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In memoriam, 20 juillet 1925, naissance de Frantz Fanon : Le Pourfendeur du colonIalisme

Frantz Fanon, Militant de la révolution algérienne, auteur des célèbres «Peau noire, masques blancs», «Les damnés de la terre», un livre de référence sur les processus de décolonisation.

PUBLIE LE : 23-07-2020 | 0:00
D.R

Frantz Fanon, Militant de la révolution algérienne,  auteur des célèbres «Peau noire, masques blancs», «Les damnés de la terre», un livre de référence sur les processus de décolonisation.

Traduit dans plusieurs langues, ce texte servira de socle théorique pour de nombreux militants anticoloniaux en Afrique, Amérique latine et en Asie. Il a écrit «L’an V de la révolution algérienne», sur les mutations en cours de la société algérienne durant la lutte de libération.
Ce livre sera régulièrement saisi en France pour atteinte à la sécurité de l’Etat. Il aurait eu 95 ans aujourd’hui. Ses écrits analysent et dénoncent l’emprise du racisme et du colonialisme sur les mentalités de l’époque, leurs liens avec les dérèglements psychologiques et les déviations sociales. Pour Fanon, il était impossible de cautionner l’Algérie française. Un pays où le non-droit, l’inégalité et le meurtre sont érigés en principes législatifs, l’autochtone décrété, aliéné permanent dans son propre pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolu. La lutte du peuple algérien pour sa liberté a suscité un espoir immense chez tous les opprimés. Des intellectuels de tous horizons, des hommes de culte, des progressistes ont rallié notre cause et l’on défendue avec force. Frantz fanon faisait partie de ces humanistes. Cet anticolonialiste convaincu, né en Martinique le 20 juillet 1925, a consacré sa vie à combattre l’idéologie coloniale, à la dénoncer et à insister sur son élimination. Médecin psychiatre de formation, il est affecté à l’hôpital asile de Blida-Joinville en 1953. Durant son passage dans cet établissement sanitaire, où les théories racistes de la psychiatrie faisaient rage à l’école d’Alger, sur les patients nord-africains, il constata que leurs souffrances mentales étaient dues à, pour une large part, à la colonisation qui durait depuis plus d’un siècle.
Ce n’est donc pas par hasard si Fanon a rejoint les rangs du FLN. Il s’y engagea avec une ferme volonté, nouant des relations avec la direction politique de ce front, notamment Abane Ramdane et Benyoucef Ben khedda. Il remit au gouverneur Robert Lacoste sa démission de médecin-chef en 1956. Pour contrer la propagande du système colonial, faisant des résistants algériens, des bandes d’égorgeurs, de terroristes, le FLN mit en place un dispositif de contre-information, dans lequel Frantz Fanon occupa une place de choix. Il fut un des rédacteurs les plus prolifiques d’El Moudjahid, organe officiel du FLN. Commentateur politique de talent, doté d’un solide appareillage intellectuel, rompu aux règles de l’argumentation, d’un sens de l’analyse critique très aiguisé, son apport fut indéniable sur le terrain de l’affrontement des idées, des débats et dans la conquête de l’opinion publique nationale et internationale. Sa contribution dans ce journal de combat de septembre 1957 à décembre 1960, avec notamment Réda Malek, le couple Claudine et Pierre Chaulet, Serge Michel et d’autres plumes attestées, renforça sa croyance dans son combat sans rémission contre le colonialisme.  Le Fanonisme était présent dans les colonnes d’El Moudjahid. Frantz Faon était un homme indivisible qui ne peut pas être réduit à une seule dimension particulière de lutte.
Aimé Césaire disait de lui, à juste titre, que c’était un Paraclet. C’est un penseur et un homme d’action qui a trouvé au sein de la révolution algérienne toutes les raisons d’y prendre part et le journalisme fut pour lui une arme qu’il utilisa pour contribuer à l’éveil et à la conscientisation des peuples du tiers-monde. Fanon fut une source d’inspiration féconde pour des révolutionnaires illustres tels Che Guevara, Nelson Mandela, Agostino Neto, Mehdi Ben Barka… Ses détracteurs néoconservateurs sont mal inspirés de lui intenter un procès en sorcellerie, au titre d’un procédé d’enfumage intellectuel trop grossier, faisant accroire que Fanon est un adepte forcené de la violence dont il fait constamment l’apologie dans ses écrits. Le 6 décembre 1961, Frantz Fanon mourrait d’une leucémie à l’hôpital Bethesda de Washington. Il repose aujourd’hui en terre algérienne.
M. Bouraib

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