dimanche 27 septembre 2020 23:57:38

Plaine d’Aswel : Un petit paradis au cœur du Djurdjura

Taletat, un belvédère mythique du massif de l’Akouker. l Le gouffre d’Aswel, une fraîcheur naturelle en pleine canicule. l à Aswel, le déconfinement a eu lieu avant l’heure.

PUBLIE LE : 20-08-2020 | 0:00
D.R

Réalisé par : Belkacem Adrar

Taletat, un belvédère mythique du massif de l’Akouker.  l Le gouffre d’Aswel, une fraîcheur naturelle en pleine canicule. l à Aswel, le  déconfinement a eu lieu avant l’heure.

Pour les amateurs de randonnées, de bivouacs et de paysages panoramiques, la plaine d’Aswel,  sur les hauteurs du mystérieux Djurdjura, est incontestablement la plus indiquée.

Elle est dotée d’une éblouissante beauté naturelle devant laquelle nul ne peut rester insensible. La plaine d’Aswel est également un endroit idéal pour faire le plein d’oxygène et une cure psychologique en ces moments de crise sanitaire provoquée par la propagation de la pandémie de Covid-9 avec ses séquelles sur le moral des citoyens confinés durant plusieurs mois. Ce sont là les premières sensations qui nous ont envahis dès notre arrivée à cette plaine mythique suspendue sur une hauteur de plus de 1.700 mètres d’altitude et située à la limite des wilayas de Bouira et Tizi-Ouzou. En voiture, ce site paradisiaque est accessible via la RN30 reliant les deux wilayas et depuis l’intersection se trouvant sur le majestueux col de Tizi N'Kouilel où est dressé en permanence un point de contrôle de l’Armée nationale populaire. Depuis ce carrefour, l’automobiliste est appelé à rouler avec prudence sur une route sinueuse et bitumée, offrant à la vue sur les deux côtés de la chaussée des paysages naturels à couper le souffle.
Ces paysages merveilleux et aussi subliminaux les uns que les autres se dévoilent au fur et à mesure que l’automobiliste dévale cette route et négocie avec dextérité les virages sinueux et étroits sur certains axes menant à la plaine. Virage après virage, entrecoupé par des tronçons où le chauffeur peut appuyer sur l’accélérateur, des collines rocheuses implantées sur des espaces verdoyants se donnent à la vue et invitent les randonneurs et visiteurs à aller de l’avant tant l’horizon est promoteur en termes de découvertes de canyons et belvédères tous aussi magiques les uns que les autres.
 De ces merveilles qui s’offrent aux visiteurs et randonneurs empruntant ce chemin menant à la plaine d’Aswel, le belvédère Taletat, appelé également La main du juif ou encore le Rocher de l’auriculaire, est assurément le plus fabuleux, composant le massif de l’Akouker qui occupe le centre de la chaîne montagneuse du Djurdjura. Au nord, les rochers constituant cette majestueuse éminence s’abaissent presque d’un seul jet sur la vallée de Timeghras dans la commune d’Ath Boumehdi (Ouacifs) dont dépend administrativement le plateau d’Aswel. Au sud, Taletat est dominée par le cône «Lalla Khedidja», plus haut sommet de l’Atlas tellien, selon une présentation géographique du site. De cet extraordinaire belvédère de plus de 1.630 mètres d’altitude, ce sont presque tous les villages de la Kabylie qui s’offrent à la vue.
Beaucoup de visiteurs et passagers s’arrêtent à hauteur de ce fabuleux belvédère pour l’apprécier de très près et s’offrir de plusieurs angles une vue panoramique sur plusieurs régions des deux côtés du Djurdjura. «C’est extraordinaire !», s’exclament tous ceux qui marquent une halte devant ce belvédère magique tout en s’adonnant à la prise de selfies et de photos de famille pour immortaliser ces moments de fortes émotions. Après avoir observé cette halte devant ce sublime pic visible depuis des localités du sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, nous avons continué notre progression vers notre destination initiale, Aswel en l’occurrence, dont notre arrivée a été retardée de plus d’une heure pour cause de haltes itératives et inévitables devant ces multiples paysages féeriques s’offrant sur les deux rives de la route. A quelques encablures d’Aswel, les automobilistes sont déjà mis au parfum de l’ambiance estivale et festive qui y prévaut par la procession de véhicules stationnés aux abords de la route, de familles qui déambulent avec nonchalance, d’enfants qui courent dans tous les sens et dans tous les espaces de la plaine, de chevaux harnachés et tant d’autres mouvements démontrant que l’endroit est désormais en déconfinement total depuis déjà plusieurs jours. L’ambiance y régnant montre aussi que la pandémie de Covid-19 n’a toujours pas fait peur aux amoureux de la nature et des escapades en haute montagne. Sur les lieux, la bavette et la distanciation physique, deux principales mesures barrières contre la propagation de la pandémie, ne font nullement partie de ce subliminal décor naturel tout près du ciel.

Les bivouacs fleurissent

Dans cet endroit déconfiné avant l’heure, l’ambiance bat son plein durant toutes les heures de la journée, apprend-on auprès des jeunes gardiens du parking et gérants saisonniers de baraques en bois faisant office de restaurants, et de cafétérias.
Cette ambiance festive se poursuit jusqu’au petit matin, racontent encore nos interlocuteurs, en nous informant que plusieurs familles et individus, qui installent des bivouacs et autre campements de fortune, passent plusieurs nuits sur les lieux en regardant la lune et les étoiles tout en écoutant les sons que poussent différentes espèces animales et oiseaux écumant cette partie magique du Djurdjura. Des tentes et des abris de fortune sont visibles à travers plusieurs endroits de cette vaste plaine. Certains estivants, probablement adeptes de l’ermitage, ont dressé leur tente sur les rochers bordant ce plateau, constate-t-on sur place. D’autres visiteurs sont assis sous l’ombre de parasols dès lors que le site ne dispose pas de suffisamment d’arbustes permettant aux visiteurs de se prémunir des coups de soleil pendant la journée, relève-t-on encore lors de notre escapade en cette journée de mois d’août, marquée par la prolifération des feux de forêts à travers plusieurs régions de la wilaya de Tizi-Ouzou. Selon un gardien du parking qui assure également la sécurité des lieux, la sécurité dans cet endroit est assurée de jour comme de nuit par ces jeunes exploitants du parking, des restaurants, cafétérias et tous les autres espaces de loisirs installés sur la rive droite de cette plaine séparée en deux par une route menant à la station climatique de Tikjda.

Aucun écart de conduite n’est toléré

Ces jeunes, dont le nombre avoisine la trentaine, originaires de la commune d’Ath Boumehdi, plus particulièrement de Timghras, un village accroché au Djurdjura, à quelques encablures de la plaine Aswel, veillent sur la sécurité et la quiétude des visiteurs mais aussi sur la propreté des lieux. «Aucun dépassement ni écart de conduite n’est toléré dans ce lieu de villégiature», a tenu à nous rassurer d’emblée un des jeunes tenanciers d’un estaminet, tout en nous informant que tous les jeunes activant sur les lieux sont détenteurs d’une autorisation délivrée par l’APC d’Aït Boumehdi, dont dépend territorialement ce magnifique site touristique en attente de promotion et de vulgarisation afin qu’il constitue à l’avenir une véritable source de revenus pour cette commune déshéritée. Beaucoup de familles vivent de cette activité saisonnière florissante au printemps et en été, apprend-on sur place.
Les activités récréatives pour les enfants y sont proposées durant toute la journée. Des tours à dos de cheval à 200 dinars, de cyclistes, le manège avec ses différents jeux…attirent beaucoup d’enfants en cette période de confinement où ce genre d’attraction est interdit en ville pour cause de propagation de Coronavirus. De l’autre côté de la route, on découvre l’autre partie de ce site, en l’occurrence un tapis de végétation qui fait le bonheur de troupeaux de bovins qui paissent paisiblement sous les regards curieux des bambins accompagnés de leurs parents. Des points d’eaux, dont le débit est drastiquement réduit en cette période estivale, y sont aménagés par le parc national Djurdjura (PND) pour permettre aux visiteurs d’étancher leur soif. Des tranchées y sont également creusées pour emmagasiner une partie de l’eau qui jaillit de ces fontaines afin de permettre aux bovins et autres animaux de s’abreuvoir pendant les périodes de sécheresse. Tout ce décor rappelle aux visiteurs les fameux films westerns que diffusaient jadis la télévision nationale tant la ressemblance est frappante. En bas de cette plaine où plusieurs dizaines de familles pique-niquent en toute quiétude se trouve « Anu Beswel » (le gouffre d’Aswel) qui constitue une sorte de chambre froide où les visiteurs connaisseurs des lieux mettent leur nourriture, notamment les boissons et desserts, pour les rafraîchir tant le gouffre dégage une fraîcheur naturelle semblable à celle d’un réfrigérateur ou d’un climatiseur, a-t-on observé à l’entrée. Ce dernier est l’une des destinations inévitables des visiteurs de cette plaine de haute montagne. Tous les visiteurs se rendent dans ce gouffre pour profiter de la fraîcheur naturelle qu’il dégage et pique-niquer sur place, le temps de décider d’un autre endroit à explorer avant de reprendre le chemin inverse avec inévitablement la promesse d’y revenir et de sensibiliser les amis à aller visiter ce grand et magnifique site touristique toujours maintenu dans son état naturel et dont l’exploration de ses moindres aspects nécessite l’accompagnement d’un guide de montagne expérimenté. Contrairement à d’autres espaces forestiers du parc national Djurdjura (PND), la plaine d’Aswel est relativement préservée par le phénomène de la prolifération des déchets, notamment le plastique et le verre, a-t-on observé avec satisfaction sur les lieux.  Des bacs à ordures sont entreposés à l’entrée et à la sortie de ce site. Les jeunes exploitants des lieux se chargent du ramassage des déchets que laissent quelques campeurs et visiteurs peu soucieux de la préservation de cet endroit tout désigné pour des cures psychologiques et la pratique du sport, particulièrement l’athlétisme, tant  l’oxygène y est abondante, rappellent ces jeunes, en précisant que des volontariats de nettoyage y sont régulièrement organisés par les organisations et associations activant dans la protection de l’environnement.
La plaine d’Aswel accueille en cette saison des centaines de visiteurs par jour. De même sinon plus au printemps, saison durant laquelle la plaine est d’une beauté à couper le souffle. Durant les deux autres saisons, en automne et particulièrement en hiver, le site devient quasiment inaccessible à cause des amas de neige. C’est durant cette période que la flore et la végétation du site se régénèrent.
Bel. A. 

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