mardi 29 septembre 2020 17:34:15

Grand angle : Le chaos à la place de la démocratie

En 2011, l’intervention militaire occidentale menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis contre la Libye, appelée «opération Harmattan» devait apporter la démocratie et la prospérité au peuple libyen.

PUBLIE LE : 05-08-2020 | 0:00
D.R

 En 2011, l’intervention militaire occidentale menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis contre la Libye, appelée «opération Harmattan» devait apporter la démocratie et la prospérité au peuple libyen. Neuf ans après, le pays est plongé dans un chaos permanent et les Libyens paient un lourd tribut à leurs aspirations, qui, au demeurant, sont légitimes. Impuissants, ils constatent la fragmentation de leur pays.  La Libye qui possède les plus importantes réserves pétrolières d’Afrique est la proie des convoitises et des ambitions de puissances extérieures. Une guerre par procuration se déroule sous le ciel libyen. Il y a un mois,   le chef de l’ONU, Antonio Guterres avait fait  indiqué que «le conflit est entré dans une nouvelle phase, avec des ingérences étrangères atteignant des niveaux sans précédent, y compris dans la livraison d’équipements sophistiqués et le nombre de mercenaires impliqués dans les combats». Ces ingérences, mettra en garde pour sa part l’Envoyé spécial par intérim du SG de l’ONU pour la Libye, lors d’une visite à Londres,  «risquent de transformer la guerre en conflit régional», d’autant que chaque acteur intervenant dans ce pays  a son propre agenda. Ce qui n’est pas le cas de l’Algérie qui poursuit ses efforts pour aider les frères libyens à surmonter leurs différends et permettre à son voisin de s’engager sur la voie d’un règlement politique.  Le ministre tunisien des Affaires étrangères du gouvernement démissionnaire de Elyes Fakhfakh  avait déclaré à l’occasion de la visite de son homologue Boukadoum à Tunis, que  «l’on peut dire que la Tunisie et l’Algérie sont les deux seuls Etats qui n’ont pas d’agenda en Libye». Du reste, les deux pays coordonnent leurs efforts et ont initié une nouvelle initiative sous l’égide de l’ONU en vue de mettre un terme au conflit. Dans un entretien accordé à l’agence de presse turque Anadolu, le  chef de la diplomatie algérienne avait indiqué que «l’Algérie œuvre pour l’intégrité territoriale, l’unité et la stabilité de la Libye», car au-delà des menaces sécuritaires que fait peser sur l’Algérie la persistance du conflit  dans un pays avec lequel nous partageons une frontière de  plus de un millier de kilomètres, il est impératif d’aider les Libyens qui, du reste, ont sollicité la médiation d’Alger.  Mais il semble que les pays qui sont mus par leurs propres agendas ne sont pas pressés de voir la fin du conflit libyen. Du moins pas tant qu’ils n’auront pas atteint leurs objectifs.  C’est pourquoi il est à craindre que des obstacles ne soient mis sur la voie de  l'initiative algéro-tunisienne dans le but de la saborder. Du reste, si cela venait à se confirmer, cela ne constituera pas une surprise. Cela confirmera juste, si une nouvelle preuve est nécessaire, que les intérêts des puissances étrangères sont placés au-dessus de ceux de la Libye et du peuple libyen.
Nadia K.

 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions