lundi 21 septembre 2020 07:06:35

Bactéries résistantes aux antibiotiques : «La situation est critique mais pas désespérée»

Des bactéries de plus en plus résistantes, et pas assez de nouveaux antibiotiques pour les combattre. C'est sur cette inquiétude que se clôture ce mardi la conférence mondiale sur les maladies infectieuses (ICAAC) de Boston.

PUBLIE LE : 15-09-2010 | 20:02
D.R

Des bactéries de plus en plus résistantes, et pas assez de nouveaux antibiotiques pour les combattre. C'est sur cette inquiétude que se clôture ce mardi la conférence mondiale sur les maladies infectieuses (ICAAC) de Boston. Le fameux gène NDM-1, improprement présenté comme une «superbactérie», est au centre de toutes les attentions. Mais il n'est pas la seule menace.
«NDM-1 est un gène de résistance», a expliqué Jean-Pierre Marcel, expert bactériologiste, membre de la société française de microbiologie. Un gène qui rend les bactéries qui le contiennent résistantes aux carbapénèmes, famille d'antibiotiques considérée comme la plus puissante, notamment active sur les bactéries multi-résistantes.
Transmission d'une bactérie à l'autre
Au départ, raconte Jean-Pierre Marcel, ce gène a été détecté sur une bactérie inoffensive. Mais on le trouve désormais sur des entérobactéries, de virulence certes moyenne, mais qui peuvent être responsables d'infections mortelles dans certains cas et dont certaines doivent être traités par des carbapénèmes.
«Des éléments d'ADN se transmettent d'une bactérie à l'autre», explique Didier Mazel, qui dirige une unité de recherches sur les mécanismes de multirésistance à l'Institut Pasteur. D'où la crainte désormais que le gène «se répande à d'autres bactéries», indique le spécialiste.
Les antibiotiques pas assez rentables
pour les labos
«Actuellement, aucune bactérie n'est résistante à tous les antibiotiques, mais c'est une crainte», reconnaît Jean-Pierre Marcel. Le risque : «la convergence du gène vers une bactérie virulente et qui se diffuse rapidement», et son intrusion en milieu hospitalier, «véritable incubateur».
Si tel était le cas, il faudrait utiliser de nouveaux antibiotiques. Problème : «développer des nouvelles molécules coûte plusieurs dizaines de millions d'euros, et même plus», indique Didier Mazel. Et selon lui, le retour sur investissement n'est pas intéressant pour les laboratoires.
 

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