dimanche 27 septembre 2020 23:40:23

Essais nucléaires de Reggane : A quand une enquête transparente ?

À mesure que les Algériens interrogent leur histoire et particulièrement celle qui traite de la guerre de Libération nationale, surgissent des questionnements autour de tel ou tel autre fait ou événement. Il en est ainsi des essais nucléaires de Reggane.

PUBLIE LE : 03-08-2020 | 0:00
D.R

À mesure que les Algériens interrogent leur histoire et particulièrement celle qui traite de la guerre de Libération nationale, surgissent des questionnements autour de tel ou tel autre fait ou événement. Il en est ainsi des essais nucléaires de Reggane.  «La France a effectué en Algérie, entre 1960 et 1966, 57 expérimentations et explosions nucléaires. 4 explosions aériennes dans la région de Reggane, 13 explosions souterraines à In Ecker, 35 essais complémentaires à Hammoudia, dans la région de Reggane, et 5 expérimentations sur le plutonium dans une zone à In Ecker», indique l’avocate Fatma-Zohra Benbraham, qui s’est investie, depuis des années, dans la défense des victimes de ces essais et qui ne cesse de revendiquer leur indemnisation pour ce qu’elle considère comme un crime contre l’humanité.  L’avocate relève que le travail de la commission mixte algério-française chargée du dossier des essais nucléaires dont elle est membre et qui est presque gelé après trois ou quatre réunions alors que du côté français, on se contente d’une simple reconnaissance politique de cette tragédie sans volonté réelle d’aboutir à des résultats, dit-elle. L’avocate révèle d’ailleurs qu’elle compte se joindre très prochainement au dirigeant indépendantiste polynésien Oscar Temaru, qui a intenté un procès devant la Cour pénale internationale contre la France en raison des essais nucléaires en Polynésie. «L’ancien président polynésien m’a saisi par courrier en affirmant que les Algériens et les Polynésiens doivent mener ensemble ce combat contre ce crime perpétré par la France dans les deux pays», dit-elle. «J’ai accepté, en tant qu’avocate des victimes de ces essais nucléaires, d’aller devant la Cour avec les représentants de la Polynésie pour revendiquer l’indemnisation des Algériens victimes de cette tragédie», annoncera l’avocate. «L’aboutissement à une reconnaissance politique des essais nucléaires est le fruit de nombreuses années d’un travail colossal entrepris avec plusieurs parties dont les victimes et des juristes français même si cette reconnaissance ne suffit plus», estime Me Benbraham.
La France a adopté une loi prévoyant le versement d’indemnités pour les victimes. «La loi Morin a soulevé, à bien des égards, plus de controverses qu’elle n’a livré d’indemnisations», dit Me Benbraham.
Pour l’avocate, «l’efficacité contestable de la loi tient, en grande partie, au secret que maintient le ministère de la Défense sur ses enquêtes afférentes aux questions nucléaires, l’impossibilité d’accéder aux dossiers exclut toute possibilité d’enquête exhaustive et par là même toute possibilité de compensation».
Selon Me Benbraham, la France ne pourra réparer cette injustice à l’égard des victimes que si elle revoit la loi de 1963 de sorte à prévoir l’indemnisation des victimes habitant sur un périmètre de 1.400 km et une nomenclature de 36 maladies, ainsi que l’inclusion des victimes de la période postindépendance. Ces revendications ne sont nullement exagérées, précisait-elle lors d’un précédent forum d’El Moudjahid.
Me Benbraham exhorte les autorités publiques à instaurer la journée du 13 février Journée nationale des victimes des essais nucléaires.
Farida Larbi

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