lundi 03 aot 2020 23:08:54

Bouzid Lazhari, président du CNDH : Le Hirak «un pas en avant» dans la consécration des droits de l’Homme en Algérie

Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, a affirmé que le Hirak populaire de 2019 constituait «un pas en avant» vers la consécration des droits de l’Homme en Algérie, appelant à des mécanismes garantissant la non-violation de ces droits.

PUBLIE LE : 02-08-2020 | 0:00

Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, a affirmé que le Hirak populaire de 2019 constituait «un pas en avant» vers la consécration des droits de l’Homme en Algérie, appelant à des mécanismes garantissant la non-violation de ces droits.
Dans un entretien accordé mercredi à l’APS, au lendemain de la soumission du rapport de 2019 sur la situation des droits de l’Homme en Algérie au président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, M. Lazhari a affirmé que le rapport «est parvenu à la conclusion suivante: le Hirak s’est distingué par son caractère pacifique et une participation volontaire des citoyens qui ont revendiqué la consécration des droits de l’Homme sur le terrain, en application des articles 7 et 8 de la Constitution».
Le processus des droits de l’Homme en Algérie, l’année dernière, se voulait «un processus constant et un pas en avant vers la consécration de ces droits», car le peuple avait, selon le président du CNDH, «mené son Hirak et n’a pas subi de répression, mieux encore il a été accompagné par l’Armée nationale populaire ».  Le rapport préconise de permettre aux citoyens de jouir de leur droit de manifester pacifiquement, à condition que les lois de la République soient respectées, à travers l’adoption de la déclaration préalable et non de l’autorisation de manifester, a-t-il soutenu, saluant à l’occasion la proposition y afférente contenue dans le projet de révision de la Constitution. «Le plus important dans le rapport, selon M. Lazhari, est de trouver des mécanismes de réclamation et des moyens de recours et de réparation du préjudice en matière des droits de l’Homme pour une application effective sur le terrain», estimant que la justice «demeure le garant des droits et libertés, puis vient le Conseil et ensuite le nouveau mécanisme, à savoir: l’exception d’inconstitutionnalité». Le président du CNDH a affirmé que le Président de la République «est imprégné» de la culture des droits de l’Homme, arguant que M. Tebboune «tient à ce que ces droits soient au cœur de toutes les politiques socio-économiques et la voie empruntée par l’Etat dans ce domaine», en insistant sur la consécration des droits de tous les Algériens, notamment dans les zones d’ombre, et partant «bannir toute forme de discrimination». «Nous avons constaté une réelle volonté du président de la République d’être informé sur les lacunes existantes en matière de droits de l’Homme, afin de les surmonter à la lumière de l’établissement des bases de l’Algérie nouvelle», a-t-il poursuivi. M. Lazhari a mis en avant, à cette occasion, l’intérêt accordé aux zones d’ombre à travers le territoire national. Faisant savoir que le rapport annuel comportait 331 recommandations destinées aux différentes autorités suprêmes, le même responsable a souligné que la loi 16-13 du 3 novembre 2016 confère au CNDH la prérogative de suggérer au Gouvernement des propositions sur toute question se rapportant aux droits de l’Homme à même de servir les intérêts de la Nation, notamment la ratification d’accords internationaux au service des intérêts de l’Algérie». Entre autres suggestions proposées par le CNDH, M. Lazhari a souligné l’appel à la ratification de la Convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées et ce, «dans le cadre de l’Algérie nouvelle», relevant que le dernier rapport du département d’Etat américain sur les droits de l’Homme dans le monde a démontré que l’Algérie «n’avait enregistré aucune exécution extra-judiciaire, ni disparition forcée». Cela est très positif, a-t-il estimé. Concernant les restrictions sur les libertés politiques et civiles des citoyens, le même responsable a assuré que le rapport avait fait état de cinq restrictions «définies au plan international» liées à l’impératif de ne pas porter atteinte à l’image et à la dignité d’autrui, la préservation de l’ordre public, à la sécurité nationale, à la santé publique et leurs exigences et aux bonnes mœurs. Toute personne estimant que lui-même, ou l’un des membres de sa famille, a été arrêté de manière arbitraire ou extra-judiciaire, a le droit de déposer une plainte auprès du CNDH qui contactera à son tour les autorités concernées, soulignant, à cette occasion, que le Conseil «ne relève d’aucune autorité et que sa mission se limite à la protection des droits de l’Homme». Il a fait savoir, à cet effet, que son instance avait reçu «l’année passée plus de 1.000 plaintes couvrant tous les domaines, notamment des plaintes liées à l’habitat et aux affaires de justice», saluant dans ce contexte la réponse «rapide» des services du ministère de la Justice aux demandes du Conseil concernant le transfert de prisonniers d’une prison à une autre, «prenant ainsi en considération les conditions de leurs familles». M. Lazhari a saisi cette occasion pour saluer l’Armée nationale populaire, la Sûreté et la Gendarmerie, affirmant que ces institutions sont parmi celles qui font preuve d’une «grande discipline» dans le traitement des correspondances du Conseil, outre le ministère de la Justice, qui, a-t-il précisé, «a changé ses pratiques et comportements avec nous, après le Hirak populaire, en conférant davantage de flexibilité et de transparence à ses réponses aux correspondances du Conseil concernant les droits des prisonniers». Répondant à une question sur des arrestations récentes de journalistes et d’activistes politiques, M. Lazhari a indiqué que ces personnes «sont appelées à adresser des correspondances au conseil, si elles estiment qu’elles avaient été arrêtées de façon arbitraire ou dans des conditions anormales. C’est à ce moment que nous intervenons». Toutefois, il a appelé ces deniers à ne pas recourir à des parties étrangères «parmi ceux qui veulent exploiter ces situations pour s’ingérer dans les affaires internes de l’Algérie», insistant sur «l’interdiction de placer un journaliste en prison pour ses opinions. S’il est impliqué dans d’autres crimes, il s’agit là d’un autre cas de figure».

 

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