dimanche 20 septembre 2020 20:36:02

Ouverture du capital des banques publiques : Le débat est ouvert

La réforme financière du gouvernement semble retenir l’ouverture du capital desdits établissements. Le premier responsable du secteur, Aymen Abderrahmane, souligne qu’il n’y aura pas de tabous et que toutes les pistes seront étudiées.

PUBLIE LE : 10-08-2020 | 0:00
D.R

La réforme financière du gouvernement semble retenir l’ouverture du capital desdits établissements.  Le premier responsable du secteur, Aymen Abderrahmane, souligne qu’il n’y aura pas de tabous et que toutes les pistes seront étudiées.

À ses yeux, la banque publique n’a pas joué son rôle. Il y a eu des pratiques dans le passé qui ont fait que les banques étaient réduites à des tiroirs-caisses. Le ministre ne peut être plus clair. Côté experts, on parle de privatisation. Lazreg Mohamed, de l’université de Sidi Belabbes indique que «la privatisation progressive de certaines banques publiques pourrait à titre d’exemple constituer la matrice de la concurrence interbancaire».
De son côté, Mohamed Haichour, expert financier, rejoint le ministre sur la non performance des banques publiques et relève une série d’anomalies dominantes dont l’écart des taux d’intérêt et de marges appliquées par rapport aux conditions du marché, un fort financement du cycle d’exploitation des entreprises publiques non fondé sur l’état de santé financier de ces entreprises, l’absence de la logique de performance et de la rentabilité et un manque de procédures opérationnelles. A ce sujet, Rachid Sekak, ancien directeur de la dette extérieure à la Banque d’Algérie, s’était dit favorable à une ouverture du capital du Crédit populaire d’Algérie (CPA) et de la Banque de développement local (BDL). «Ces deux banques sont déjà les plus exposées à la concurrence du secteur privé. Et une telle privatisation permettra d’alimenter la Bourse, dont la profondeur est actuellement ridiculement faible», a-t-il argumenté. Aujourd’hui, le système financier et bancaire algérien reste dominé par 6 grandes banques publiques dont une caisse d’épargne : BNA, BEA, BADR, BDL, CPA et CNEP. Les banques publiques jouent un rôle-clé en contrôlant une part importante du marché.  Elles collectent 87% des dépôts et octroient 89% des crédits. Toutefois, analyse Amar Abbas, expert financier, les problématiques de gouvernance desdites banques trouvent leur source dans les spécificités de celles-ci : l’Etat est leur actionnaire, régulateur, et les entreprises publiques constituent leurs plus grands clients. Leur rôle est ambigu. Ces entités, explique-t-il, «sont supposées être des sociétés commerciales dont l’objectif est la performance financière, mais elles sont impliquées dans l’exécution de nombreux programmes gouvernementaux dont les coûts sont extraordinaires.
Une clarification des rôles et missions de ces banques est primordiale, un meilleur pilotage de leurs activités l’est également». Rappelons qu’en 2005, le FMI affirmait qu’il trouve le rythme des privatisations lent. Au-delà de la privatisation des banques publiques, l’institution mondiale évoquait la nécessité d’améliorer l’environnement des opérations bancaires pour réduire des coûts d’intermédiation. Une chose est sûre : le chantier est complexe, et nécessite une démarche minutieuse et des mesures efficaces.    
Fouad Irnatene
 

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