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Essais nucléaires en Algérie : La responsabilité de la France demeure toujours engagée

Au moment où la France était secrètement convaincue de l’inéluctabilité de la marche de l’histoire et de la fin de son empire coloniale, elle procédait le 13 février 1960, au premier essai nucléaire à Reggane sous le nom de code "Gerboise Bleue»

PUBLIE LE : 29-06-2012 | 23:00
D.R

Au moment où la France était secrètement convaincue de l’inéluctabilité de la marche de l’histoire et de la fin de son empire coloniale, elle procédait le 13 février 1960, au premier essai nucléaire à Reggane sous le nom de code "Gerboise Bleue». Le site de ces essais se trouvait dans la zone de Reggane, dans le Tanezrouf. La base avancée pour le tir était à Hamoudia. Un vaste espace de vie pour une population sédentaire. C’est là qu’ont eu lieu les quatre premiers tirs atmosphériques du 13 février 1960 au 25 avril 1961. Outre dans tout le Sahara algérien, les retombées radioactives ont été enregistrées jusqu’à plus de 3 000 km (Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, Khartoum, etc.). Notre confrère El-Djoumhouria a, ce jeudi, dans le cadre de son Forum mensuel ouvert ce dossier grâce aux travaux et communications de trois intervenants qui ont rappelé les dégâts causés à l’homme et à son environnement par les retombées radio actives. Abdelkadhoum El Aboudi, professeur de physique à l’université d’Oran, Ahmed Lagraa, ancien diplomate et écrivain et Rachid Bahri, président du Club Doyen des Médecins d’Oran. El Aboudi professeur ès physique à l’université a rappelé a l’assistance l’intensité de l’explosion du 13 février 1960. « Quatre fois supérieure à celle larguée par les Américains sur Nagasaki en 1945. » En fait, avec Gerboise bleue, la France a formé un quatuor de puissances nucléaire, après les États-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni. Cette explosion a été le plus grand essai de bombe à cette date, plus grand que l'américain « Trinity » (19 kt), le soviétique « RDS-1 » (22 kt), ou le britannique « Hurricane » (25 kt). Selon différentes sources et études, les  deux autres bombes A suivantes que la France a également fait exploser dans  le Sahara furent plus puissantes : « Rubis » (100 kt, 20 octobre 1963), et « Saphir » (150 kt, 25 février 1965). Toutes deux explosèrent dans des installations souterraines dans le Hoggar. A ce jour, les conséquences des irradiations sur les populations et les animaux de cette région saharienne sont manifestes, visibles. "Parmi les éléments radioactifs utilisés, le plutonium a une  durée de vie de presque de 5 milliards d’années", a rappelé le  Pr. El Aboudi pour prouver la permanence et la persistance un demi-siècle après les explosions  des pathologies cancéreuses et des malformations congénitale. M. Abdelkebir Matalli, qui fut wali à Adrar présent à ce forum, fera un témoignage poignant sur les souffrances des populations locales qui paient jusqu'à aujourd’hui le prix de ce crime . Il s’agit de se mobiliser pour faire aboutir les revendications de ces populations ont affirmé de nombreux intervenants qui se sont engagés à organiser un congrès international sur cette question.  
M. Koursi
 

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