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Au Forum d'El Moudjahid : “Formation tous azimuts”

image Ph. A. Yacef

Le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, M. El Hadi Khaldi, invité du Forum d’El Moudjahid

Le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, M. El Hadi Khaldi, a été l’invité, hier, du Forum d’El Moudjahid. Le ministre intervenait sur les axes fondamentaux qui guident aujourd’hui la formation et l’enseignement professionnels, un secteur directement intéressé par les évolutions du marché, lequel est devenu extrêmement sélectif. Il faut reconnaître que l’adaptation de l’appareil de formation professionnelle a connu des étapes importantes avec l’arrivée de l’actuel ministre à la tête du secteur.
Le premier responsable de celui-ci a été à l’origine du bond qualitatif accompli avec l’entrée en vigueur des réformes et le souci de modernisation et de mise à niveau, étape sur laquelle le ministre s’est d’ailleurs abondamment étendu, hier, lors de son intervention au Centre de presse d’El Moudjahid.

Des perspectives d’évolution s’annoncent
Des perspectives d’évolution s’inscrivent déjà pour le prochain quinquennat à l’horizon 2014. M. El Hadi Khaldi, dans son évaluation du bilan de l’année scolaire qui vient de s’achever, a fait remarquer que l’année de formation a été marquée par la poursuite des réformes qui visent, rappelons-le, à la modernisation du secteur, afin de lui permettre de verser sur le marché une main-d’œuvre qualifiée et de contribuer au développement économique du pays.

15.600 postes recensés
15.600 postes de formation sont recensés, répartis à travers 2 INSFP, 31 CFPA et 22 annexes. Le programme de réalisation, selon le ministre, indique 66 établissements et structures de formation pour une capacité de 14.900 postes de formation et au travers des annexes  ou extensions, 2.300 autres postes de formation. Près d’un millier d’enseignants a été recruté, 113 directeurs de CFPA et 52 inspecteurs.
Le ministre a fait référence à la mise en place d’un fichier de compétences portant sur 10.500 cadres, toutes catégories et spécialités confondues. Le secteur a procédé aussi à la formation et au perfectionnement de plus de 10.500 agents, toutes catégories confondues, et de 87 cadres à l’étranger.

Une loi d’orientation pour le secteur
Une loi d’orientation sur la formation et l’enseignement professionnels publiée au Journal Officiel du 2 mars 2008 (loi du 23 février 2008( fixe les dispositions fondamentales applicables au secteur et définit le cadre de leur organisation institutionnelle. La finalité de la loi d’orientation au développement des ressources humaines par la formation d’une main-d’œuvre qualifiée dans tous les domaines d’activité économique. Elle va aussi à la promotion sociale et professionnelle des travailleurs à la satisfaction des besoins du marché de l’emploi.


Des organes de concertation prévus par la loi
La loi a mis en place des organes de concertation sur lesquels le ministre a beaucoup insisté là aussi dans son exposé. A l’échelle nationale, l’organe de concertation est conçu sous la forme d’une conférence nationale de la formation et de l’enseignement professionnels et des organes régionaux sous forme de conférences régionales. Ces organes, est-il dit, constituent des cadres de concertation, de coordination et d’évaluation des activités de réseau de la formation.

Un conseil de partenariat
La loi d’orientation évoque la création d’un conseil de partenariat, cité par le ministre comme un instrument important d’élaboration et de définition de la politique nationale de formation et d’enseignement professionnels. Ce conseil est en voie de constitution. Le premier responsable du secteur a également parlé d’un observatoire chargé des activités de prospective. Il est conçu également en tant qu’aide à la décision. De la carte nationale de la formation, le ministre a noté qu’elle est établie et actualisée par le premier responsable du secteur. De la même façon, les nomenclatures de branches, de spécialités et de filières sont fixées   par le ministre toujours dans le cadre d’une concertation. M. El Hadi Khaldi a insisté pour dire que la formation professionnelle constituait un segment de l’appareil d’éducation et d’enseignement, soumis à une opération d’audit sectorielle. Cette opération est d’une grande importance, note l’orateur.

Des assises nationales pour la fin de l’année
Des assises nationales se tiendront d’ici la fin de l’année en cours. Le ministre a souligné qu’un “M. Réforme” et un “M. Modernisation de l’administration et mise à niveau” sont institués au sein du ministère. Ces deux institutions, regroupées dans des commissions, auront pour tâche de favoriser la réorganisation de la formation professionnelle et de l’adapter aux réalités du marché. La réorganisation va concerner la réforme des statuts des établissements de formation. M. El Hadi Khaldi a également souligné que les directions de wilaya, elles-mêmes, seront touchées par la réorganisation.

Des cellules d’orientation dans chaque centre
Des cellules d’orientation seront ouvertes dans chaque établissement. Le ministère solidarisera ses moyens avec ceux d’autres départements ministériels (travail, solidarité nationale), à travers la création de postes d’attente qui vont permettre la prise en charge du jeune. En évoquant une nouvelle fois le conseil de partenariat, le ministre a révélé que le président de ce conseil sera une personnalité nommée par décret présidentiel pour une année. Ce conseil devrait commencer à activer à partir de cette année. Tous les ministères sont concernés. Il s’agit, a précisé M. El hadi Khaldi, d’un dispositif de concertation et de suivi.

Impliquer les acteurs économiques
La politique de partenariat déjà en place cherche à impliquer les acteurs économiques dans les efforts de formation à travers la définition des besoins en qualifications professionnelles,  le développement de la formation par apprentissage par l’accueil des apprentis, la contribution à l’actualisation des programmes de formation, la révision des nomenclatures. On compte 94 conventions-cadres conclues avec différents partenaires dont 7 durant  l’année 2008.
Ces conventions ont été mises en place à travers près de 4.000 conventions spécifiques dont 520 en 2008 qui ont donné lieu à la formation de près de 225.000 travailleurs, dont près de 32.000 durant l’année 2008.

Les TIC prennent toute leur place

Le ministre a fait état de la place des TIC dans la formation professionnelle. Un accord a été signé par le ministère avec “Algérie Télécom”. Il y a eu installation de trois solutions WIFI, les messages, les lignes spécialisées. Le ministre a évoqué l’extension du réseau  intranet par l’interconnexion de l’ensemble des établissements (USAT, WI MAX, WIFI, ADSL). Il a aussi parlé de l’ouverture de huit télécentres et  de la mise en place d’un système d’orientation géographique de la formation et de l’enseignement professionnels. En matière d’animation, le ministre a rappelé certaines manifestations  notoires comme l’organisation des 3es olympiades des métiers durant le 2e semestre de 2008, l’organisation des premières conférences régionales les 26 et 27 novembre 2008, l’organisation de la première conférence nationale de la formation en janvier dernier. M. El Hadi Khaldi a également rappelé l’organisation de la conférence nationale organisée à Sidi Bel-Abbès les 4 et 6 mars 2009, sous le patronage du Président de la République et en présence de celui-ci à l’ouverture des travaux.

Accompagnement de la femme rurale et au foyer
Enfin, il y a eu la 2e conférence nationale sur la formation et l’accompagnement de la femme au foyer et de la femme rurale, sous le haut patronage du Président de la République le 7 mars 2009. Le ministre a précisé que des centres de formation pour femmes rurales seront ouverts. L’orateur a rappelé la tenue, il y a deux jours, d’un Conseil interministériel pour les trois secteurs, des décisions importantes pour la formation ont été prises notamment à travers la valorisation des métiers traditionnels (artisanat, etc.) et de nouveaux avantages accordés aux boursiers.

77 établissements seront réceptionnés en octobre
La rentrée d’octobre 2009 verra la réception  de 77 établissements de formation et l’extension de 13 structures, totalisant 20.000 postes de formation qui viendront s’ajouter aux structures existantes dont le nombre est de 1.035, ce qui portera le nombre de structures à 1.112. Le ministre a cité également en matière d’infrastructures,  la réception d’internats (près de 5.000 places) (45.320 actuellement). La capacité globale sera de plus de 50.000 lits. Il y aura ouverture de 6 demi-pensions. Bibliothèques (41),  sections d’équipement technico-pédagogiques  (306), un fonds documentaire viendront s’ajouter à l’existant.

4.200 postes budgétaires pour 2009
Pour l’année 2009, on note près de 42.000 postes budgétaires dont plus de 15.000 formateurs, soit un taux d’accroissement de 7% par rapport  aux effectifs de l’année 2008 (près de 39.000 postes). Pour l’année 2009, il est prévu le recrutement de plus de 2.500 formateurs. Le déficit en dépit de tous ces efforts est évalué à 11.500 postes, ce qui contraint le secteur à recourir à l’utilisation de personnels recrutés dans le cadre des contrats d’insertion professionnelle et de vacataires, une vaste action a été engagée, en outre, par le secteur  en matière de formation de formateurs. 10.800 personnes sont concernées dont 300 formateurs dans le domaine de l’ingénierie et de la formation continue.

Les réformes donnent des résultats
Pour le ministre, les réformes donnent des résultats. Le secteur mettra en œuvre les mesures incitatives au profit de stagiaires, mesure décidée par le Président de la République lors de la conférence de Sidi Bel- Abbès en mars 2009. Il y aura l’augmentation de la bourse d’équipement de 300 à 2.000 DA à compter de la rentrée d’octobre. Il y aura le relèvement de 50% de la bourse de formation pour les techniciens supérieurs, l’octroi d’une bourse de 500 DA par mois au profit des autres stagiaires. Les crédits 2009 ne prennent en charge ces nouvelles mesures. Dans le débat, le ministre a répondu aux questions des participants.

L’offre de formation est de près de 325.000 stagiaires
S’agissant de l’offre de formation pour la rentrée, elle est de près de 325.000 stagiaires et apprentis nouveaux, soit un accroissement de 60% par rapport à la rentrée de septembre 2008. Compte tenu des effectifs reconduits qui sont de 436.000, tous modes de formation confondus, le nombre de stagiaires et apprentis à mettre en formation à la rentrée d’octobre est de 760.000.
340 stagiaires étrangers nouveaux pour 2009
On prévoit l’accueil de 340 stagiaires étrangers nouveaux qui viendront s’ajouter aux 380 en formation, ce qui donne un effectif au total de 720 stagiaires provenant de 26 pays africains et arabes. S’agissant des prochaines olympiades, elles auront lieu dans leur 4e édition en novembre 2009, au niveau des éliminatoires, au niveau local.

La nomenclature nationale sera revue
En ce qui concerne la nomenclature nationale des spécialités de la formation professionnelle, il y a la mise en place d’un cadre méthodologique et organisationnel pour opérer les révisions nécessaires, en vue de l’adapter à l’évolution de la formation professionnelle et aux réformes engagées par le secteur. Il y aura la révision de la nomenclature en relation avec les secteurs  utilisateurs, en attendant l’installation du conseil de partenariat et de l’observatoire chargés de donner une plus grande visibilité à l’action de formation. Le ministre a rappelé aussi la mise en œuvre de formations intensives qualifiantes d’une durée égale ou inférieure à 6 mois dans différentes spécialités. Le ministre a évoqué la consolidation et le développement  du dispositif alphabétisation, qualification lancé déjà lors de la rentrée d’octobre 2008, opération combinée avec le ministère de l’Education nationale (alphabétisation) et qualification (formation professionnelle). Le ministre a rappelé la coopération notamment avec la Belgique (11 établissements pilotes), la réorganisation des fonds (apprentissage et formation continue et renforcement de leurs compétences). Le ministère poursuivra le travail de mise à niveau au sein des entreprises du secteur.

2es assises durant le 2e semestre 2009
Il y aura l’organisation des 2es assises de la formation et de l’enseignement professionnels durant le 2e semestre 2009. Le ministre a révélé qu’il y aura identification des besoins en main-d’œuvre qualifiée, étendue à tous les secteurs, selon une décision du Premier ministre.

La demande transmise à qui de droit
S’agissant d’accompagnatrices et accompagnateurs de malades, soit les centres paramédicaux peuvent pourvoir à leur formation, soit la formation professionnelle apportera sa contribution. La question est soulevée, elle sera acheminée vers qui de droit, relève le ministre (ministère de l’Intérieur). 
S’agissant des jardins d’enfants, toutes les communes doivent ouvrir une garderie d’enfants qui aura besoin de personnel spécialisé. Il n’ y a plus le complexe de la blouse bleue.
En ce qui concerne l’état du secteur, le ministre a rappelé que la tendance a été inversée, qu’on a mis fin, dit-il, au complexe d’infériorité qui caractérisait le secteur, le complexe des blouses bleues. On peut fonctionner avec deux brigades. Dans certains instituts, il y a aujourd’hui des sureffectifs (froid, etc.). La solution est d’avoir des annexes. S’agissant des métiers du bâtiment, le ministre a révélé que les stagiaires formés préfèrent tous travailler au noir.

Nécessité d’une synergie entre les secteurs
Le ministre a avoué avoir toujours plaidé pour une synergie entre tous les secteurs. Il est temps, affirme l’orateur, de faire la place la plus large à la concertation. Il nous faut aller à la modernisation de l’administration parce que sans modernisation, il ne peut y avoir de véritables réformes.

Des tabous ont été cassés
S’agissant de la formation en direction des stagiaires de sexe féminin, le ministre note que bien des tabous sont aujourd’hui tombés, les jeunes filles s’intéressent aux métiers jadis exercés par les hommes. On a formé des mécaniciennes diesel, on a formé des jeunes filles dans la maçonnerie. Il y a aussi des hommes qui ont été formés dans les métiers de la couture. S’agissant des bacheliers, il y en a plus de 12.000 en formation, les 16 et 20 ans provoquent également de l’intérêt. Ils sont encouragés. Des bourses leur sont accordés. 

Un espace de concertation
A une question sur le Conseil de partenariat, le ministre a précisé qu’on a voulu que cette instance soit un espace de concertation. Le ministre a aussi parlé de l’émergence d’une sorte de bourse de travail dans laquelle on retrouvera les tendances du marché de l’emploi, celui des salaires qui sera un puissant indicateur. Des commissions de concertation ont été par ailleurs, mises en place, avec les partenaires sociaux, s’agissant de la Fonction publique, M. El Hadi Khaldi relève que cette institution a pris en compte certaines doléances du ministère pour certains postes.

Le régime indemnitaire sera réglé avec le partenariat social
S’agissant du régime indemnitaire, on va voir comment on va pouvoir régler les problèmes avec les partenaires sociaux, les vrais représentants des travailleurs, ceux qui répondent aux conditions de représentativité (20% des travailleurs). Le ministre a parlé aussi de formation diplômantes et note qu’une convention allait être signée avec l’Enseignement supérieur. Le ministre a noté que la nomenclature est restée statique, qu’il fallait la faire évoluer pour tenir compte des conditions du marché. En France, en Italie, il y a une réglementation souple en matière de reconversion.

Une rapide immersion dans le marché
Le ministre a plaidé pour une formation qui permet une rapide immersion dans le marché, d’avoir un poste rapidement. L’université, dit-il, n’a jamais fermé ses portes et la formation est gratuite. En Europe, c’est payant, en Grande-Bretagne, il y a des prêts qui sont consentis aux étudiants pour s’inscrire à l’université. Il y a dans les choix, une responsabilité parentale et individuelle. La rentrée prochaine pour la formation professionnelle se fera le 17 octobre 2009. S’agissant d’une question sur l’école privée, celle-ci ne doit pas être un fonds de commerce, relève le ministre.
T. M. A.

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