mercredi 23 septembre 2020 20:14:19

3e congrès du dialogue Sud-Nord Méditerranée : Société civile et pouvoirs publics : pour quels partenariats ?

Mme Yasmina Taya, présidente du Comité Algérie pour le dialogue Sud-Nord et coprésidente du comité de suivi du dialogue Sud-Nord, à El Moudjahid : “Faire du 26 février la journée du dialogue”

PUBLIE LE : 08-06-2012 | 23:00
D.R

Pour M. Charles-Ferdinand Nothomb, ministre d’Etat belge et coprésident du congrès, le Congrès de Tunis doit  veiller à rester dans l’esprit de celui d’Alger qui a été un «grand succès, avec la participation de plus de 600 personnes». L’intervenant a ainsi rappelé que «la Déclaration d’Alger adoptée à l’issue du 2e congrès  doit demeurer le socle et le produit de base de notre action commune»

De notre envoyée spéciale à Tunis : Nadia Kerraz
Les travaux du 3e congrès du dialogue Sud-Nord Méditerranée pour une vision commune du futur, se sont ouverts jeudi à Tunis avec la participation de plusieurs délégations du pourtour méditerranéen représentant essentiellement la société civile dans sa diversité.

Des participants qui souhaitent  contribuer  à dépasser les difficultés par une réflexion solidaire et commune, équilibrée et sur le long terme. D’autant, est-il souligné, qu’en dépit des mécanismes politiques existants dans le cadre de la coopération multilatérale ou bilatérale entre Etats et peuples de la Méditerranée, il subsiste malgré les déclarations et accords une  difficulté, un malaise ou un frein dans le court terme à aller de l’avant, conformément à ce qui est souhaité.  
Toutefois, affirment les initiateurs de cette initiative et ceux qui y ont souscrit, mouvement européen, ONG européennes d’une part  et comités nationaux représentant les sociétés civiles, il ne s’agit nullement de se substituer aux Etats, même si du côté nord de la méditerranée, une tentation, qui apparaît en filigrane dans les déclarations de ses représentants à travers notamment  le centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, de Casa Méditerranée qui relève du gouvernement espagnol, de manager  la société civile de la rive sud. La forte et  qualitative présence européenne à ce congrès est un signe qui ne trompe pas.
Pour preuve, la référence au printemps arabe et l’accent mis sur la «période historique»  que vit cette région. Dans son allocution de bienvenue,  M. Ben Jaâfar, le président de l’Assemblée nationale constituante tunisienne, a abondé dans ce sens. S’agissant, du moins de son pays, il indiquera que «ce congrès revêt une importance particulière pour la Tunisie au moment où elle est engagée dans un processus de réforme visant la mise en place d’une démocratie participative». Et d’ajouter que  «si la presse est considérée comme le quatrième pouvoir, la société civile peut devenir dans les pays en voie de transition démocratique le cinquième, «dans la mesure où elle peut être le vivier de  leaders démocratiques». Pour ce qui du partenariat Sud-Nord, l’intervenant estimera  qu’il faut qu’il soit avantageux de la même manière aux pays des deux rives, mettant en garde l’Europe contre la tentation de devenir une citadelle entourée de pays pauvres.  Pour sa part, M. Charles-Ferdinand Nothomb, ministre d’Etat belge et coprésident du congrès, a  souligné dans son allocution préliminaire la nécessité pour le Congrès de Tunis de demeurer dans l’esprit de celui d’Alger qui a été un «grand succès avec la participation de plus de 600 personnes».
L’intervenant a ainsi rappelé que «la Déclaration d’Alger adoptée à l’issue du 2e congrès doit demeurer le socle et le produit de base de notre action commune». Et le ministre d’Etat belge d’ajouter que cette déclaration est devenue par la force de sa pertinence la charte commune de la société civile euro-méditerranéenne. La Déclaration d’Alger a mis l’accent sur la nécessité de promouvoir la participation de la société civile dans les pays. C’est pourquoi M. Nothomb estimera qu’il faut «approfondir  cette recherche à Tunis».
N. K.

---------------------------

Mme Yasmina Taya, présidente du Comité Algérie  pour le dialogue Sud-Nord et coprésidente du comité de suivi du dialogue Sud-Nord, à El Moudjahid :
“Faire du 26 février la journée du dialogue”

A quelle logique obéit votre participation à ce congrès ?
Comme nous l’avons résumé au cours de la réunion préparatoire d’Alger, le con-grès de  Tunis  ordinaire, et    M. Nothomb  l’a rappelé  lors de sa déclaration préliminaire,  est un congrès qui obéit à cette logique, à ce calendrier qui a été défini et fixé à Alger le 26 février 2006, à  savoir la tenue d’un congrès tous les trois ans et alternativement, dans un pays du Sud puis dans un pays du Nord. Après Alger en 2006 et Alicante en  2009, cette année, le congrès se tient à  Tunis à l’invitation de la Tunisie. Le lieu du  prochain congrès, on ne le connaît pas encore. Il aura lieu peut-être en   Italie.

Cela va se décider quand ?
Cela va se décider à l’issue de ce congrès ou dans les mois qui suivent. Un pays adressera une invitation et fera part de son désir  d’accueillir le quatrième congrès au comité de suivi, composé de 9 membres et 3 vice–présidents. Nous allons définir les thématiques qui seront discutées.  Ce qui ressort aujourd’hui de cette première journée (jeudi) et des propos de nombreux participants, c’est que  la question des  flux migratoires, et cela prouve que nous ne nous sommes pas trompés à Alger en mettant l’accent sur ce thème, soit  re-débattu parque la donne a changé depuis 2006 et la problématique se pose avec acuité dans notre région.
L’Europe voudrait faire jouer aux pays de la rive Sud le  rôle de sentinelle. Le mot a été utilisé aujourd’hui. Mais selon  moi, il faudrait une stratégie régionale au niveau gouvernemental d’abord et au niveau de  la société  civile en  tant qu’animatrice du développement,  de  la sensibilisation et porteuse d’information.  On parle beaucoup des gens qui  réussissent et parviennent sur la rive nord, mais on ne parle pas de ceux qui échouent. I
ls sont invisibles. Il  y a quelques cas qui réussissent et quelques flux d’images qui plébiscitent le Nord. Plus cette barrière des formalités de délivrance des visas persiste, plus l’envie des jeunes - qui ont besoin de connaître ce qui s$e passe ailleurs, c’est dans leur nature -sera grande. Les mouvements des flux migratoires ne sont pas exclusivement liés à des con-flits ou à des situations économiques défavorables, mais très souvent les jeunes partent pour découvrir autre chose et ça c’est par rapport aussi aux images qui sont déversées par toutes les télévisions occidentales que nous recevons. On a plébiscité l’Occident qui est aujourd’hui en crise, en décroissance. Alors qu’en Algérie nous sommes dans une période de croissance qui génère de l’emploi, de la richesse. Il faut apporter la juste parole.

L’une des propositions du Comité Algérie est de faire de la journée du 26 février la  journée du dialogue...  
Je crois que c’est une proposition très logique, et j’espère que les autres nous sui- vront. Mais on voudrait l’instauration d’une journée du dialogue qui rapprocherait les comités nationaux. On pourrait envisager des actions communes; c’est une proposition qui est déjà dans les conclusions de notre rencontre d’Alger et j’espère qu’elle sera adoptée. Qu’on sorte avec quelque chose de tangible après l’observatoire qui a été créé à Alger et qui jouera son rôle de lien et de transmission d’informations sur ce qui se passe dans les comités des associations civiles ; elles sont actives mais pas suffisamment visibles. L’observatoire va permettre de  rendre visibles les actions que nous sommes appelés à entreprendre en commun.

L’acte fondateur du dialogue Sud-Nord semble avoir été la déclaration d’Alger...
Tout à fait. Aujourd’hui M.  Nothomb a appelé cette déclaration la charte du dialogue. Dans la bouche d’un ministre d’Etat, ce n’est pas un hasard, ni un compliment gratuit. C’est à partir d’Alger et des efforts qui ont été faits par la société  civile algérienne, nous sortions d’une période particulièrement difficile et où la  société civile a mesuré la portée de son action, a mesuré la portée de l’ouverture et les conséquences néfastes des cloisonnements.
Propos recueillis par N. K.      

---------------------------

Comité Algérie pour  le dialogue Sud-Nord
Une présence active
Présent à Tunis, le Comité Algérie pour le dialogue Sud-Nord, présidé par Mme Taya Yasmina,  fort d’une vingtaine de personnes, issues de différentes organisations de la société civile (SEVE, Association nationale santé jeunesse, Association culturelle pour le développement et l’épanouissement de la jeunesse algérienne, le réseau NADA, l’Association de la femme rurale et la CNPPDDH) ne fait pas dans la figuration. La délégation algérienne qui participe à ce congrès compte ainsi bien apporter sa pierre à l’édification de ce dialogue souhaité de part et d’autre de la Méditerranée. Lors de la réunion préparatoire  du congrès de Tunis, tenue le  26 mai dernier à Alger, au siège de l’Observatoire de la société civile euro-méditerranéenne, inauguré solennellement par M. Nothomb, les participants qui ont eu à débattre des différents thèmes soumis au débat lors des  six ateliers mis en place à l’occasion de ce 3ème congrès (coopération des pouvoirs publics avec la société civile dans les domaines de la mobilité des personnes, de l’éducation et de la formation,  dans le domaine culturel, économique et social, dans  l’intergénérationnel,  comment développer le rôle de la société civile et enfin comment améliorer les réseaux méditerranéens des organisations de la société civile coopération) ont émis des propositions visant à enrichir la déclaration finale de Tunis.  Ainsi l’accent sera particulièrement mis sur l’éducation puisque le Comité Algérie propose de mettre l’éducation citoyenne au cœur des programmes. Pour ce faire, il sera proposé d’envisager l’élaboration d’une charte de l’éducation. La seconde proposition que le Comité Algérie compte faire aboutir est celle de faire de la journée du 26 février, date de l’adoption en 2006 de la Déclaration  d’Alger, la journée du dialogue qui sera commémorée par tous les Comités au Nord comme au Sud, pour promouvoir la tolérance, le respect de l’autre, le partenariat et l’amitié.                     |
N. K.
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions