mercredi 30 septembre 2020 17:00:51

Trafic de corail : Un commerce en or

Dans la mythologie grecque, l’origine du corail provient de l’histoire de Persée. Après que le héros a triomphé de Méduse, le sang de celle-ci aurait touché le varech en le pétrifiant et en le transformant en corail.

PUBLIE LE : 21-06-2011 | 18:33
D.R

Dans la mythologie grecque, l’origine du corail provient de l’histoire de Persée. Après que le héros a triomphé de Méduse, le sang de celle-ci aurait touché le varech en le pétrifiant et en le transformant en corail. Au moyen âge, on cachait dans sa bourse un morceau de corail comme talisman contre la sorcellerie. Les Indiens d’Amérique le considère comme une pierre sacrée qui protège du mauvais œil. Les Arabes l’utilisaient comme collyre et comme dentifrice.  Nos grands-mères pensent qu’il protège contre les carences alimentaires et la dépression. Les femmes contemporaines s’embellissent des bijoux fabriqués avec le corail rouge, une couleur vive et chatoyante et les trafiquants ne cessent d’imaginer n’importe quel stratège pour se procurer ce produit au mille vertus. Blanc, rouge, rose ou bleu, le corail est en réalité un animal et non une plante comme beaucoup le pensent, un animal dont la durée de vie varie de 200 à des milliers d’années et dont le squelette forme des coraux avec des formes diverses et inimaginables.
C’est dans la fabrication des bijoux que cet animal est le plus utilisé d’où la montée en croissance de son trafic. En Algérie la pêche au corail a été interdite pour une durée de 15 ans afin de le sauvegarder et d’éviter son extinction, comme c’est le cas en Tunisie par exemple. Depuis plus d’une décennie, l’environnement sous-marin est frappé de plein fouet par des pratiques pernicieuses qui causent des effets irréversible  à l’ensemble du fond maritime algérien  particulièrement à  celui de l’extrême nord-est. La côte d’El Kala au même titre que celle de Annaba et de Collo riche par leur jardin de corail, se trouve à présent dévasté par la mafia du corail.
Les quantités saisies chaque année et qui se chiffrent en centaine de kilogrammes brut sont des plus édifiants. Hier encore 35 kg de corail brut destiné a la contrebande ont été saisie par les services de la gendarmerie a Mizera dans la commune d’El Kala et un individu arrêté tandis qu’un véhicule léger et des équipements servant à la pêche au corail ont été également saisis lors de cette opération. Depuis le début 2011, plus de deux quintaux de corail brut ont été saisis dans cette wilaya et 25 individus ont été interpellés.
La plus grande prise réalisée cette dernière décennie a été opérée en 2000 au niveau de la plage «la Caroube» de Annaba, où quelque deux tonnes de corail ont été saisis et l’arrestation d’un important réseau de trafiquants dont des Italiens.  Il faut savoir que le corail rouge est estimé sur le marché américain à 1.500 euros le kg, c’est dire la motivation qui habitent tous ces trafiquants. Ne faut- il pas mettre en place une cellule de lutte contre ce trafic de corail ? N’est-il pas temps de prendre des mesures drastiques afin de mettre fin a la dilapidation continue de notre corail ? Certains proposent même d’assimiler cette contrebande a un crime économique avec des peines à même de décourager les trafiquants. Par ailleurs, il est temps de mettre en place une véritable politique de gestion de la pêche au corail .
F. L.

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