Commerce extérieur : L’Algérie appelée à se positionner en Afrique

Les statistiques et les données des échanges de l’Algérie avec les pays africains renseignent sur l’intérêt pour notre pays de se tourner vers le continent.
PUBLIE LE : 16-09-2020 | 0:00

Les statistiques et les données des échanges de l’Algérie avec les pays africains renseignent sur l’intérêt pour notre pays de se tourner vers le continent.

L’absence sur le continent est une erreur de stratégie qui a coûté au pays en matière de pertes de parts de marché alors que le potentiel national à l’export permettait de meilleures performances. Un manque à gagner considérable illustré à travers les statistiques de l’agence nationale de promotion du commerce extérieur, pour 2018, montre que «les échanges commerciaux de l’Algérie avec l’Afrique demeurent faibles en ne dépassant pas 3 milliards de dollars par an et s’effectuent à 96% avec seulement 5 pays du continent.
Le premier responsable de cette agence avait indiqué que les exportations hors-hydrocarbures vers l’Afrique s’élevaient à seulement 206 millions de dollars, soit 12% du volume global des exportations, avec 78% exportés vers 5 pays. Selon ce même responsable, «si la logistique manque et que le système bancaire ne suit pas, il est donc logique de ne pas être à la hauteur des ambitions affichées». Par conséquent, «pour s’imposer sur les marchés en Afrique ou ailleurs dans le reste du monde, il faut faire en sorte de densifier les réseaux commerciaux et internationaliser les activités des entreprises».
On retient ainsi que sur l’ensemble du continent africain, cinq pays sont clients de l’Algérie, ce qui dénote de la faiblesse des performances du commerce extérieur de l’Algérie au niveau africain. Concernant les exportations, le Maroc, la Tunisie et l’Egypte cumulent 90% des exportations algériennes vers l’Afrique alors que pour les importations, ces trois pays représentent 84% des importations algériennes des pays africains, selon des chiffres avancés par le Dr Yazid Boumghar.  
Il explique dans une contribution sur le sujet que «la structure des exportations de l’Algérie vers ses partenaires africains n’échappe pas à celle connue pour le reste du monde». En effet, «les hydrocarbures représentent au moins 94% pour des pays comme la Tunisie et le Maroc et la quasi-totalité pour l’Egypte (99%)».
Par contre, précise-t-il, «les importations sont plus diversifiées que les exportations». A titre d’exemple, dans le cas de l’Egypte, « premier fournisseur de l’Algérie, les importations de l’Algérie de ce pays tournent essentiellement autour de trois produits qui représentent 40% des importations». Concernant la Tunisie, «second fournisseur de l’Algérie, les importations sont moins concentrées que celles avec l’Egypte. Il est à noter que cinq produits représentent à eux seuls 50% de la valeur des importations. Enfin, «pour le Maroc, troisième fournisseur, la répartition est identique à la Tunisie en termes de produits mais avec des proportions plus importantes». Selon l’auteur de l’analyse, «l’Algérie a un potentiel à l’export vers l’Afrique de l’ordre de 118 millions de dollars non encore exploité.  Aussi, «le défi est d’accéder à des marchés dont le seul moyen de transport possible est la voie terrestre. La transsaharienne». La transsaharienne s’impose à ce titre comme un moyen d’intégration régionale.                                                                                                                           
D. Akila


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