lundi 28 septembre 2020 22:31:38

Le ministre de la Santé : «L’Algérie a opté pour la transparence dans la communication des données»

Dans l’éventualité d’une aggravation de la situation sanitaire le confinement total n’est pas à écarter

PUBLIE LE : 09-04-2020 | 15:32
D.R
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, jeudi à Alger, que l'Algérie a opté pour «la transparence» dans la communication des données liées au nombre des contaminations et de décès dus au coronavirus.
 
«Certains pays européens ne déclarent pas les morts en dehors des structures hospitalières, tandis que d'autres ne font pas de tests pour le coronavirus. Partout, il y a une sorte de confusion, et en Algérie, nous avons opté pour la transparence. Les chiffres de décès paraissent élevés, car nous avions, dès le début, pris en compte des décès naturels qui n'étaient pas forcément liés au coronavirus», a déclaré à l'APS, M. Benbouzid, en marge d'une visio-conférence reliant les sièges du ministère de la Santé à Alger, et celui du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, basé à Pékin. 
Tout en précisant que «des examens post-mortem ont confirmé la positivité chez certains sujets et des résultats négatifs chez d'autres cas déclarés morts du coronavirus», le ministre a reconnu «la difficulté de déterminer parfois si un décès est survenu à la suite de la contamination au coronavirus ou non», dans la mesure où, explique-t-il, «un porteur sain peut décéder des suites de complications qui ne sont pas forcément liées au Covid-19». «Dans tous les pays du monde, les chiffres communiqués ne reflètent pas l'exactitude de la réalité, car il est impossible de tester l'ensemble de la population, d'où un bon nombre de sujets qui échappe aux tests», a-t-il expliqué, citant notamment «ceux qui ne consultent pas, ceux qui sont porteurs sains et une fois qu'ils présentent les symptômes du virus, ils sont déclarés contaminés et ceux qui n'ont aucun trouble, mais qui sont porteurs, et, par conséquent, ne demandent pas à être testés». 
Le ministre a fait savoir, à ce propos, que «ne sont testés que les sujets-contacts ou ceux ayant été en contact avec ces derniers, ainsi que ceux présentant des troubles», ajoutant que «nous avons les chiffres des tests dont nous disposons, et si nous arrivons à avoir plusieurs sites de tests, nous aurons plus de données». 
Tout en conviant chaque citoyen à «se considérer comme étant un éventuel porteur», il a rappelé l'impératif du respect des mesures de prévention et des règles d'hygiène pour endiguer la propagation de cette épidémie. 
Commentant l'objet de la visio-conférence, il a estimé qu'il s'agit d'une nouvelle opportunité pour «bénéficier de l'expérience chinoise», soulignant que «chaque question peut évoquer des situations et des solutions propres à l'Algérie, et qu'il est fondamental pour nous d'écouter et d'accorder nos violons pour faire face à une situation inédite».  «Nul ne peut dire qu'il maîtrise la situation et qu'il a toutes les données, lesquelles changent de jour en jour, voire d'heure en heure», a-t-il conclu.
Dans l’éventualité d’une aggravation de la situation sanitaire le confinement total n’est pas à écarter
 
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, n’a pas écarté la possibilité de recourir à un confinement total si la situation sanitaire ne s'améliore pas dans les prochains jours. 
Dans une déclaration à la télévision nationale, M. Abderrahmane Benbouzid a appelé à la mobilisation et à la solidarité des citoyens, ainsi qu’à l’obligation de respecter le confinement et toutes les mesures prises par les pouvoirs publics. Mais force est de constater que certains citoyens font fi de ces recommandations et semblent inconscients face au péril sanitaire. 
Des rassemblements sont encore constatés dans les villes, notamment à proximité des commerces dont certains sont bondés. Des files d'attente chez l’épicier ou le boulanger sont observées sans respecter les gestes barrières.
Contacté, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique explique que le confinement total demeure la solution la plus urgente et la plus salutaire, eu égard du rythme des contaminations qui connaît une hausse alarmante.  Dr Lyes Merabet explique que le confinement total doit être accompagné  d'autres mesures afin de réduire les contacts et la contamination.  «Il s'agit d'assurer les conditions techniques pour trouver une solution au souci d’approvisionnement des populations en denrées alimentaires et de garantir le respect strict des exigences de distanciation sociale et de l'hygiène dans l'espace familial, pour empêcher une hécatombe liée au Coronavirus», a-t-il estimé.
Sur la base de ce qui est fait ailleurs dans le monde, le président du SNPSP se dit convaincu qu'un confinement total permettra de réduire le nombre de cas. «Ce n'est qu'après six semaines que les autorités chinoises ont commencé à obtenir les premiers résultats par rapport au recul du nombre des contaminés dans la ville de Wuhan, foyer principal de l'épidémie», a-t-il rappelé.
Estimant que le contexte, les conditions et les mesures de confinement sont différents d’un pays à l’autre, Dr Merabet note que l'Algérie n'a pas atteint le pic épidémique, mais soutient que la situation risque de s'aggraver à tout moment, ce qui veut dire que le confinement pourra durer longtemps.  «Même en l'absence de confinement obligatoire, de nombreux citoyens commencent à prendre conscience de la gravité de la situation. Le pays peut aller jusqu'à la prochaine rentrée sociale pour un déconfinement progressif», a-t-il relevé.
Il exhorte les Algériens à rester chez eux, à éviter les déplacements sauf lorsque cela est absolument nécessaire afin d'endiguer l'épidémie et éviter ainsi l'effondrement du système de santé.
Le président du SNPSP met en garde quant aux risques d’aggravation liés au non-respect du confinement. «On est en train d'apprendre, tout comme les autres pays, des choses sur les modes de gestion des crises sanitaires, sur le recours aux protocoles de traitement et sur l'apprentissage de nouvelles normes et règles sociales au moment de crise», a-t-il noté.
Tahar Kaidi
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