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Industries manufacturières : Nécessité d’une adaptation fiscale à la situation de pandémie

La Covid-19, comme partout, constitue un test à l’Etat algérien de pouvoir gérer plusieurs objectifs en interférence. Les pouvoirs publics sont censés mettre en place des plans d’urgence pour contenir la pandémie et en même temps, ils doivent faire face aux répercussions économiques et sociales de ces mesures d’urgence.

PUBLIE LE : 29-07-2020 | 0:00

La Covid-19, comme partout, constitue un test à l’Etat algérien de pouvoir gérer plusieurs objectifs en interférence. Les pouvoirs publics sont censés mettre en place des plans d’urgence pour contenir la pandémie et en même temps, ils doivent faire face aux répercussions économiques et sociales de ces mesures d’urgence. Le premier défi pour l’Etat, explique, Said Kaci, docteur en sciences économiques à l’Université de Béjaïa, est celui d’«assurer une soutenabilité à long terme des ressources financière». Un objectif, précise-t-il, «qui ne peut se réaliser sans la mise en place d’une dynamique de croissance endogène à long terme, totalement indépendante de la rente pétrolière».
Le deuxième défi économique, lui, a trait selon l’universitaire, à la capacité de l’Etat de «jouer un rôle de régulateur du marché suite à l’instabilité de ce dernier, causée par le climat d’incertitude relative à la propagation de la pandémie». En effet, l’un des rôles majeurs de l’Etat est celui qui consiste à «réduire l’ampleur de la hausse artificielle de la demande sur les produits alimentaires et les produits de première nécessité». A ce niveau, le Dr Kaci distingue les actions nécessaires à entreprendre au moment de la hausse de la demande. Il s’agit de l’impérative intervention de l’Etat «pour corriger toutes les anomalies qui touchent la chaîne de production et de distribution de ces produits, l’approvisionnement des marchés en produits alimentaires doit être régulier».
Afin de limiter l’effet du confinement sur l’approvisionnement en denrées alimentaires, les autorités publiques en Algérie ont autorisé les industriels, les commerçants et les distributeurs, exerçant dans le secteur des produits alimentaires et des produits de première nécessité, à continuer leurs activités pendant la période de confinement.
«Une telle décision a contribué à la baisse de l’incertitude concernant les produits alimentaires et l’ajustement de la demande sur ces produits à partir de la dernière semaine du mois d’avril», note l’universitaire.
Et de préciser que «les autorités monétaires doivent, de leur côté, prévoir, en période de panique relative à la pandémie, une forte hausse de la demande sur la liquidité». A cet effet, analyse l’enseignant universitaire, «elles sont appelées à appliquer des mesures financières et bancaires pour augmenter la masse monétaire dans la période de panique, puis la réduire graduellement dans la phase d’adaptation pour revenir à son niveau initial».
Dans cette optique, il y a lieu de rappeler que la Banque d’Algérie a adopté quelques mesures monétaires et financières afin de libérer des marges supplémentaires de liquidité. Le taux de réserve obligatoire est passé de 10% à 8% et le taux directeur de la banque est abaissé de 25 points pour atteindre 3,25%. Cependant, note M. Kaci, «ces mesures n’ont pas permis d’empêcher la contraction de la masse monétaire qui a baissé de 182 milliards de dinars depuis le mois de février ». Il relève par ailleurs la présence d’un secteur informel significatif et d’un marché parallèle important qui constituent «une source de vulnérabilité et imposent à l’Etat une adaptation de ses actions anticrises à cette réalité». Cette adaptation passe d’abord par «une évaluation précise de l’impact de la présence de ce secteur sur la dynamique du secteur productif et aussi sur l’équilibre des marchés.
Puis, l’identification des canaux de transmission de l’action publique vers ce secteur est nécessaire pour soutenir la main d’œuvre vulnérable qui y exerce en période de crise (à court terme), et pour définir un plan de régularisation de ce secteur et de réduction de sa taille (à long terme)».
Une «adaptation fiscale» à la situation de la pandémie, analyse M. Kaci, doit être prise en compte «notamment au profit des industries manufacturières qui sont touchées par les mesures de confinement et la baisse drastique de leurs profits suite à la chute des ventes. A cet effet, un plan post-pandémique doit être établi pour assister les industriels touchés par la pandémie à reprendre leurs activités.             
Fouad Irnatene

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