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Double anniversaire 20 Août 1955 20 Août 1956 : Témoignages

Hadi Ouguergouz, secrétaire chargé de la dactylographie durant le congrès : «Je ne savais pas que le congrès se tenAIT dans cette région»

PUBLIE LE : 20-08-2020 | 0:00
D.R

Propos recueillis par Mustapha Laouer

Hadi Ouguergouz, secrétaire chargé de la dactylographie durant le congrès :
«Je ne savais pas que le congrès se  tenAIT dans cette région»

«Je travaillais comme auxiliaire au tribunal d’El Kseur et c’est Larbi Amirouche qui m’a demandé de l’accompagner à Ouzellaguène, car il avait un travail important à faire. Ne me doutant de rien, je l’ai accompagné et sur place nous avons rencontré les moudjahidine Salhi Hocine et Abdelhafid Amokrane, qui nous ont guidés jusqu’à Ifri. Nous avons été installés dans une petite chambre avec Amirouchène et Rachid Adjaoud et ils ont affectés, pour chacun, une petite machine de dactylographie.
Aucun des trois ne savait ce qui allait se passer. J’étais chargé des travaux de secrétariat du Congrès. Nous recevions au fur et à mesure des feuilles de papiers manuscrites que nous devions taper à la machine et puis on revenait pour les reprendre.
Cela a duré trois jours, puis j’ai été transféré vers Mezouara Imedeghacène au poste de commandement de la Wilaya III à Akfadou pour achever le travail sur stencil et l’imprimer à l’aide d’une ronéo.
On ne savait pas du tout que le Congrès de la Soummam se tenait dans cette région. Nous étions complètement isolés et bien surveillés. Ce n’est qu’en septembre 1956 que j’ai appris que tous les documents que j’ai tapés à la dactylo étaient destinés au Congrès de la Soummam. C’était une fierté pour moi.»

Mustapha Ikhelef, secrétaire général  de l’ONM à Béjaïa :
«Le congrès a permis d’organiser la  lutte armée»

«Les recommandations et décisions du Congrès de la Soummam ont permis d’organiser la révolution armée. Des zones ont été créées pour l’armement, les finances et la logistique. C’est à travers la plate-forme de la Soummam que 6 wilayas ont été créées réparties en 4 zones chacune. Chaque zone comportait 4 régions et chaque région 4 secteurs. A partir de ce Congrès, il y avait la désignation des grades pour chaque responsable de wilaya, zone, région et également le secteur qui comportait le commissaire politique chargé des cotisations, des moussebline, des renseignements, du suivi militaire et logistique au niveau du secteur et la sensibilisation des populations.
Ce Congrès était également destiné à déterminer la stratégie militaire et politique à l’intérieur du pays mais également à l’échelle internationale.
Le colonialisme a enregistré un échec cuisant, d’où sa vengeance avec le bombardement de 14 villages d’Ifri après la tenue de ce congrès en plein cœur de la Soummam.»

Attoumi Djoudi,  officier de l’ALN :
«La population  a toujours été  à l’écoute des combattants»

« J’ai rejoint le maquis en septembre 1956, après le congrès de la Soummam, à 18 ans, et j’étais affecté au PC de la Wilaya III auprès du colonel Amirouche, Amirouchène Tahar, Salhi Hocine et El Hadi Ouguergouz. J’ai collaboré à la frappe et au tirage des décisions du Congrès de la Soummam, qui étaient destinées à être distribuées à travers la Wilaya III. Chaque responsable devait recevoir un nombre de ces documents pour lui servir de code de conduite dans le maquis. J’étais affecté dans les zones 2, 3 et 4, soit les petite et grande Kabylie avec la fonction de secrétaire de zone. En juin 1961, j’étais promu officier par le colonel Mohand Oulhadj et affecté dans la vallée de la Soummam dévastée par l’opération Jumelle. Avec une équipe de responsables officiers de l’Armée de libération nationale, comme Aissat Meziane, Zane Boualem, Benseghir Belkacem et Mezaoui Larbi, nous avons concentré nos efforts sur la réorganisation de la zone 3, durement éprouvée par les opérations Challe. Il fallait organiser les actions contre l’ennemi, restructurer les maquis et la population et surtout rétablir le moral des moudjahidine et des civils. Notre action était très difficile, du fait de la forte concentration de l’ennemi avec les commandos de chasse, les opérations des unités d’élite de l’armée coloniale, regroupement des populations, etc. La population a toujours été à l’écoute des combattants. Grâce à la confiance et à l’adhésion des populations nous avons parachevé notre mission jusqu’au 19 mars 1962, date du cessez-le-feu.»
M. L.
 

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