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Céréaliculture, Objectif : 25 quintaux/ha à court terme

L’OAIC s'est lancé, dès cette année, dans le créneau des légumes secs qu'il cède à des prix entre 30 et 40% moins chers, que les prix pratiqués sur le marché intérieur.

PUBLIE LE : 30-10-2011 | 23:00
D.R

L’OAIC s'est lancé, dès cette année, dans le créneau des légumes secs qu'il cède à des prix entre 30 et 40% moins chers, que les prix pratiqués sur le marché intérieur.

La filière céréalière représente 70% de la ration calorique quotidienne des Algériens, une production assurée par 600.000 céréaliculteurs et une superficie emblavée annuellement estimée à 3,3 millions d'hectares. Toutefois, en dépit de l'amélioration de la productivité à l'hectare ces trois dernières années (42 et 62 millions de quintaux), les importations continuent d'alourdir la facture alimentaire du pays avec un seuil de 2,2 milliards de dollars atteint en 2011. Cette situation s'explique par deux raisons essentielles, à savoir la flambée des cours sur les marchés internationaux qui ont doublé depuis 2009 pour atteindre 526 dollars la tonne de blé dur en 2011, ainsi que la décision, prise par  l'Etat en 2011, d'augmenter le niveau d'attribution des demandes des fournisseurs pour élever les quotas de 50 à 60% pour les transformateurs privés, ce qui s'est traduit par une augmentation du volume du niveau de distribution des céréales et, évidemment, le coût de la production et de la facture. Cette augmentation, a souligné hier M. Noureddine Kehal, directeur général de l'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAlC), est permanente pour les 60%, et peut augmenter jusqu'à 70% en cas de nécessité. Pour l'heure, l'office s'adapte à la demande du marché. En effet, “nous connaissons les périodes de haute consommation des semoules et des farines, ainsi que les saisons basses, et c'est là le rôle de régulation de l'office qui suit la demande et assure la disponibilité du produit sur le marché en fonction des tendances de consommation”, a affirmé l'invité de la rédaction de la Chaîne III. Aussi, a-t-il déclaré, “l'importation reste ouverte pour tous ceux qui, sur le plan réglementaire, possèdent un registre du commerce”. Actuellement, les transformateurs n’importent pas, pour la simple raison que les coûts du blé sur le marché international sont largement supérieurs aux coûts pratiqués par l'office au profit de ces transformateurs. Ainsi, tout le monde se rabat sur le programme de régulation de l'office, ce qui se traduit par une augmentation de la variation au niveau de la distribution qui reste liée à cette conjoncture et à la fourchette des prix au niveau des marchés extérieurs et national. En matière de capacités de stockage et pour cette année, de façon particulière, et de la possibilité à pouvoir réguler le marché, M. Noureddine Kehal a indiqué que le niveau d'importation correspond à celui de la couverture des besoins du marché intérieur pour l'année 2011 et le premier semestre de l'année prochaine. Abordant le chapitre du soutien à la filière, il précise qu'en plus de l'apport de l'Etat, l'office a mis en place un dispositif d'accompagnement de tous les céréaliculteurs à travers un crédit fournisseur accordé directement par l'office, ainsi que 1.000 moissonneuses-batteuses acquises au profit de la section motoculture qui intervient sur l'itinéraire technique. Il s'agira, à court terme, d'atteindre 25 quintaux à l'hectare, un objectif qui est mis en œuvre depuis deux ans. “Nous comptons entraîner cette dynamique d'amélioration du rendement pour arriver à couvrir au maximum les besoins du marché dont 50% sont importés actuellement”, dit-il dans ce sens. En fait, le soutien de l'office consiste à accorder tout ce qui est préfinancement pour les agriculteurs en plus du soutien de l'Etat qui accorde 20 à 30% d'aides pour les engrais, en sus d'un soutien de 30 à 60% pour le matériel agricole, alors que 500 millions de centimes sont accordés au titre du crédit fournisseur par l'office. Concernant la superficie emblavée annuellement, soit 3,3 millions d'hectares, le DG de l'OAlC estime que cette dernière correspond à l’objectif, d'autant plus que « nous avons des terrains reconnus potentiellement valables pour la céréaliculture pouvant être valorisés et exploités avec des niveaux de rendement de 25 quintaux/ha à court terme”. Aussi, l'irrigation à point constitue, pour le cas de notre pays, une solution à la contrainte climatique avec un objectif de un million d'hectares à réaliser à court terme. Il s'agira également d'intensifier l'utilisation des intrants (engrais, semences réglementaire... ), estime-t-il. La création du club des cinquante (producteurs de plus de 50 quintaux) s'inscrit justement dans cette dynamique qui consiste à encourager, à travers la mécanisation de l'intervention, la généralisation de l'irrigation à point et le traitement des mauvaises herbes, ainsi que la récolte au moment opportun, ajoute-t-il. En ce qui concerne la production des semences, depuis quatre ou cinq ans, l'office est arrivé à l'autosuffisance en la matière. En 2011, nous avons produit 2,250 millions de quintaux de semences réglementaires contre 1,450 millions de quintaux distribués en 2010, et ce selon les normes internationales, a affirmé l'intervenant. Pour ce qui est des capacités de stockage, l'office est en train de réaliser une fiche technique d'investissement qui portera sur la réalisation de 8,2 millions de quintaux. L'opération est en cours, l'appel d'offres a été lancé et est en cours d'exploitation, alors que sa mise en œuvre interviendra probablement au début de 2012. En attendant, l'office a décidé d'utiliser toutes les capacités de stockage, publiques et privées,  les portant à plus 50 millions de quintaux actuellement. Une nouveauté, toutefois, l'office s'est lancé, depuis cette année, dans le créneau des légumes secs qu'il cède à des prix variant entre 30 et 40% moins chers que ceux pratiqués sur le marché intérieur pour assurer la disponibilité en complément avec le privé. Tous les produits en possession des coopératives concernent les lentilles, les pois chiches, le haricot et le riz vendus aux demi-grossistes ou aux supérettes à des prix inférieurs au coût du marché intérieur. Les stocks actuels peuvent couvrir jusqu'à cinq mois, a affirmé M. Kehal. “Nous pouvons intervenir à tout moment pour réguler ces produits”, a-t-il indiqué, précisant que les stocks disponibles constituent des achats d'opportunités opérés sur les marchés extérieurs et que l'opération est permanente.            
D. A.

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