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Industrie automobile : Une nouvelle stratégie

Rompre avec les pratiques du passé. Depuis son investiture à la tête du pays, le président de la République ne cesse de le marteler. Il en a, d’ailleurs, fait le cheval de bataille de son programme.

PUBLIE LE : 15-02-2020 | 23:00
D.R

Certaines de ces pratiques passées ont mis à genoux l’économie du pays, fragilisé l’industrie et porté un sacré coup au Trésor public. La grande question, aujourd’hui, c’est de savoir quel modèle adopter pour éviter de retomber dans les erreurs du passé ?  

Lors d’un récent Conseil des ministres, le président  Tebboune a été catégorique en relevant que les citoyens attendent la concrétisation des promesses pour lesquelles il s’est engagé afin d’opérer le changement attendu par la population. 
Qualifiant l’industrie automobile en Algérie «d’importation déguisée», il a instruit le gouvernement d’apporter des réponses concrètes aux dossiers sensibles, particulièrement l’importation de véhicules en kits SKD-CKD, tout en insistant sur la nécessité de l’assainissement de cette situation et la mise en place de «nouvelles règles».
 La situation actuelle du marché automobile est catastrophique. Il n’y a plus de véhicules sur le marché et si on en trouve, ils sont trop chers pour le citoyen. Les projets d’assemblage automobile ont montré leurs limites. Le taux d’intégration prévu par le cahier des charges de 2017 reste en deçà de ce qui a été convenu entre les pouvoirs publics et les industriels. Pour le directeur marketing et communication de Emin Auto, Nadir Kerri, la situation est «tellement compliquée qu’il faudrait impérativement une nouvelle politique pour booster la fabrication» et aller vers la fabrication de pièces et accessoires automobile. «L’appel à de vrais professionnels dans la fabrication automobile et de la pièce de rechange et des accessoires pour automobile devient vital», estime Nadir Kerri. Emin Auto, qui n’a pas obtenu son agrément pour l’usine de production, dispose d’un projet de fabrication de camions de petit tonnage de la marque JAC et de SUV et pick-up Ssang Yong. «Nous avons un programme d’intégration locale de 15% pour la première année avec la fabrication de bloc moteur de superstructures. Nous comptons aussi exporter 30% à 50% de notre production vers l’Afrique», assure le même responsable.
Cette situation, que connaît actuellement le secteur de l’industrie automobile, a été accentuée par l’incarcération de plusieurs propriétaires d’usines de montage pour malversations et corruption. 
Les dernières mesures du gouvernement visant à réduire la facture d’importations des collections SKD/CKD et autres pièces détachées utilisées essentiellement dans le montage automobile, a quelque peu accentué le malaise.
Autre mesure, le plafonnement par le ministère de l’Industrie et des Mines, de façon rétroactive, des importations de collections SKD destinées à la production et au montage de véhicules de tourisme pour l’année 2019. 
Le ministère a en effet fixé la somme globale des importations à 2 milliards de dollars pour toutes les marques qui font l’assemblage. Les quotas doivent donc être respectés et s’ils sont épuisés au milieu de l’exercice, comme c’est le cas aujourd’hui, elles doivent trouver des alternatives.
 
Les spécialistes appellent à la révision du cahier des charges
 
Pour Mohamed Yaddadène, consultant et formateur dans le secteur de l’automobile, le secteur «va mal et il n’est pas prêt de se relever facilement». «L’offre se rétrécit de plus en plus au point où même le renouvellement des flottes au niveau de certaines sociétés et administrations n’arrive pas à se faire, alors que pour les particuliers, les solutions sont presque inexistantes et les show-rooms sont vides. Tout le monde sait ce qui s’est passé dans ce secteur et où se trouvent aujourd’hui les hommes d’affaires en charge des projets de montage», affirme-t-il.
Cet expert explique la «triste réalité» à laquelle est confronté le secteur — qui devait être normalement un levier économique par excellence — après les «scandales à répétition». «Vu la situation de la majorité des unités, dont plusieurs sont à l’arrêt, on se pose la question de savoir qui sont les fournisseurs qui peuvent s’engager», s’interroge-t-il. Yaddadène appelle à revoir le cadre réglementaire, soit le cahier des charges, devant régir ces activités, afin de contribuer à trouver des mesures incitatives pour les constructeurs qui souhaiteraient s’engager dans ce secteur.  
M. Mendaci 
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