". ''La décision de rendre l’évaluation de la stabilité financière obligatoire  pour les pays membres à secteurs financiers systémiques devrait renforcer la  surveillance. Le raffinement de la Facilité Flexible de Crédit et l’établissement  de la Facilité Préventive de Crédit sont des pas importants dans le renforcement  du rôle du Fonds en matière de prévention des crises.  L’impartialité dans la  mise en œuvre sera essentielle à cet égard. Nous attendons également que le  Fonds démontre le même degré de réponse et de flexibilité en matière de prêts  aux pays à faibles revenus", a-t-il soutenu.       
Abordant la question de la gouvernance au sein du FMI, M. Laksaci a souligné  que le groupe qu'il représentait prend note du travail en cours relatif à la  revue du mandat du Fonds et de sa gouvernance.  Sur ce point, il a réaffirmé que "la réforme des quotes-parts est centrale  pour redresser la formule dans la distribution des quotes-parts entre pays avancés  et pays émergents et en développement et renforcer ainsi la légitimité, la pertinence  et l’efficacité du Fonds". A cet égard, a-t-il insisté, "la 14ème revue générale des quotes-parts  en cours devrait déboucher sur un transfert significatif des quotes-parts en  faveur des pays émergents et en développement dynamiques sans que ce transfert  intervienne aux dépens d’autres pays émergents et en développement et des pays  à faibles revenus".        
''De plus, dans l’attente de la nécessaire révision de la formule de calcul  des quotes-parts, celles de tous les pays émergents et en développement ainsi  que celles des pays à faibles revenus se doivent d’être protégées contre toute  baisse. D’autant plus que beaucoup de ces pays ont été négativement affectés  lors des précédents réalignements des quotes-parts. Nous ne pouvons apporter  notre soutien à une forte augmentation des quotes-parts que dans la mesure où  ces deux objectifs soient respectés'', a-t-il argumenté.         
Il est à souligner que le Comité Monétaire et Financier International  est chargé de donner des avis et de faire rapport au Conseil des gouverneurs  concernant la gestion et l’adaptation du système monétaire et financier international.  Il surveille aussi l’évolution de la liquidité à l’échelle mondiale et des transferts  de ressources aux pays en développement, examine des propositions du Conseil  d’administration visant à modifier les Statuts, et réagit à des événements qui  risqueraient de perturber le système monétaire et financier international. Ce comité se compose de 24 membres qui sont des gouverneurs de Banques centrales, ministres ou autres responsables de rang comparable, et qui figurent  parmi les gouverneurs des 187 pays membres du FMI.

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