Rachid Sekak, expert en finance, à propos d’un meilleur captage des IDE : «Revoir notre gouvernance économique»

Le renforcement des Investissements directs étrangers constitue un élément incontournable de la future politique de l’économie nationale. Diagnostiquant une morosité et une complexité du contexte économique, résultat de la situation politique régnant depuis plusieurs mois, Rachid Sekak, spécialiste en finance, voit en le rétablissement de la confiance, qu’il qualifie d’une «alchimie complexe», le principal souci.
PUBLIE LE : 10-12-2019 | 23:00

Le renforcement des Investissements directs étrangers constitue un élément incontournable de la future politique de l’économie nationale. Diagnostiquant une morosité et une complexité du contexte économique, résultat de la situation politique régnant depuis plusieurs mois, Rachid Sekak, spécialiste en finance, voit en le rétablissement de la confiance, qu’il qualifie d’une «alchimie complexe», le principal souci.

Pour attirer les IDE, «il faudra convaincre en communiquant et en agissant dans la bonne direction». Plus explicite, l’ex-directeur de la dette extérieure de la Banque d’Algérie, dans un entretien accordé au site Centre algérien de diplomatie économique, préconise de «définir et communiquer sur des trajectoires budgétaires, et de balance des paiements qui organisent un retour crédible aux grands équilibres macroéconomiques».
L’autre mesure qui s’impose, aux yeux de M. Sekak, consiste à «définir une stratégie économique pluriannuelle» et «mettre en œuvre avec conviction un programme de réformes structurelles essentielles visant à diversifier notre économie et à encourager la libre entreprise». Cette démarche implique l’intégration des acteurs économiques locaux dans le processus d’attractivité des IDE. Comment y parvenir ? Pour l’expert en finance, il y a, d’abord, un postulat de base : «faciliter la vie aux acteurs locaux représente aussi un excellent moyen d’accroître l’attractivité du pays pour les IDE». Dans son analyse, M. Sekak recommande qu’«un choc culturel est impératif». Argumentant ses dires, il appelle à «revoir de fond en comble notre gouvernance économique, notamment par la mise en œuvre d’une nouvelle philosophie du service public». Le texte réglementaire «doit devenir un outil qui trace les manières de faire, promeut et incite les innovations et les initiatives. L’administration doit se recentrer sur les exigences du terrain et ne pas se concentrer sur celles associées à la redistribution de la rente». Dans le même ordre d’idées, l’expert indique que «ce recentrage implique aussi l’allégement et la simplification des formalités administratives», ainsi que la «concentration» à travers les évolutions réglementaires et institutionnelles qui «doivent être menées au travers d’une concertation en amont avec la totalité des parties prenantes». Mieux capter les IDE impose, certes, une feuille de route efficace. Ainsi, il est question de trouver une solution aux facteurs d’inquiétude des investisseurs étrangers qui sont multiples : l’instabilité politique, l’instabilité économique et monétaire, la bureaucratie, l’instabilité du cadre juridique et réglementaire et bien sur la corruption. Ces perceptions, explique M. Sekak, «sont amplifiées par un manque de visibilité et de transparence, mais aussi par une communication officielle inefficiente, pour ne pas dire inexistante». Sur sa lancée, l’expert dit que la modernisation de notre système bancaire et financier est «un préalable à l’amélioration de notre attractivité».
Plusieurs mesures conjointes et cohérentes sont nécessaires. Entre autres propositions, l’expert propose le retour à une autonomie de la banque d’Algérie, telle que définie par la loi monnaie et crédit d’avril 1990, la clarification du rôle des banques publiques et le renforcement-modification de leur gouvernance pour les éloigner d’un simple rôle de redistribution de la rente. Des évolutions réglementaires, notamment en matière de contrôle des changes et de supervision bancaire, l’amélioration du cadre macro-prudentiel avec notamment le renforcement des registres de crédit.                 Fouad Irnatene
 


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