mardi 20 octobre 2020 12:39:31

Manal Kamilia Hadj Said, championne d’Afrique De Karaté (Kata) : «Une médaille d’or aux championnats du monde est mon objectif»

Championne du monde juniors en 2009, Manal Kamilia Hadj Said a dominé le Karaté Kata au niveau continental lors de cette décennie avec cinq médailles d’or. Elle revient dans cet entretien sur ses objectifs à l’échelle mondiale, à savoir une qualification aux Jeux olympiques et un podium aux Championnats du monde 2021 qui auront lieu à Dubai.

PUBLIE LE : 27-09-2020 | 0:00
D.R

Entretien réalisé par Kader Bentounes

Championne du monde juniors en 2009, Manal Kamilia Hadj Said a dominé le Karaté Kata au niveau continental lors de cette décennie avec cinq médailles d’or. Elle revient dans cet entretien sur ses objectifs à l’échelle mondiale, à savoir une qualification aux Jeux olympiques et un podium aux Championnats du monde 2021 qui auront lieu à Dubai.

El Moudjahid : Vous avez commencé l’année 2020 par deux médailles continentales au Maroc. Comment était le niveau de la compétition ?
Manal Kamilia Hadj Said : Le niveau de la compétition était élevé. Il faut savoir que le niveau africain a beaucoup évolué et qu’il est de plus en plus difficile de s’imposer. J’ai rencontré en demi-finale la Marocaine qui est bien classée au ranking mondial, et en finale l’Egyptienne qui était vice-championne du monde en 2016. J’ai fait un parcours honorable et ces deux médailles d’or me permettent de revenir sur le devant de la scène. Maintenant, cap sur la qualification aux Jeux olympique, et pourquoi pas une médaille...

  L’activité sportive est à l’arrêt. Cela affecte-t-il le karatéka lors de la reprise de compétition ?
C’est sûr qu’il y aura un impact lors de la reprise, et personne ne sait comment sera la réaction des sportifs lors des prochaines compétitions. Pour le Kata, je peux m’entraîner seul. Pour le Kumiti, le karatéka peut s’entrainer seule, mais il est préférable de s’entraîner avec un partenaire pour garder ses repères et avoir un contact réel.

Pouvez-vous nous expliquer brièvement la différence entre le Kata et le Kumini ?
Le Kata est un combat imaginaire entre plusieurs personnes virtuelles. C’est un exercice qui demande beaucoup de concentration, de la force, de la vitesse, du rythme et de la stabilité. Le pratiquant du Kata doit bénéficier d’une bonne remise en forme. C’est pour ces raisons et d’autres que le Kata est plus difficile que le Kumité qui est un combat entre deux adversaires dont le gagnant est celui qui remporte le plus de points.

Dans quel type de Karaté êtes-vous   spécialisée ?  Quelles sont les raisons de ce choix ?
Je suis spécialisée en Kata. Je pratiquais les deux au début de ma carrière, j’étais même championne arabe en Kumité jusqu’à l’année 2009 où j’ai été championne du monde en Kata. J’étais obligée de choisir une spécialité pour le professionnalisme. J’ai longuement hésité entre les deux car j’ai été championne d’Algérie en Kumité entre 2004 et 2009, et même en équipe nationale, je pratiquais le Kata et le Kumité, et le choix a été très difficile. J’ai opté finalement pour le Kata, car c’est le plus difficile. C’était un défi pour moi, sachant qu’en Kumité, il y a cinq catégories, c'est-à-dire cinq gagnants dans chaque compétition, tandis qu’au Kata, il y a un seul vainqueur dans une compétition.

Les karatékas de haut niveau participent-ils à suffisamment de tournois mondiaux ?
Il y a des tournois de première ligue dans lesquels il y a beaucoup de points pour la qualification aux Jeux olympiques.  Au début, on participait à beaucoup de tournois, mais récemment, la Fédération n’avait pas assez de moyens pour pouvoir assurer la participation à plusieurs tournois, et c’était le grand bémol. Ça a régressé notre niveau et ça a eu un impact sur la non-qualification aux JO, parfois à cause du visa, d’autres fois par manque de moyens financiers… Il faut au minimum neuf tournois par an pour pouvoir être au top et faire le poids avec les grandes nations. On souhaite revenir en force, il nous reste le tournoi Mohamed VI au Maroc et le tournoi qualificatif de Paris et celui du Portugal, auxquels on doit prendre part.

Quels sont les petits détails qui font la différence au niveau mondial ?
Les championnats du monde se jouent toujours sur les petits détails. Le facteur de l’expérience est très important ; ajoutons à cela la présence aux tournois qui joue un rôle essentiel, car les arbitres ont tendance à avantager les sportifs qui participent beaucoup aux compétitions. Il y a aussi les détails de la technique, mais je dirai que la forte participation aux tournois majeurs est obligatoire pour faire la différence au podium.

Après avoir fait le plein au niveau africain, les fans attendent un titre mondial seniors... S’agit-il d’un objectif ?
J’ai remporté cinq titres africains, et il est vrai que mon ultime objectif est de faire un podium au niveau mondial en seniors. J’ai en fait deux objectifs : le premier est une qualification aux Jeux olympiques et pourquoi pas une médaille, le deuxième et le plus important est de remporter le championnat du monde qui aura lieu au mois de novembre 2021 à Dubai. Je ferai mon maximum pour réaliser cet objectif.

Le karaté sera présent aux JO 2021. Comment se déroulent les éliminatoires ?
Décrocher sa qualification aux Jeux olympiques est très difficile, surtout pour le Kata. Seuls dix athlètes prendront part aux JO de Tokyo, ce qui est vraiment peu, du moment qu’aux championnats du monde de Kata, des centaines de nations prennent part au rendez-vous. La présence de dix athlètes sur une centaine de pays veut dire que la crème des karatékas sera au rendez-vous. Cela dit, je ne ménagerai aucun effort pour décrocher la qualification et honorer l’Algérie à Tokyo.

Comment évaluez-vous le niveau des jeunes catégories ? Ont-elles, selon vous, les capacités de se distinguer sur les plans continentaux et mondiaux ?
Il y a un bon niveau pour les jeunes catégories. Ils sont bien encadrés par Samir Slimani qui est DTN des jeunes talents et qui fait un travail remarquable. Avec plus d’ambition et d’efforts individuels, je leur souhaite la réussite au niveau continental et mondial.
Avez-vous l’intention de vous consacrer à l’entraînement en fin de carrière ?
Je ne peux pas imaginer passer une journée sans m’entraîner. Après ma carrière, je souhaiterais entraîner et continuer dans ce domaine, et ce, dans le but de partager mon expérience et mon savoir-faire avec les prochaines générations.
K. B.

 

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