mardi 22 septembre 2020 15:19:06

Poursuite de la sixième édition du festival national de la musique chaâbi au TNA : Une pléiade d’artistes

Rencontre avec Abderrahmane El-Kobi : “Le chaâbi se ressource”

PUBLIE LE : 22-08-2011 | 23:00
Ph : Billal

La cinquième  soirée de la 6e édition du Festival national de la chanson chaâbi, qui se poursuit jusqu’aujourd’hui au Théâtre national d’Alger (TNA), a été marquée par l’entrée en lice de nouveaux finalistes.
Dès l’entrée dans la salle du TNA, les nombreux présents, dont la majorité est composée d’hommes, sont plongés dans l’ambiance des «quaâdate chaâbi» d’antan, avec une scène richement décorée de tapis traditionnels, de plateaux de cuivre, sertis de théières finement ciselées aux reflets argentés et divers ustensiles nécessaires au décor d’une une soirée ramadanesque. Le premier finaliste à entrer sur scène est l’artiste algérois Seni Mahmoud Sofiane de Bab El- Oued, vêtu d’une tenue traditionnelle, une djellaba marocaine finement brodée. Accompagné de l’orchestre national de la musique chaâbi, il entama de sa voix émouvante un qcid qui finira au bout d’une dizaine de minutes par des louanges au Prophète Mohammed (QSSSL). Sa prestation sera fortement applaudie. Il sera suivi par Boudia Othmane de Mostaganem, qui enchantera les présents par une qacida intitulée Sir ya naker lahssen, de cheikh el Nedjar. Bien que le jeune candidat, un peu intimidé, montrait des signes d’un léger trac sur la scène, cela ne l’a pas empêché d’être fortement applaudi par les mélomanes présents qui ont suivi avec attention ce qcid qui à été chanté presque par tous les grands noms du chaâbi, en l’occurrence El-Hadj Mohamed El-Anka, Guerrouabi, Amar Zahi... A la dernière note, une salve d’applaudissements salue la prestation du candidat qui a su transcender l’obstacle de la compétition pour offrir un récital digne de ce nom.
Le candidat Younes Abdessamed Bahri, venu d’Oran, a aussi suscité l’admiration du public qui a apprécié son interprétation d’un classique de la musique chaâbi, et c’est sous les applaudissements nourris du public qu’il quittera la scène avant de la céder à Alaâ Bennassar Bouaziz de Skikda.  C’est avec beaucoup de maîtrise et de talent qu’il rendra hommage à Kamel Messaoudi. La compétition de cette cinquième soirée a été clôturée par l’interprétation du candidat de Béjaïa, Nachaz Mahmoud. Notons que  chaque candidat a reçu son diplôme  et un bouquet de fleurs au terme de son passage sur scène.
Pour ce qui est de la seconde partie de la soirée, elle a été animée par cheikh Abderrahmane Kobi, qui a littéralement transporté les présents dans une ambiance de recueillement et de piété avec l’interprétation d’un m’dih et de chants religieux, sous le tonnerre d’applaudissements des présents qui ont salué son excellente prestation.
Kafia Ait Allouache

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Rencontre avec Abderrahmane El-Kobi : “Le chaâbi se ressource”

Que pouvez-vous nous dire sur cet événement ?
En premier lieu, j’aimerais bien vous dire que je suis bien content d’être ici ce soir. De partager ces moments avec le public ainsi qu’avec ces jeunes talents qui seront les professionnels et les maîtres de demain. Cet événement montre bien que le chaâbi existe toujours, et il demeure à jamais. La preuve est bien là ce soir avec ces jeunes talent qui s’engagent dans ce domaine, qui interprètent des qçaïd difficiles, mais surtout qui veulent réussir pour mener une carrière professionnelle. Cet événement est une véritable cure pour la sauvegarde du patrimoine chaâbi après un recul connu surtout dans la décennie noire qu’a connue notre pays. Tout simplement, je souhaite qu’il dure pour la découverte d’autres talents.

Que pensez-vous de ces jeunes ?
Je peux vous dire que la qualité du niveau des finalistes, qui sont montés jusqu’à présent sur scène, est bonne. Ils ont une bonne présence, une bonne élocution. Entre autres, on peut déceler aussi une réelle soif d’apprendre chez ces finalistes. Je trouve qu’il y a une bonne relève qui va porter le flambeau du chaâbi tel que nous l’avons fait jadis. On peut dire que le chaâbi se ressource avec l’apport de jeunes chanteurs. 

Quel conseil donneriez-vous à ces jeunes ?
Je leur dit de ne par faire du chaâbi un moyen d’enrichissement. Il faut tout d’abord aimer ce qu’on fait. Il faut aussi avoir une grande volonté pour  percer, mais, auparavant, il faut beaucoup travailler pour espérer gagner des galons. L’orgueil et l’excès de zèle n’ont pas leur place dans le monde du chaâbi, qui est un entourage populaire. Il faut être humble, simple et rigoureux dans le travail. Il est aussi important d’écouter les grands maîtres du chaâbi et tirer profit de leur riche expérience.

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