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Commerce extérieur et Covid-19 : Nécessité d’une refonte structurelle

La Covid-19 impose une «refonte structurelle de la composition des échanges commerciaux», affirme Brahim Gana, de la Faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion, de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa.

PUBLIE LE : 30-07-2020 | 0:00
D.R

La Covid-19 impose une «refonte structurelle de la composition des échanges commerciaux», affirme Brahim Gana, de la Faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion, de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa.

Il relève que les ajustements temporaires menés pour la baisse des importations «ne permettent pas d'identifier une stratégie alternative de long terme concernant la sécurité alimentaire du pays». «Mais une fois la pandémie passée, il faudra restructurer l’économie en adoptant une stratégie post-covid», soutient-il. Ces insuffisances, explique l’universitaire, désignent l’impératif d’un plan de relance qui «doit être clairement défini». Et devra aboutir à «réduire la dépendance alimentaire à travers le développement du secteur agricole». Dans ce contexte, il considère qu’«une politique agricole solide et réfléchie est nécessaire afin de garantir une production nationale durable, génératrice d'emploi, de revenus et en capacité de rétablir le solde déficitaire de la balance commerciale des biens alimentaires».
Aussi, analyse M. Gana, le plan doit intégrer la «substitution progressive à l'importation des produits alimentaires de large consommation (céréales, produits laitiers, viandes, sucres et les huiles) par la promotion de la production nationale». Dans l'objectif de réduire la vulnérabilité du pays à l'importation des denrées alimentaires de base, il est, aux yeux de l’universitaire, «primordial d'appuyer et de protéger la production nationale afin d'approvisionner le marché local mais aussi de diversifier les échanges avec le reste du monde». Rappelant que l'Algérie se situe au cœur d’un axe Afrique-Med- Europe, M. Gana affirme qu’il est temps de «faire jouer cette proximité géographique entre les marchés européens et le Maghreb». Aussi, il convient de souligner que la crise de Covid-19 a montré, à travers les pays touchés, que l'Etat doit considérer la croissance sous une nouvelle vision. En effet, explique l’universitaire, «la satisfaction de la demande interne, et la réduction de la dépendance alimentaire sont parmi les stimulants fondamentaux de cette croissance. Pour cela, il faut rétablir le modèle actuel et mener des politiques actives en matière d’accumulation durable des principaux facteurs de production à savoir, le travail et la terre».
Par ailleurs, M. Gana souligne que la riposte à la pandémie du coronavirus de certains pays exportateurs de biens alimentaires avait exercé une tension sans précédent sur les chaînes d'approvisionnement et a provoqué une panique généralisée sur les marchés mondiaux. Il y a eu, d'un côté, des décisions prises par les pays importateurs, comme le cas de l'Algérie, dont la satisfaction de la consommation découle des produits importés. Ces décisions, précise-t-il, se déclinent en mesures de court terme par la suspension temporaire des «produits importés» et l'interdiction des exportations afin de couvrir les besoins alimentaires de la population par la promotion de la production nationale. D’un autre côté, il y a aussi des décisions prises par certains pays exportateurs relatives à l'interruption des exportations de matières agricoles notamment celles à caractère stratégique. En effet, explique M. Gana, par mesure de précaution, les grands pays importateurs de la rive sud de la Méditerranée ont multiplié ces derniers mois les opérations d’importation de blé.    
Fouad Irnatene

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