lundi 28 septembre 2020 00:11:49

Commentaire : Ifri, tournant majeur

Jamais l’armée coloniale française, forte de milliers de soldats aguerris sur plusieurs théâtres de combat dans le monde, jamais cette armée puissamment équipée et arrogante n’aurait pensé qu’un certain 20 août 1955, dans un lieu quasi inconnu, allait se dérouler un événement crucial qui allait constituer un tournant majeur dans la poursuite de la lutte de libération du peuple algérien soumis aux affres d’un colonialisme barbare.

PUBLIE LE : 20-08-2020 | 0:00
D.R

Jamais l’armée coloniale française, forte de milliers de soldats aguerris sur plusieurs théâtres de combat dans le monde, jamais cette armée puissamment équipée et arrogante n’aurait pensé qu’un certain 20 août 1955, dans un lieu quasi inconnu, allait se dérouler un événement crucial qui allait constituer un tournant majeur dans la poursuite de la lutte de libération du peuple algérien soumis aux affres d’un colonialisme barbare. C’est à Ifri, petite bourgade de Kabylie, dans une modeste maison cantonnière nichée sur les hauteurs de la vallée, dans un secret absolu, la population locale assurant la surveillance des lieux et l’approvisionnement  des responsables, que se tint le fameux Congrès de la Soummam, véritable mode d’emploi de la Révolution à laquelle il imprima sa configuration définitive qui conféra au combat politique et militaire toute sa plénitude.  Les quelques jours de la rencontre secrète débouchèrent, après des nuits de veille sous la menace permanente de l’ennemi alentour, dans cette masure au toit si bas qu’il fallait se baisser pour y entrer, sur la réorganisation du FLN et l’élévation de l’ALN au rang de véritable armée totalement  structurée et dotée d’une hiérarchie complète. Le Congrès affirma également la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et le territoire fut découpé en six Wilayas afin de mieux prendre en compte les contraintes du combat en fonction des nécessités de l’heure.
Cependant, ce n’est pas vraiment l’organisation militaire, aussi parfaite qu’elle fût, qui allait faire la cohésion des moudjahidine dans la dureté des combats ; en fait le lien qui les unissait véritablement était celui du sang versé pour la cause sacrée de la Révolution.
 Il est vrai que l’infirmier n’avait pas toujours les médicaments nécessaires, les armes et les munitions étaient comptées à la balle près, la nourriture consistait souvent en un peu de galette, la viande était un luxe et les dures conditions d’existence dans les djebels différaient suivant la saison, la région, la présence de l’armée coloniale, les contraintes de l’action offensive… Cela exigeait impérativement de se déplacer constamment, rapidement et sans être vu, surtout de nuit, en empruntant les lits d’oued et les sentiers de chèvre, le gîte s’organisait à la belle étoile avec au mieux une couverture, quelle que soit la saison. Djounoud et officiers, tous grades confondus, affrontaient sans cesse les mêmes dangers et les mêmes privations, qu’à cela ne tienne car seule la foi déterminante en la force du combat libérateur a permis aux moudjahidine de surmonter les dures conditions d’existence dans les maquis et de consacrer la victoire finale.
K. O.
 

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