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Essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie : Un rapport médical relance les espoirs d’indemnisation

Des expertises sur un "lien vraisemblable" entre les essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie et les cancers des victimes exposées relance l’espoir pour changer une loi d’indemnisation

PUBLIE LE : 17-07-2012 | 23:00
D.R

Des expertises sur un "lien vraisemblable" entre les essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie et les cancers des victimes exposées relance l’espoir pour changer une loi d’indemnisation. L’enjeu est de taille pour les victimes potentielles puisque près de 150.000 personnes civiles ou militaires ont participé de près ou de loin aux 210 essais conduits au Sahara algérien et en Polynésie entre 1960 et 1996, mais une poignée seulement a obtenu des indemnisations. "Un lien vraisemblable existe entre les retombées radioactives des essais et les cancers de victimes exposées", a estimé mardi dans le journal le Parisien, un expert médical diligenté dans le cadre de l’information judiciaire ouverte à la suite de la plainte déposée en 2003 par des victimes.
Ce lien est établi dans six des quinze cas examinés par un expert en épidémiologie. Or, sur 720 dossiers portés par l’Association des vétérans des essais nucléaires français (AVEN) dans le cadre de la loi du 5 janvier 2010 sur l’indemnisation des victimes, quatre seulement ont donné lieu à indemnisation. "Il y a un point de contestation fort", a résumé Jean-Paul Teissonnière, l’avocat des victimes. "Pour le ministère de la Défense, les risques sont négligeables, et donc dans 99% des cas, il y a un refus d’indemnisation, même lorsque les gens ont une maladie prévue par la loi et qu’ils étaient à un endroit prévu par la loi" pendant les essais nucléaires, a-t-il expliqué. "Quand les mêmes dossiers sont soumis à un expert indépendant, ses conclusions sont radicalement différentes", a ajouté cet avocat. "Nous sommes dans une situation paradoxale où une loi d’indemnisation n’indemnise pas. Nous avons une loi qui ne fonctionne pas et les éléments qui nous sont présentés sont décisifs pour que la loi soit revue", a dit Me Teissonnière. Ces nouvelles expertises sont "porteuses d’espoir", a souligné de son côté Patrice Bouveret de l’AVEN. "Cela va permettre de relancer le travail des juges, huit ans après le dépôt de la plainte, et permettre aux juges de demander la levée du secret-défense en matière de mesures des retombées radioactives, et cela apporte des éléments pour modifier la loi" d’indemnisation, a-t-il noté.
L’AVEN entend s’appuyer sur ces expertises pour que la loi reconnaisse le "lien de causalité qu’il y a entre certaines maladies et le fait d’avoir été présent dans une zone d’essais nucléaires", a indiqué M. Bouveret. Le ministère français de la Défense avait annoncé en février dernier que les demandes d’indemnisation des civils et militaires qui ont participé aux 210 essais nucléaires français seraient réexaminées avec des critères d’indemnisation plus larges. Mais l’AVEN avait dénoncé un "effet d’annonce" qui ne changeait pas sensiblement les chances de réparation.
 

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