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Offensive du 20 août 1955 à Skikda : Rejoindre les rangs de l’ALN, unique choix pour recouvrer l’indépendance

Une offensive audacieuse affrontée par des représailles féroces

PUBLIE LE : 23-08-2020 | 0:00
D.R

L’offensive du 20 août 1955 dans la wilaya de Skikda a constitué un message direct au colonialisme français, pour lui signifier que «le peuple algérien rejette toute autre alternative à l’indépendance en rejoignant massivement les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN)», assurent des moudjahidine de la région. «L’organisation minutieuse de cette offensive de grande envergure contre des points névralgiques de l’occupation a amené la France à prendre conscience qu’elle faisait face à une véritable guerre et, pis encore, que le peuple algérien enlace cette révolution», indique, dans une déclaration à l’APS, à la veille de la célébration du 65e anniversaire de l’offensive du Nord- Constantinois, le moudjahid Ahmed Hafsi, âgé de 86 ans. «Dans les jours qui suivirent cette vaste opération de l’ALN, l’armée coloniale française a lancé des représailles sauvages contre les citoyens et a œuvré à saisir tous les fusils de chasse possédés par les citoyens», ajoute ce moudjahid, dont le souvenir des atrocités de la soldatesque française demeure encore vivace dans son esprit.
 Des massacres collectifs n’ayant épargné ni femmes, ni vieillards, encore moins des enfants, ont été perpétrés par l’armée coloniale française sur plusieurs sites de la région, relate non sans émotion le moudjahid Hafsi. «Les objectifs de l’offensive étaient d’amener la Révolution au cœur des zones colonisées du Nord-Constantinois, de cibler des bases de l’occupation, de briser l’embargo imposé à la région des Aurès et de détruire le mythe de l’armée française invincible et les mensonges médiatisés qui s’acharnaient contre la Révolution la réduisant à des actes isolés de hors-la-loi et de brigands,» soutient ce moudjahid. Âgé alors de seulement 21 ans, Ahmed Hafsi garde, plus de six décennies après, une mémoire intacte et tient à transmettre aux jeunes générations l’histoire du combat et des sacrifices consentis par leurs aînés pour le recouvrement de l’indépendance et du droit de vivre libre et fier sur leur terre. «Le 19 août 1955, les moudjahidine sont descendus des maquis vers les villages, pour recruter des citoyens et collecter des armes et munitions, puis constituer des groupes ayant chacun une mission, dont la fermeture des routes et la préparation d’embuscades. Chaque deux djounoud étaient assistés et appuyés de 15 civils et les groupes ainsi constitués ont quadrillé la ville de Skikda de tous les côtés des quartiers Bouabez, La Carrière romaine, Bab El-Aouras et Sebaa Abar aux cités Zefzef, El-Kobia et Bab Ksantina», se remémore-t-il.
«C’est dans la localité Ezzemane que le chahid Zighoud Youcef a présidé la réunion de coordination de l’offensive», indique Hafsi, dont la mission qui lui a été confiée à lui et au chahid Rachid Saker qui avait alors 18 ans et à leur groupe était de faire exploser l’édifice des renseignements généraux le long du boulevard Front de mer près d’El-Ksar Lekhdar. Arrivé à Skikda depuis Bab Laouras vers midi avec son groupe, Ahmed Hafsi se rendit compte que des tirs étaient entendus déjà à la cité Zefzef où les forces d’occupation ont été alertées de l’attaque. «Les civils qui nous accompagnaient essuyèrent des coups de balles nourris et durent fuir de tous côtés», ajoute Hafsi, qui souligne s’être retrouvé seul avec Saker qui transportait la bombe artisanale. À ce moment, Hafsi raconte avoir abattu un policier qui s’était soudainement dressé face à eux avant d’être lui et son compagnon la cible d’une mitraillette placée sur un édifice qui les força à se séparer. Saker se dirigea vers le port, tandis que Hafsi prit la direction d’El-Ksar Lekhdar où il dut s’accrocher avec deux policiers de la milice coloniale tuant l’un et blessant l’autre, pour ensuite rejoindre par la route du palais de Meriem Azza, les maquis de la région Sidi Ahmed. Le moudjahid affirme avoir vu alors les avions qui bombardaient les localités de Filfila et El-Allia d’où des colonnes de fumée des incendies montaient vers le ciel, tandis que les tirs n’ont pas cessé de retentir depuis le centre de Skikda, tout comme les cris assourdissants des citoyens. Ce 20 août 1955, se souvient Hafsi, fut un samedi durant lequel les gardes des casernes étaient remplacés et ce fut aussi le jour du marché hebdomadaire pour les colons au centre de Skikda, ainsi que celui de l’arrivée d’un bateau de France. Consciente de la gravité de la situation, l’armée coloniale avait encerclé la ville de Skikda, tirant sans distinction sur tous les Algériens rencontrés sur son chemin, ajoute ce témoin.
   
Une offensive audacieuse affrontée  par des représailles féroces
 

Abordant le bilan de l’offensive, Hafsi assure que «les moudjahidine sont parvenus à détruire plusieurs avions de guerre au sol au niveau de l’aéroport, ainsi que plusieurs infrastructures coloniales tuant plusieurs soldats ennemis». «La réaction française fut d’une férocité inouïe», ajoute ce moudjahid qui précise que «des arrestations massives avaient été menées parmi la population civile et des milliers d’Algériens virent leurs maisons et mechtas pilonnées par avions et par l’artillerie». «Des milices de colons furent aussitôt créées et s’adonnèrent à une série de massacres contre des civiles désarmés», se remémore-t-il encore, assurant que «la plus horrible exaction fut de rassembler le lendemain de l’offensive des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants au stade de Philippeville (baptisé aujourd’hui 20-Août 1955), pour y être exécutés collectivement». Des massacres horribles furent également perpétrés les 21, 22 et 23 août 1955 à travers les diverses communes et cités de Skikda, relate Ahmed Hafsi, qui souligne que «le bulldozer conservé encore devant le stade de Skikda fut utilisé pour creuser les fosses communes pour enterrer les civils assassinés et mêmes certains blessés ensevelis vivants».
 

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