Rebrab, Achaibou et Emin Motors : Les Révélations des concessionnaires exclus des projets

Les représentants de la partie civile ont saisi l’occasion de leur audition pour exprimer dénoncer ce qu’ils qualifient d’injustice. Les deux frères Achaibou, Abderrahmane et Abdelhamid, ont longuement exposé leur parcours et leur expérience, longs de plus de 52 ans, dans le domaine de l’automobile et le fait qu’ils aient été exclus des projets dans le montage automobile.
PUBLIE LE : 07-12-2019 | 23:00

Les représentants de la partie civile ont saisi l’occasion de leur audition pour exprimer dénoncer ce qu’ils qualifient d’injustice. Les deux frères Achaibou, Abderrahmane et Abdelhamid, ont longuement exposé leur parcours et leur expérience, longs de plus de 52 ans, dans le domaine de l’automobile et le fait qu’ils aient été exclus des projets dans le montage automobile.
Abdelhamid Achaibou, qui s’exprime difficilement en arabe, a expliqué au tribunal qu’il a déposé plusieurs demandes au niveau du ministère de l’industrie qui sont restées sans suite. «J’ai déboursé 92 millions de DA pour la formation, l’équipement et la distribution. J’ai mis 180. 000 véhicules en circulation en Algérie et j’ai assuré 1.150 emplois. j’ai été contraint de procéder à 1. 100 licenciements parce qu’on a privilégié d’autres concessionnaires. Le montage automobile en Algérie est hors la loi. On nous a brisé Monsieur le président de l’audience», a-t-il souligné. Il a révélé qu’il a transmis plus de 22 correspondances au ministre de l’industrie, Abdessalem Bouchouareb. » Je n’avais que mon stylo devant une injustice flagrante», a-t-il répondu. Il a affirmé que l’ancien ministre de l’Industrie recommandait les concessionnaires bénéficiaires sur une feuille de 27/21. «Il élaboré un plan diabolique. La hausse des prix de l’automobile aujourd’hui est l’œuvre de Bouchouareb», soutient-il.
Son frère Abderrahmane a affirmé que son groupe répond à toutes les conditions. «Nous avons déposé un dossier de montage de véhicules auprès du bureau technique du ministère de l'Industrie en 2016 qui a été refusé par Abdessalem Bouchouareb, qui a désigné une autre entreprise alors qu'elle n'était pas qualifiée».
Confronté à Amine Tira, membre de la commission technique du ministère de l'Industrie, ce dernier indiqué que « la commission d’évaluation technique (CET) n'a reçu aucune demande concernant le montage de véhicules de type KIA de la part d'Achaibou Abdelhamid », affirmant que «tous les dossiers passent obligatoirement par le bureau technique avant d'arriver au secrétariat du ministère».
Le tribunal a également auditionné le patron d’Emin Auto, Nihat Sahsuvaroglu , qui a défendu l’ancien ministre de l’Industrie Yousef Yousfi qui, dit-il «a fait son travail» et l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui « a saisi Bouchouareb pour l’examen du dossier suite à ses correspondances ». Par contre l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia n’a pas répondu à ses correspondances « C’est lui qui rejeté mon dossier au CNI». En réponse aux questions du président de l’audience, il a indiqué qu’Emin Auto a obtenu l’avis favorable du comité d’évaluation technique du ministère de l’Industrie et des Mines, l’avis favorable de l’Agence nationale du développement de l’investissement (Andi), le permis de construire, l’acte de session, la lettre d’engagement de JAC Motors pour la production de moteurs, d’équipements, superstructures et châssis pour JAC et autres marques et la lettre de félicitations du ministre de l’Industrie et des Mine ».
L’investisseur a indiqué qu’il a dépensé 60 millions de dollars pour la réalisation de son projet en Algérie. « Je suis dans une situation critique, au bord de la faillite. Je dois rembourser 12 millions de dollars aux services des douanes sinon on va saisir mes équipements. Je fais confiance à la justice algérienn », a-t-il conclu. Omar Rebrab , représentant de Hyundai Motor , Fiat et deux autres marques , s’est également constitué partie civile. Il a indiqué que le Groupe (Cevital) a été marginalisé et bloqué dans différents projets, entre autres dans les projets automobiles. «Notre groupe a été exclu alors qu’on a fabriqué 800 remorques en un an mais l’usine a été fermée. Les investisseurs coréens m’ont dit que le problème de blocage est un problème politique et pas économique, ils m’ont demandé de réglez le problème avec le gouvernement». « Les projets ont été accordés à Tahkout, Tiziri et Arbaoui. Je le dis, l’Algérie ne peut pas être rentable avec plusieurs marques d’automobiles. Il faut fabriquer les pièces détachées et faire l’intégration. En Algérie, les véhicules sont démontés et remontés », souligne-t-il. Pour Omar Rebrab, en Algérie, il y a peu de marques qui font de la vraie intégration. « Vous avez la SNVI qui fait du CKD et Renault du SKD. Tout le reste des marques font du DKD. Ce qui veut dire que les voitures sortent de l’usine montées, ils sont emmenées dans un autre hangar et redémontées », a-t-il soutenu. «Les seuls véhicules que vous pouvez considérer made in Algeria sont les ceux à qui on a donné des numéros de châssis. Malheureusement, dans le cahier des charges, ils ont exclus le mot DKD. Aujourd’hui, il n’y a aucun intérêt pour l’Algérie de faire du boulonnage», a-t-il indiqué. L’audience s’est levée vers 19h22 mn. L’audience d’aujourd’hui sera consacrée aux réquisitoire du représentant du ministère public.
Neila B.
 


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