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Cheikh Kaddour Darsouni : Gardien de l’héritage du malouf

Après Mohamed Tahar Fergani en 2016, Constantine a pleuré la perte, en avril dernier, de Kaddour Darsouni, l’un des derniers — sinon le dernier — grands maîtres du malouf.

PUBLIE LE : 30-07-2020 | 0:00
D.R

Après Mohamed Tahar Fergani en 2016, Constantine a pleuré la perte, en avril dernier, de Kaddour Darsouni, l’un des derniers  — sinon le dernier — grands maîtres du malouf.
De son vrai prénom Mohamed, cheikh Darsouni, né le 8 janvier 1927, neveu d’un autre géant, Tahar Benkartoussa, a œuvré, soixante-dix ans durant, à former des générations de musiciens. Il a été de toutes les initiatives visant à promouvoir l’école constantinoise de musique arabo-andalouse, à l’exemple du lancement, en 1995, de l’association des élèves du Conservatoire du malouf de Constantine, ou en 1998 l’enregistrement sur support numérique, en compagnie de Fergani et Abdelmoumen Bentobbal (disparu en 2005), des dix noubas constituant le répertoire de cette musique ayant pour berceau la ville de Séville, en Espagne musulmane. À ce titre, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a attribué la médaille du mérite national au rang de Achir au formateur des générations, et ce, en considération de son apport à l’art en général et à la musique classique algérienne en particulier.  Parmi les élèves du disparu multiinstrumentiste (flûte, luth) et excellent pédagogue de surcroît, le jeune Abbès Righi, figure de proue de la nouvelle génération, lequel avait intégré l’association des élèves du Conservatoire du malouf en 2002.
« Je suis très fier d’avoir eu pour maître cheikh Kaddour Darsouni, pendant près de dix ans. Cet immense artiste a passé toute sa jeunesse à enseigner les bases du malouf authentique et sa contribution à la sauvegarde de ce riche patrimoine est d’une valeur inestimable », témoigne-t-il. 
D’ailleurs, le jeune chanteur, qui avait participé à l’hommage donné en janvier, à l’initiative de la direction de la Culture, au théâtre régional de Constantine, a été à l’origine du second hommage, un mois plus tard, à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh.  Il explique à ce sujet : « J’ai reçu une invitation de la direction de l’Opéra afin de donner un récital, et l’idée m’était venue au cours de mes visites au cheikh de lui exprimer toute ma reconnaissance. Je lui dois tout. C’était l’occasion de dépasser le cadre strictement local et de conférer à l’hommage une dimension nationale». Il ajoute : « Bien que la santé du cheikh ne lui ait pas permis d’effectuer le déplacement à Alger, sa famille était présente, et lui-même a grandement apprécié l’enregistrement vidéo de la soirée».
Abbas Righi ne compte d’ailleurs pas en rester là. «Afin de perpétuer l’œuvre de mon maître, j’envisage, d’ici à la rentrée, de créer une association artistique qui portera son nom. Cheikh Darsouni a passé le plus clair de sa vie à enseigner l’art séculaire du malouf, et nous essayerons, à travers cette association, laquelle devra se présenter sous forme d’un orchestre, de transmettre cet héritage aux jeunes», conclut-il.
I. B.

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