lundi 28 septembre 2020 19:52:59

Tentative de harga avortee : Cerner la problématique

Deux tentatives de harga avortées, à Annaba, il y a quelques jours, viennent rappeler que le phénomène de l’émigration clandestine, même s’il n’est pas l’apanage de l’Algérie, épouse incontestablement des allures gravissimes.

PUBLIE LE : 20-01-2012 | 23:00
D.R

A Annaba, comme dans d’autres régions, le mythe du harag ne cesse de se répandre comme se diffuse un phénomène de mode.  Cette vérité amère se vérifie à chaque fois que le temps paraît clément. Une tentative succède à une autre. Beaucoup, sinon la plupart, sont vouées à l’échec. Sans pour autant que les candidats ne se soient résolus à la raison et ne renoncent à ce qui s’apparente souvent à une offrande à la mer. Les colonnes de la presse nationale nous apprennent quasi régulièrement que des haraga ont été interceptés, que d’autres ont simplement été  portés  disparus et des corps, d’autres encore, ont été refoulés par la mer. Les statistiques macabres viennent aussi rappeler que ce sont les jeunes en mal de repères qui rêvent de partir sous d’autres cieux où il ne fait plus bon vivre depuis que la crise frappe de plein fouet les économies nationales des pays réceptacles. La destination Europe n’est plus ce qu’elle fut, cet Eldorado rêvé à satiété, depuis que le chômage sévit et que la ségrégation a repris droit de cité à l’endroit de l’autre. Le concept de «l’émigration sélective» donne la pleine mesure au refus inavoué de l’étranger dont le tort est d’avoir cru en le chant des sirènes. Faut-il incriminer le jeune harag ?  Pour beaucoup, s’il y a eu prise de conscience quant au fait de se pencher sérieusement sur la question en tant que véritable phénomène de société, il n’en demeure pas moins que  la criminalisation de l’acte de harga n’apporte pas la  solution idoine, d’autant plus que les candidats à la harga sont plutôt victimes d’une conjoncture.
 Les effets des crises multiples vécues par le pays font que les jeunes traversent une période des plus difficiles dans les annales du pays. Le rétrécissement des espaces nécessaires à leur épanouissement, le chômage qui continue de sévir, entre autres, alimentent leurs appréhensions de l’avenir.  D’autres déplorent le fait que  les solutions de fond de nature à endiguer ce phénomène tardent à être apportées au problème. C’est dire qu’il y a urgence  à cerner sérieusement la problématique, en allant aux origines du drame, pour mettre en synergie les efforts de tous dans la prise en charge des besoins des jeunes. L’enjeu est assurément de taille.  Le Président, qui avait cerné, dans un de ses discours, toutes les facettes de la crise de la jeunesse, avait suggéré beaucoup de pistes de nature à soustraire les jeunes de l’état dans lequel ils sont acculés. Ce n’est pas là une entreprise utopique si l’effort national venait à converger vers l’impératif qu’il y a à donner l’efficience aux moyens mobilisés par les pouvoirs publics pour concrétiser au mieux la politique de l’Etat mise en œuvre au profit des jeunes, qui ne peuvent rester en marge des mutations nationales. Et il en ainsi pour les jeunes diplômés des universités auxquels il faut donner des possibilités réelles d’intégration dans le processus d’édification nationale. Les multiples dispositifs mis en place au bénéfice des jeunes pour parer au plus pressé ne doivent pas occulter l’effort qu’il y a à faire pour déverrouiller le marché du travail, seul à même d’ouvrir des perspectives et empêcher par-là même la fuite vers d’autres horizons.   
S. Lamari    

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